LE MONARQUE, C’EST TOI

25 février 2012 10h17 · Steve Boudrias

LA DIVISION FAIT LA FORCE

Imagine que tu puisses libérer un pays. Libérer. Comme libérer une pensée, un souffle, un baiser intérieur. Le ferais-tu, toi?

Depuis ma plus tendre enfance que je rêve de ce pouvoir. Libérer le meilleur de soi. Passer de l’état de chenille rampante et sympathique en celui de papillon, de monarque. Savais-tu que le monarque était l’insecte symbolique du Québec?

Savais-tu également que c’était un papillon migrateur? 4000 km, il peut se taper, pour aller en automne au Mexique et revenir au printemps au Québec, prendre un peu de chaleur. Ça en fait toute une trotte pour un si petit insecte, non?

Mais, vois-tu, le monarque est un insecte menacé, qui n’a pas encore un statut particulier. Il s’agit d’une espèce en voie d’extinction qui n’a pas la protection requise de la part des autorités concernés.

Un peu comme le fait français en Amérique. Un peu comme le vote libre des citoyens d’origine française dans l’urne dans leurs différentes ambassades, au Canada. (Stephen d’Arabie, lui, il préfère que les citoyens français votent pour leur prochain président ou leur prochaine présidente (on sait jamais…) en cachette : via internet ou par courriel. T’imagine, toi, VOIR des citoyens canadiens d’origine française faire la file pour participer au processus électoral de leur république démocratique, ça ferait désordre royal dans notre belle monarchie constitutionnelle. C’est un peu con comme raisonnement mais, que veux-tu, Stephen a des raisons que la raison ignore encore.

UN SONDAGE NE FAIT PAS LE PRINTEMPS

Parlant de raison qui s’ignore, tu as vu le PQ de nouveau en tête (ou presque) dans les sondages, même dans la Presse? Quoi? Égalité partout, tu dis? Euh, non, regarde de plus près. Cela prend une équipe forte dans 100 comtés sur 125 pour remporter un gouvernement fort dans un système uninominal ha!ha!  un tour pour remporter une élection de type britannique.

Tu ne trouves pas ça très juste ou intelligent au XXIe siècle? Eh, ce n’est pas moi qui fait les règles. Toi, tu sais bien que si JE faisais les règles, on vivrait dans une république dans laquelle le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire seraient bien hermétiquement séparés. En fait, non, même le pouvoir médiatique serait isolé aussi des trois autres dans leur processus électif et sélectif.

Mais on n’est pas rendu dans ce rêve. Loin de là.

Alors, on fait contre mauvaise fortune bon cœur. Alors, on se redresse les manches et on est bon joueur.

C’est Stephen qui veut jouer aux échecs? D’accord. Jouons. Mais cette fois, ce sera SON échec provincial.

Tsé, Jean Charest, notre bon premier ministre (hum!), lui, il voudrait donner le Canada ha!ha! ses enfants, tu sais. C’est ce qu’il disait dans le camp du nom quand il agitait son passeport canadien. Très utile un passeport canadien pour aller « voyager au restaurant ».

UNE GRÈVE NE FAIT PAS LE PRINTEMPS

Mais nous n’en sommes pas aux élections encore. On jongle en haut lieu au printemps ou ha!ha! l’automne.

Tu veux mon avis, sincèrement? Printemps ou automne, c’est un suicide politique anyway.

Pourquoi? Moi aussi je suis très surpris de ça. De quoi? De VOIR Jean Charest toujours aux commandes du PLQ alors que bien des gens, et pas des moindres, disent qu’il est en train de pousser la luck.

Mais c’est sans compter le départ de Couillard, la mort de l’Autre dauphin dont vous ne vous souvenez plus le nom depuis qu’il a disparu avec son comté, et le départ de la Belle aux yeux de velours de Bonaventure qui a su si bien charmer l’opposition avec ses déclarations sur les flatulences de vaches. Une mineure de plus pour le Plan Nord. J’imagine déjà Nathalie Normandeau en train de se salir les mains afin de faire rejaillir sur le PLQ toute la richesse mal négociée du projet du bâtisseur imaginaire au sommet de l’organisation pyramidale et familiale du parti libéral du Québec.

Anyway, ça doit venir de son côté familial, son petit côté résilient. Une qualité reconnue partout, d’un bord comme de l’Autre, tout d’un coup. La marque de l’ancienneté, mes amis. Ça ne ment pas, au Québec, depuis la retraite politique de Mario Dumont, la prime de l’ancienneté.

Mais peu importe, le printemps est un peu devant nos portes, en fait, sous la neige qui vient de tomber drue dans nos rues sales et transversales, sur nos routes et autoroutes du Savoir, dans nos chemins de travers.

Alors, une élection avec Legault qui parle d’éducation (comme Boisclair avant lui et Dumont également) alors que les étudiants sont dans la rue pour exiger un changement de cap que seuls les adversaires offrent? Pas intéressant une élection au printemps, au coude ha!ha! coude, au bord d’un avenir qui n’est pas content d’assumer des frais supplémentaires alors que tout coûte vraiment plus cher pour tout le monde depuis que le PLQ a lancé le festival de la hausse des tarifs, au cours de son dernier mandat.

Alors, l’automne, est-ce que c’est mieux? Euh, non plus, c’est comme reculer pour mieux sauter et donner une chance aux forces du «changement » de prendre leur élan (le congrès est prévu pour avril quelque part hors de Montréal) et risquer d’avoir deux équipes majeures sur le dos.

Tsé, la bataille du babyboomer, ça se joue encore moins bien en trio qu’en duo. Et encore moins bien en quatuor parce que Québec Solidaire c’est aussi orange et bien organisé que le NPD qui leur en doit une.

Pas facile la vie de premier ministre qui s’accroche au pouvoir et qui aimerait bien battre le record de réélection de Duplessis, lui qui est un politicien de carrière, ne l’oublions pas.

Ça va être du sport pour l’ancien ministre des sports et loisirs du défunt parti progressiste conservateur de redevenir Capitaine Canada.

D’ailleurs, quand on l’appelait Capitaine Canada, il a perdu son élection d’aplomb, t’en souviens tu, toi?

Pas sûr que l’énigme Charest (dixit André Pratte) fera long feu contre Pauline Marois (la Québécoise, dixit les éditions Fides) assistée de Aussant et Khadir sur sa gauche nationaliste et par Legault sur sa droite nationaliste aux prochaines élections québécoises.

Car, souviens-toi, winner takes it all, one riding at a time.

LA SOLIDARITÉ N’EST PAS UN PARTI POLITIQUE

Parlant de QS, non, niaiseux, pas de Québec Science, la revue, Québec Solidaire, le groupe de pression pour la justice sociale déguisée en parti politique séparatiste; je peux te dire une chose : le monopole de la vertu, c’est bon pour une société d’état, pas pour une organisation politique qui veut prendre la tête d’un État aussi riche que le Québec.

Et, en passant, sur le Plateau, je ne suis pas certain tant que ça que Khadir va réussir l’exploit de se faire réélire. J’y travaille depuis un an pour avoir de l’information directe sur le terrain et je peux te dire que les gens me retiennent pour dire tout le mal qu’ils ont de comprendre leur Mont-Royal depuis le débarquement de la Gauche imbue d’elle-même et sourde au pouvoir des petits commerçants qui doivent fermer boutique.

Pour être tout fin franc, je dirais que Khadir payera pour Ferrandez, malheureusement. Tout comme Charest et Legault paieront indirectement pour les agissements de Harper.

C’est pas drôle la politique quand tout se met en interaction sans prendre en considération les frontières des différents paliers de gouvernement, n’est-ce pas, mon ami?

REFAIRE DU PARTI QUÉBÉCOIS LE PARTI DES QUÉBÉCOIS

Dernière étape.

La souveraineté-dissociation. Très important de ne reprendre personne dans le bateau.

Curzi, Beaudoin, Aussant, etc. Même illogisme de réintégration que celui qui serait réservé aux Rathée, l’Autre dont vous ne vous rappelez pas le nom et Rebello.

J’hésite encore sur le sort de la femme de Parizeau…

Ah, non, on peut trouver mieux dans Crémazie. Un peu d’action nationale dans cet endroit, pourquoi pas? Lapointe-Aussant, ça va tellement faire un beau couple bien assorti… Un peu comme Legault-Rebello depuis sa sortie.

Non, définitivement, Pauiline Marois doit prendre conseil de Mario Dumont sur les ondes du 98,5 FM, du 24 février dernier, et continuer de se bâtir une équipe solide et du tonnerre. Elle doit penser aux impératifs économiques qui nous ferons face, penser que le plus important sera après l’élection et toujours présenter sa démarche le plus humblement possible.

Nous verrons plutôt que ON verra.

P.S. : remarque une petite chose de mon discours — pas de mention de scandale, de corruption ou d’autres linges sales libéral — et pourtant, tu vois le PLQ en meilleure position que moi, mon cher Robert, mon cher ami Bourassa? Eh non, moi non, plus, vieux. Pas pour rien qu’on me donnait ton nom lorsque j’étais au secondaire, et pourquoi je porte ta marque fièrement : celle du Sphynx.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 2

  • jean-claude bourbonnais 25 février 2012 · 16h37

    moi, c’est plus simple, cher Steve.Madame Marois rêve encore plus loin que ses paroles de politicienne. Mais elle a des enfants et elle doit les faire élire. Ça ce sont ses paroles données devant le rêve inachevé.
    Moi j’ai pas d’enfant. Et je suis sans mots, au fond, devant mon rêve, le seul qui me reste: l’indépendance de mon pays, le Québec. Et rien d’autre
    Je suis très inquiet, parce que quand viendra l’élection, Charest et Legault voudront confondre chez elle le rêve et sa parole. Je suis très inquiet, Steve. Et j’ai très peur d’avoir à voter contre le PQ, si Marois vend mon rêve au profit de son pouvoir.Et je suis de plus en plus fatigué…

  • Doris Sarrazin 29 février 2012 · 01h08

    La petite flyée grosseur nature ..a compris ton texte #contente ;)

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