23 octobre 2010 9h52 · Sylvie Isabelle
À propos l'article Voir Montagne rouge (SANG) (La)
Le Périscope présente comme troisième pièce de sa saison La Montagne roue (SANG), qui a été créée lors de la dernière édition du Carrefour de Théâtre: la pièce s'inscrit dans la continuité de Vertiges tout en poussant plus loin sur plusieurs aspects, ce qui laisse présager d'une évolution tout au long de la saison.
Première constante: Steve Gagnon. À peine sorti du conservatoire, il enchaîne les rôles et les succès les uns après les autres. Il se démarque jusqu'à présent par son naturel incroyable qui fait oublier le jeu et par sa présence magnétique sur scène, ce qui est le cas dans cette pièce aussi. Il signe également le texte de La Montagne rouge (SANG), et, à 25 ans, il y a de quoi être fier d'avoir produit une œuvre de cette qualité. Le texte est tout sauf facile, les images créées sont d'une poésie certaine: il y a là un style définitif et caractéristique qu'il sera fort intéressant de voir évoluer.
Comme deuxième constante, on ne peut passer à côté de l'âge des protagonistes: comme pour Vertiges, ce sont de jeunes adultes, à peine sortis de l'adolescence, qui nous livrent leur mal de vivre. La vie, la mort, l'amour sont au centre de leur monde. Toutefois, contrairement à Vertiges et comme on se limite à ces thèmes, suffisamment riches et complexes en eux-mêmes, La Montagne rouge (SANG) offre une réflexion beaucoup plus poussée, plus personnelle et absolument plus touchante et poignante que ce que Vertiges a pu offrir.
Claudine Ruelland tire aussi admirablement bien son épingle du jeu, car il faut dire que son personnage, habité par la rage, n'est pas facile à apprivoiser. Elle protège sa carapace tout au long de la pièce, ce qui rend la finale, où elle laisse entrevoir toute sa fragilité et son désarroi, encore plus émouvante.
Frédéric Dubois signe une mise en scène minimaliste, qui laisse toute la place aux mots de Steve Gagnon: le texte est à lui seul une entité avec laquelle il faut compter dans cette pièce. La musique utilisée est également fort bien choisie: les sonorité électroniques ajoutent une ambiance moderne et ludique qui tranche avec la détresse des personnage. Et les notes de piano qui accompagnent la scène finale sont extrêmement judicieuses.
La Montagne rouge (SANG) est donc une pièce à voir pour ceux et celles qui veulent découvrir Steve Gagnon: malgré son tout jeune âge, c'est déjà sans conteste un artiste dont l'évolution mérite d'être suivie.