6 juillet 2010 9h57 · Mina Marie B.
À propos l'article Voir Babine
Ce qui caractérise le cinéma québécois, pour la française que je suis, c'est avant tout la palabre sans fin. Alors ce qui m'a plu dans Babine, c'est que paradoxalement, pour ce conte transposé à l'écran, les mots y sont économisés, mieux, ils sont ciselés pour coller à l'univers fantastique de Pellerin. La parole reste magie au milieu d'images qui semblent sortir de notre propre imaginaire.
Ce que j'aime dans le cinéma, d'où qu'il soit, c'est le fait qu'il joue avec sa propre matière pour mettre en scène une culture, sans gêne ni complexe. Montrer des choses de son pays qui ne sont pas flatteuses fait partie de la beauté de l'exercice. Les imitations ne laissent en général aucune trace dans ma mémoire.
Je prends Babine comme une gigantesque allégorie sur le Québec en prise avec ses institutions judiciaires et surtout religieuses. Si le personnage est haut en couleur, ce sont avant tout les autres qui le rendent aussi attachant. L'innocent est harcelé de tous côtés et condamné à plusieurs reprises à la peine capitale. Son combat réside dans le fait de vouloir exister malgré sa différence, il veut vivre sa vie d'homme envers et contre tout.
Babine me fait voir une autre facette du cinéma québécois et ce n'est pas la plus inintéressante, au contraire.