12 septembre 2010 16h35 · Sylvie Isabelle
"Ce carnet révèle l'impossible deuil d'une histoire amoureuse."
Ainsi décrit-on Petite armoire à coutellerie en quatrième de couverture: Sabica Senez publie ces jours-ci chez Leméac sa deuxième œuvre, après Nulle part ailleurs, paru chez L'instant même en 2004.
Le carnet est fait de petites phrases, de petits paragraphes, qui, tels un haïku, cristallisent en quelques mots des années d'attente et d'espoir d'un être aimé manifestement pas doué pour le bonheur. Le tout se laisse lire d'une traite, avec délices, et ce qui est encore plus important, c'est qu'on se surprend à revenir en arrière, à relire certaines phrases qui sont autant de bijoux et de cris à la vie.
Si l'on tentait de comparer l'écriture de Sabica Senez à quelque chose, les comparaisons se multiplieraient, plus flatteuses les unes que les autres, mais jamais tout à fait justes. On y retrouve le thème du deuil amoureux, exploité par Sophie Calle. La douleur exprimée par les mots rappellent un peu celle criée par Marie-Sissi Labrèche, la touche d'auto-fiction qu'on sent à travers les mots nous interpellant directement. Et l'évocation du haïku n'est pas non plus exagérée tant une poésie vibrante se dégage des mots. Mais définitivement, Petite armoire à coutellerie se taillera une place de choix dans la littérature québécoise grâce au talent de son auteur.
Quiconque a jamais vécu le deuil amoureux, le vrai, celui qui marque et qui change profondément, trouvera certainement écho à sa douleur dans certaines des phrases de Sabica Senez: j'ai mes préférées, celles que je relirai encore longtemps quand je croiserai ce livre chez moi, ou dans une librairie. Vous aurez les vôtres.
Un saut à la librairie de votre quartier vous sépare de ce petit bijou, qui manque cruellement à votre bibliothèque. Ne vous en privez pas – cette deuxième parution de Sabica Senez laissera sa marque dans le paysage de la littérature québécoise.