Écrire là où ça fait mal

2 février 2008 10h19 · Sylvie Isabelle

À propos l'article Voir Borderline

Je viens de lire que Borderline sera classé 16 ans et plus à cause de certaines scènes osées: je m'en réjouis, un parfum de scandale fait toujours courir les foules, et cela ne peut qu'apporter davantage de publicité à une oeuvre qui mérite d'être connue.

Pour la majorité dite "normale", le parcours de Marie-Sissi Labrèche peut paraître scandaleux: je vous invite plutôt à y voir le cri désespéré d'une artiste qui mord dans la vie à pleines dents, qui veut tellement en profiter qu'elle tente par tous les moyens de se prouver qu'elle est vivante, qu'elle existe, qu'elle est là.

Il est certain que l'auto-fiction est un genre qui prête à confusion: qu'est-ce qui est vrai? qu'est-ce qui ne l'est pas? Et on assume généralement que les auteurs qui pratiquent ce genre aiment "se gratter le bobo", aiment être à l'avant-scène et sont imbus d'eux-mêmes. C'est peut-être le cas avec certain, mais je crois plutôt que Marie-Sissi Labrèche a fait preuve d'un courage certain en se mettant à l'avant-plan de son oeuvre, en braquant sur elle le projecteur plutôt qu'en se cachant derrière un personnage de fiction.

Bref, l'oeuvre littéraire de Marie-Sissi Labrèche est selon moi incontournable: il ne reste à espérer qu'Isabelle Blais y soit fidèle jusque dans ses trippes et fasse tout simplement ressortir le cri de l'enfant impuissant devant la détresse de sa mère, un cri que Marie-Sissi Labrèche fait résonner à travers Kiki.

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