Ni tout à fait québécois, ni tout à fait libanais…

20 avril 2005 9h18 · Sylvie Isabelle

À propos l'article Voir Littoral

Après le visionnement de ce film, je suis demeurée un peu perplexe, oscillant entre deux opinions. L'accent québécois de la plupart des protagonistes m'a accroché dès le début du film: heureusement que David Boutin justifie ses origines françaises et qu'on a eu l'heureuse idée de faire taire Pierre Curzi qui incarne le joyeux cadavre du père. Cette dimension m'a vraiment agacé, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un groupe d'imposteurs.

Puis, tranquillement, la poésie des images et de l'histoire m'a peu à peu charmée. Dès que Mouawad situe son action ou ses images avec la mer en toile de fond, on respire soudainement l'authenticité: le film dégage alors toute la magie que le théâtre est capable de nous faire ressentir. C'est peut-être en fait l'onirisme permis au théâtre qui est difficile à recréer au cinéma: les possibilités sont plus grandes au cinéma, mais parfois, l'économie de moyen est plus efficace afin de laisser les images se créer dans notre esprit.

Ainsi, j'aurais aimé voir le même film avec des comédiens d'origine arabe qui m'aurait convaincue de la possibilité de cette histoire, ou encore, j'aurais aimé voir Mouawad faire un film sur la réalité libanaise des habitants de Montréal. Il me semble que l'une ou l'autre de ces options auraient été plus confortable pour le spectateur. Toutefois, ce film en est un de déracinement et de retrouvailles, fictives mais probablement aussi un peu autobiographique, alors c'est peut-être là le choc des réalités que Mouawad voulait exprimer.

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