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10 janvier 2013 0h58 · Steve Boudrias

Au tournant de 2013, je n’ai pas pris la résolution de mieux parler russe ou souhaité que chaque étudiant québécois soit exposé à au moins cinq pièces de théâtre par année scolaire.

Non, j’ai plutôt pris la résolution de mieux utiliser mon compte Twitter et, surtout, décidé d’archiver sur ce blogue quelques hyperliens pertinents menant à une série d’informations éclairantes et substantielles, une fois par semaine, jusqu’à la fin de l’année 2013. Puis, j’ai souhaité que ma démarche intéresse au moins une personne.

*

C’est dans cette optique que je me suis lancé le défi  de m’intéresser chaque semaine:

  1. un peu plus à ce qui se vit ailleurs (hors du pays) ;
  2. un peu plus à ce qui se déroule ailleurs au Canada (hors du Québec) ;
  3. un peu plus à ce qui se dit sur les médias eux-mêmes.

Pour compliquer un peu les choses, j’ai voulu archiver le tout sur ce blogue en faisant tour à tour référence à au moins un moment audio, un instant audio-vidéo et une plateforme textuelle. Et ce, afin de corser un peu plus ma résolution.

Bien entendu, je ne suis pas sans savoir que prendre une résolution est en soi un sport extrême. J’ai donc bien pris le temps de lire cela afin de bien prendre conscience de la difficulté de changer d’habitude ou de manière d’être, à un moment donné de sa vie.

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Commençons par la référence textuelle, qui concerne

ce qui se vit ailleurs…

 

« L’Inde dans tous ses états », est d’après moi l’une des initiatives les plus brillantes du journalisme quotidien de Montréal.

Toutefois, à l’image du sujet auquel il est consacré, l’Inde, ce blogue est malheureusement méconnu. Et pourtant, combien me semble-t-il essentiel à une époque où ce pays fascinant se révèle au monde dans toute sa complexité.

Ainsi, en plus d’avoir un très bon chroniqueur, Guy Taillefer, qui se penche périodiquement sur l’actualité de la démocratie la plus populeuse du monde, Le Devoir a également eu la bonne idée d’offrir un blogue à ce chroniqueur, hébergé sur le site même du journal, afin de lui donner à la fois visibilité et crédibilité. Ce qui permet aux mordus de l’Inde d’en savoir plus sur ce pays à la culture et aux mœurs très particuliers.

Ainsi, bien avant ce viol collectif qui a fait les manchettes des médias du monde entier, le journal indépendant fondé par Henri Bourassa y avait déjà un correspondant.

Je tiens à le souligner car c’est important à mes yeux. Pour deux raisons principales:

  1. on ne s’intéresse pas à l’Inde uniquement lorsqu’il s’y produit un fait divers aussi planétaire que révoltant;
  2. il est plus « facile » de relativiser ou de mettre en perspective un évènement qui se produit dans un pays « étranger » lorsqu’on y délègue une personne qui a pour tâche de l’observer au quotidien – autrement dit, lorsque quelqu’un a justement pour tâche de rendre le pays en question « moins étranger » aux yeux des lecteurs d’ici.

Voyez ce que je veux dire? Cela permet de percevoir plus d’une facette du pays et, par conséquent, de ne pas succomber à l’émotion générer par le fait divers perturbant, la mauvaise nouvelle du jour en provenance d’ailleurs. Cette fameuse info catastrophique et spectaculaire que l’on se permet si aisément d’instrumentaliser pour s’aider à supporter l’aliénation ordinaire ou la lâcheté quotidienne qui meuble si facilement nos existences.

Bref, en y voyant un jour, un aspect inquiétant de l’Inde; puis un autre, un aspect déroutant; et un autre encore, un aspect surprenant; on peut progressivement, à force de rassembler les pièces de ce casse-tête en mouvement, avoir une idée moins limitée de cet État démocratique gigantesque faisant face à des défis à la mesure de sa croissance et de son intégration économique et géopolitique.

 

 ***

 

Enchaînons maintenant avec la capsule vidéo pour

ce qui s’est déroulé au Canada en 2012

et en option: ce qui se déroulera au Canada en 2013

 

Oui, oui, je sais.  Nous sommes déjà le 10 janvier, 2013, c’est de l’histoire ancienne, c’est déjà du passé. C’est de l’information refroidie tout ça. N’est-ce pas?

Eh bien, non. Les bilans, de mon point de vue, sont réalisés au bon moment mais offerts en pâture au public avec une légèreté parfois déconcertante et avec le plus désobligeant des timing. Et pourtant, combien de temps passe-t-on à la production de ceux-ci et pourquoi les balance-t-on au visage de la foule à un moment où celle-ci cherche désespérément à:

  • s’amuser;
  • décrocher de la routine;
  • se concentrer sur quelque chose de positif;
  • rire un peu de l’actualité (au lieu de s’y noyer);
  • se réunir en famille, entre amis; etc. ?

Parfois, il faut plutôt avoir l’intelligence, en tant que citoyen bien informé, de consulter ces bilans bien construits et ces rétrospectives bien juteuses au moment le plus propice à la digestion de ce genre de menu: APRÈS le temps des fêtes. Pas en plein milieu de la frénésie des préparatifs pour celles-ci!

Étant donné que la technologie nous le permet. Étant donné que nous sommes devenus (plus ou moins) des nomades de l’information avec la quantité incroyable de sources auxquelles on peut s’abreuver. Étant donné que nous sommes des chasseurs-cueilleurs de l’information, des êtres fugitifs en quête de reportages substantiels et que nous tolérons de moins en moins le fait de suivre aveuglément le beat de l’information en continu et, osons le mot, la dictature de l’actualité. Étant donné que nous n’avons pas besoin d’être à la remorque de tel ou tel fil de nouvelles pour s’approprier des parts du réel et que nous pouvons nous passer aussi des anniversaires de ci ou de ça pour se réapproprier au moment approprié des parts de notre mémoire collective. Étant donné tout cela, pourquoi ne pas choisir la date et l’heure convenable pour s’informer adéquatement via la bonne source d’informations de ce qui nous concerne vraiment?

Encore faudrait-il savoir ce que nous voulons et ce que nous (re)cherchons dans cette poursuite incessante de l’information, qui s’apparente étrangement à la « poursuite du bonheur » dans ses limites et ses désorientations passagères… Les promesses de la société de consommation deviennent aussi illusoires que celles de la société du Savoir, quand cette dernière ne se contente que de transformer l’information en saucisson.

*

Enfin, quoi de mieux que le texte d’une observatrice chevronnée comme Chantal Hébert, qui se laisse tenter par le jeu des « prédictions », pour prendre le temps d’archiver précieusement le fruit de ses réflexions, afin d’y revenir un peu plus tard au cours de l’année 2013? Question de VOIR ce qui s’est, ou non, avéré comme étant juste et bien ciblé. En tous cas, celle-ci ne prend pas trop de risques en affirmant que « chose certaine, (…) 2013 sera au moins aussi riche en surprises que 2012. »

En passant, il est assez ironique qu’un magazine qui s’appelle L’actualité semble de plus en plus chercher à s’en éloigner (afin d’être attrayant) ou prendre une distance plus critique, ou bien jeter un regard plus approfondi sur celle-ci, afin de mieux la traiter. Vous ne trouvez pas? Enfin, je dis ça, je dis rien. C’est pareil.

Peu importe, afin de se tenir informé de ce qui se déroule au pays de l’unifolié (sans lire, parce qu’on lit et écrit franchement beaucoup, même énormément sur le web – incluant moi – et cela prend du temps et de l’énergie pas toujours disponibles), l’émission At Issue, diffusée tous les jeudis soirs à la CBC, est un rendez-vous incontournable. Et madame Hébert y joue d’ailleurs un rôle important.

Ici, par exemple, on y présente un bilan politique de l’année 2012. Que vous pouvez donc « attaquer » au moment le plus opportun. Au sommet de votre forme. Avec la ferme résolution de ne PAS commettre les mêmes erreurs ou les mêmes oublis impardonnables qu’en 2012.

D’ailleurs, à quoi ça sert de comprendre une autre langue, en l’occurrence l’anglais, si ce n’est que pour apprendre des choses qui ne relèvent que du Me, Myself and I ?

Durée du reportage télévisé: 18 minutes, 13 secondes.

 

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Pour terminer, la partie audio de ce billet par rapport à

ce qui se dit sur les médias

 

Nous voici donc rendu au bilan média 2012 concocté par Influence Communication. C’est maintenant l’heure de faire le compte rendu de la nouvelle au Québec, au Canada et dans le monde. Rien de moins.

Le genre de chose que nous ne pouvions pas nous permettre de faire il y a à peine plus de 15 ans. Et aussi le genre de regard qu’il était difficile de porter sur ceux et celles qui nous informent, année après année, bon an mal an, pour la modique somme de rien du tout.

Ne serait-ce que pour tirer des leçons et des enseignements de cette année du dragon, qui se termine en février de toutes façons pour les Chinois, il vaut la peine de prêter l’oreille à Jean-François Dumas.

En effet, ce « courtier en information médias » nous offre une « Autopsie des médias » qui vaut son pesant d’or en matière de réflexions de toutes sortes sur notre société de plus en plus repliée sur elle-même, et même obnubilée par ce qu’elle génère de plus futile. Parfois,  jusqu’à l’absurde.

C’est d’ailleurs pour cette raison et dans ce but précis que je vous suggère fortement d’écouter son Bilan de l’année 2012, présenté à l’émission Dutrizac, sur les ondes du 98.5 FM, la radio parlée et privée de Montréal qui fait très bien concurrence à la Première Chaîne de Radio-Canada, en matière de traitement de l’information quotidienne. Et je ne parle pas seulement ici de cotes d’écoute, mais bien de sa manière d’attirer plusieurs collaborateurs aussi compétents et différents les uns des autres, le matin, le midi et à l’heure du retour. Ce qui n’enlève rien à la radio d’État, mais ça vaut la peine d’y songer quand même…

Sur ce, bonne écoute!

Durée de la capsule radiophonique: 21 minutes 37 secondes.

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En annexe:

Le page d’accueil de L’état de la nouvelle 2012 produit par Influence Communication .

Le bilan 2012 en format pdf, très (ou trop ?) coloré, offert gratuitement.

 

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Section offerte en extra: 

 

Depuis le début des protestations reliées au mouvement Idle No More, la question amérindienne ou plutôt la situation des nombreuses communautés autochtones du Canada a refait surface de manière spectaculaire et inattendue dans l’actualité.

Je ne vais m’y attarder ici que pour prendre le temps de souligner la présence de deux lieux de réflexions médiatiques gracieusement offerts par la SRC pour notre éducation.

Tout d’abord, ce rappel historique radiophonique important, animé par Serge Bouchard, anthropologue et chercheur dans le domaine de la nordicité. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages et d’une soixantaine d’articles portant notamment sur les Inuits, les Métis et les peuples autochtones d’Amérique du Nord, monsieur Bouchard sert de référence conviviale dans ce document d’archive d’une beauté visuelle et d’un intérêt historique certain pour quiconque veut avoir une plus juste perspective (ou une connaissance plus approfondie) en ce qui a trait à la présence autochtone sur le territoire américain.

Ensuite, ce très pédagogique documentaire télévisuel (« 8e Feu, les autochtones au Canada« , série documentaire en quatre parties d’une heure, disponible sur Tou.TV) - une émission qui date de janvier 2012 mais qui semble avoir été préparé en vue de la crise parlementaire, sociale et médiatique que nous vivons en ce moment… Et qui se poursuivra sans doute dans les années à venir, malheureusement, tant l’ignorance ou l’indifférence à l’égard des autochtones du Canada est grande et persistante.

Quelques exemples pour illustrer mon propos ? Plus de 50% des autochtones du Canada vivent HORS des réserves. La loi sur les Indiens de 1876 était si contraignante et paternaliste envers les amérindiens que ses objectifs d’assimilation s’apparentait à une volonté d’extermination détournée de ces populations… envers qui on s’engageait pourtant, au nom de la Couronne, à protéger leur intégrité physique, leurs droits ancestraux ainsi que de leur assurer une bonne éducation. Le boom démographique de certaines communautés autochtones est si intense, dans certaines régions du pays, que le taux de natalité y est jusqu’à sept fois supérieur à celui des non-autochtones. Ainsi, en Saskatchewan, d’ici 2031, on prévoit qu’entre 21% et 24% de la population de cette province pourraient être d’origine autochtone, si la tendance démographique en cours se maintient jusque là.

Cela dit, difficile de ne pas VOIR dans ces quelques bribes d’informations le bout de la plume d’un sérieux couvre-chef politique pour les années à venir. Si, par exemple, pour les Conservateurs à Ottawa, les clientèles immigrantes représentent un terrain politique fertile, comment ne pas imaginer que certaines communautés autochtones bénéficiant de vastes territoires riches en matières premières, ou représentant une portion de plus importante d’une population qui ne favorise pas son intégration dans la société, ne puissent devenir des éléments importants de changement pour l’économie globale et la politique publique de certaines provinces de l’Ouest – qui nous apparaissent encore aujourd’hui comme étant des entités faussement uniformes et monolithiques?

Autrement dit, du matériel abondant et accessible qui devrait nous aider à y VOIR plus clair lorsque Stephen Harper rencontrera finalement les leaders des différentes nations autochtones à la fin de cette semaine. Mais surtout, ce matériel est une source d’information essentielle pour qui voudrait mieux percevoir l’avenir d’un pays qui pourrait, un beau jour, se réveiller avec une étrange surprise. Celle de sentir pousser, au coeur de son territoire, une influence « étrangère » issue directement de ses racines les plus profondes, les plus résistantes et les plus anciennes de sa population fantôme

Bref, ce jeune pays qu’est le Canada n’est pas au bout de ses surprises, ni à un changement près de se modifier substantiellement d’ici à son 150e ou 200e anniversaire… S’il n’éclate pas d’ici là

 

Sur ce, passez une bonne semaine!

 

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NB: les suggestions de sites, d’articles ou de blogues à surveiller ou découvrir seront bien entendu considérés avec attention.

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