L’ÉTAT, C’EST MOI

19 février 2012 9h46 · Steve Boudrias

« Dieu, dans quel trou m’avez-vous mis?
Dieu, dans quel désordre m’avez-vous mis?
Dieu, n’y a-t-il ici que des capitalistes
Et des communistes?

Dieu, tu m’as mis dans une bande de gueuleurs, de quêteurs
De baveurs de slogans, de chieurs de pancartes!
Dieu, manquent-ils à ce point de coeur et d’imagination?
Dieu qu’ils m’écoeurent
Et ils (elles) écrivent aux courriers du coeur pour dire
Que leurs femmes (leurs maris) ne sont pas assez cochons
(Cochonnes).
Et leurs fils se laissent pousser le poil pour avoir l’air Beatle!»

L’ÉTAT, C’EST MOI

Non, je ne suis pas devenu mégalomane ou totalement fou, quoique certains écrivains québécois de notre passé plus ou moins récent ont eu ce projet irréaliste, qu’on pense simplement à Émile ou Hubert, par exemple.

Non, moi, j’ai lu Nietzsche et je ne suis que mon propre tyran.

Je règne sur les 120 parties de mon anatomie, comme dirait la pub de savon.

Je règne, faut le dire vite, car quand je fais un déménagement tout un samedi, mon anatomie au grand complet, tout le pays autonomiste et anatomique que je suis se met en grève. Et ce, même si j’ai toujours voulu être le Maurice Richard des écrivains québécois.

Maurice Richard, pour moi, c’est le gars qui ne devait pas faire le club.

Maurice Richard, pour moi, c’est Martin St-Louis à qui on dit qu’il est trop petit pour la LNH.

Maurice Richard, pour moi, c’est l’anti-Lindros, c’est un homme magané, blessé à de multiples endroits et qui saute sur la patinoire et devient l’idole d’un peuple, la révélation d’une Nation en devenir.

Maurice Richard, c’est le genre de gars qui patine sur un fleuve ou un lac, c’est un détail, pour aller jouer avec ses chums, pratiquer un sport qu’il aime.

Maurice Richard, c’est le genre d’homme qui joue dehors, qui n’oublie jamais où et avec qui il a appris à devenir une fusée, un rocket.

Maurice Richard, c’est le bonhomme qui, étant petit, (oui, il a déjà été petit, Maurice) couchait avec son équipement.

Maurice Richard, c’est le genre de joueur qui aide un membre de sa famille à déménager et qui, par la suite, compte une ribambelle de but dans le filet adverse de la Big Red Machine et tout un peuple est content d’être heureux d’être ensemble dans le forum, sur le forum, en dehors du forum.

LE FORT HOMME DU FORUM

Maurice Richard, comme Nietzsche, c’est l’idole d’un paquet de monde très différent les uns des autres.

Maurice a été récupéré à la fois par les souverainistes et par les fédéralistes. Par les petites gens comme par les pompiers pyromane de Matane. Pourquoi Matane? Parce que ça rime. Pourquoi la rime prime sur le sens et le double sens? Parce que la vie n’a de sens que celui qu’on lui donne.

C’est pour cette raison que tu as besoin d’une direction dans la vie.

C’est pour cette raison que NOUS avons besoin d’un capitaine dans le vestiaire. Afin que sur la patinoire, NOUS n’ayons pas l’air d’une bande de twits sur le panneau d’affichage, le lendemain de la prochaine élection provinciale.

Un moment donné, faut arrêter de parler du hockey pour mieux parler de politique.

Un moment donné, on arrête de se servir du hockey pour faire la promotion de son option et on fait le contraire. On se sert de la politique pour bien illustrer à quel point notre sport national (le nôtre, le leur? celui des Russes en 1972?) est une belle illustration de la connerie humaine.

On excluant pas la personne qui parle.

« Maintenant est le moment opportun », c’est un slogan creux et vide quand il ne correspond à aucune réalité ou volonté populaire véritable.

Et je ne parle pas ICI de l’option souverainiste. Non, je parle de volonté de puissance souverainiste. Nuance.

Nous, nous voulons une bonne direction. Une direction claire.

« Quiconque sait ce qu’il veut dans la vie devient une flèche. » – FWN

Et on revient à mon point de départ.

Nietzsche, inspirateur des nazis ou des communistes? Inspirateur de tout le monde puisqu’il a déjà dit : « Dieu est mort car nous l’avons tué. »

C’est quand même pas pire pour le grand-père de tous les athées, ce type de citation.

Mais quand on sait que le petit gars des cahiers de Pforta écrivait des bondieuseries qui rendraient jaloux monseigneur Turcotte lui-même avant la mort de son petit papa pasteur de son état dans son village pas du tout global d’Allemagne, on comprend mieux l’Antéchrist, Ecce homo et bien des patentes.

Bref, la volonté de puissance se résume à bien peu de chose : on devient fort parce qu’on a besoin de l’être.

On devient fort parce qu’on n’a pas le choix de faire preuve de force, de résistance au changement involontaire.

On résiste donc aisément à la CAQ, qui n’a pas de programme et qui n’en aura pas lorsque les élections provinciales seront déclenchées.

Nous résistons à Stephen Harper parce que son histoire de réforme et d’alliance canadienne n’a plus de sens tellement la somme de ses contradictions s’accumulent.

Rien qu’un exemple. Comment un parti qui se dit « conservateur » peut oser se présenter devant la population canadienne et proposer à celle-ci :

1)      de changer les paroles de l’hymne national pour le féminiser un peu plus;

2)      de changer le symbole animalier du pays pour le faire passer du petit castor bricoleur au grand ours polaire en train de crever sur sa banquise?

J’ai déjà vu des conservateurs progressistes (oxymoron), mais des conservateurs réformistes (moron tout court), je suis assez surpris de VOIR ça.

STEPHEN A SA REINE, MOI J’AI MAROIS

Nietzsche, pour s’amuser, pour passer le temps dans ses très nombreux temps libres (il n’avait pas trop d’amis, Frédéric, et quand il en avait, il donnait un peu le goût à ceux-ci de ne plus l’être – le couple Cosima/Richard Wagner, par exemple), bref, Frédéric aimait bien jouer les orientaux dans son écriture de syphilitique : il était un penseur occidental qui récupérait les mantras orientaux des philosophes perdus dans la brume.

Genre de brume : Zarathoustra et les Zoroastriens.

Tsé, l’éternel retour, l’homme qui doit être surpassé, le vieux sage sur sa montagne, tout ça c’est de la philosophie vraiment pas trop originale.

Ben oui, c’est du vol pur et simple.

Sacré Frédéric. Lui pis son osti d’aigle!

Si l’aigle est si petit aux yeux de l’homme microbiologique, c’est que l’aigle vole trop haut pour le commun des mortels de son temps.

Fuck it!

Nietzsche, c’est un petit ado blessé qui écrit dans son cahier d’étudiant, à la mort de son petit papa adoré, son idole de jeunesse pas trop crépusculaire, que l’humanité au grand complet va payer pour le péché suprême d’avoir osé enterrer son pasteur de père un peu tout croche à son goût.

Mein goth.

Tu parles d’un cave.

Et ça, ça fait capoter des intellectuels, des savants de toutes les branches de l’arborescence de l’intelligence dessinée par Descartes, depuis deux siècles…

Wow!

What a loser!

Nietzsche n’a pas de système? You bet! Tout ce qu’il a c’est une mentalité de marteau-piqueur, lui pis sa philosophie qui marche à coups de marteau.

Quand tout ce que tu vois dans la vie, qui pense et qui réfléchit différemment de toi à l’air d’avoir la forme d’un clou de finition, c’est normal que tu essaies de frapper dessus comme seule solution à nos problèmes.

Anyway, Nietzsche, moi, je trouve que ça fait pas des enfants forts.

Ça fait des ostis de bons nazis en puissance, des enfants-roi, mais des hommes et des femmes de bonne volonté? Non.

Moi, je préfère des hommes et des femmes qui me suivent parce qu’ils veulent se suivre et aller à un endroit qu’on a convenu d’avance : le Québec indépendant. (Encore du Frédéric moustachu, ICI, mais Nietzsche, à force d’écrire tout et son contraire, on se demande s’il n’est pas complètement ouf, tsé.)

Moi, je crois que le meilleur chef pour faire ça, c’est Pauline Marois.

Toi, tu penses le contraire? D’accord.

LE RAISONNEMENT PÉQUISTE

Maintenant est le moment opportun, c’est ta cassette?

Ok, je suis d’accord. C’est le moment d’envoyer un message clair à Ottawa et Stephen Harper, le premier drapeau orange qu’on a envoyé, il ne l’a pas vu. Ces proches conseillers lui glissent à l’oreille tous les jours que les Québécois sont devenus fédéralistes depuis le 2 mai 2011.

Ben oui, et ma mère est devenue un autobus depuis qu’elle a donné un lift à deux enfants pour les envoyer à la classe neige.

Calvaire, comment est-ce qu’on peut être aussi cave?

Le même bonhomme qui nous reconnaît comme nation à part entière pense aujourd’hui qu’on va lui répondre en Canadien fendant qui ne respecte rien ni personne d’autre que sa propre propagande de bulldozer, alors qu’on a un nationalisme de rechange, gracieuseté du canadien errant qui nous dirige direct dans le gouffre en ce moment, dans l’abysse insondable de son absurdité publicité négative et de mensonge de masse répétés ad nauseam de joueur d’échecs.

Parlant d’échecs, le seul jeu auquel Stephen est devenu bon, c’est dans la manière qu’il a de devenir son pire ennemi. C’est aussi dans sa manière de devenir lui-même l’artisan de son propre malheur.

Que voulez-vous, il n’écoute plus son mentor, et ça paraît. La victoire à la Papyrus, lui, il ne connaît pas trop. Lui, l’évangile, il ne connaît pas trop, même si toute la gang qui vote pour lui se vante de vivre dans la « ceinture de la bible ».

Si il se rappelait vraiment les enseignements de Flanagan le goéland, et si vraiment il se rappelait de Moïse, de l’enfant prodige sauvé des eaux qui a libéré tout un peuple des griffes des pharaons, il saurait très bien où le conduit sa victoire à la papyrus.

Tsé, quand le premier ministre d’un pays dort dans un sarcophage et n’en sort que pour parler à l’ensemble des premières nations avant de jaser avec ses propres PM provinciaux, il y a un problème.

Quand le PM du Canada n’est pas content, en bon enfant-roi qu’il est, de s’entendre avec la plus puissante démocratie du monde pour faire passer un pipeline quelque part dans l’Ouest, au lieu d’attendre la fin de la campagne électorale de son ami Obama, et que celui-ci s’en va en Chine se plaindre de la bureaucratisation de Washington en discutant avec des pantins d’un régime dictatorial qui n’a de communiste que sa haine de la religion et celle des droits de la personne au Tibet, au Népal et à Taïwan, c’est que le premier ministre du pays est bon pour un sérieux test démocratique.

Mais comme il n’y a pas d’élection fédérale avant au moins trois ans et demi et que le monde parle plus de ces ostis de pandas (encore une histoire d’ours en voie de disparition, tiens donc!), il faudra bien prendre la première élection qui se présente et lui envoyer un message.

En fait, je pense à ça, on peut même pas lui envoyer un message, à ce gars-là.

Oublie ça, en bon disciple de l’albertain de naissance (Harper est Honte à rien, lui, ne l’oublie pas), comme on sait que le médium est le message, on va lui envoyer un messager.

En fait, non, plus beau que ça, on va lui envoyer une messagère.

Donc, pas de Charest (ex-conservateur progressiste canadien), qui n’arrive plus à rien à Ottawa depuis que le Bloc Québécois est réduit en cendres.

Pas de Legault, lui qui est tout heureux d’avoir une bande d’adéquistes au Sénat afin de rentrer dans les bonnes grâces de Stephen en essayant de nous sortir le truc de Bourassa qui marche même pas : la clause NONObstant. Si la clause nonobstant protégeait le fait français de la rectitude politique et du multiethnisme juridique de la Cour Suprême, on le saurait, le petit Robert l’a essayé, ça n’a pas marché et le petit Jean Cournoyer l’a archivé dans son dictionnaire.

Pas de JMA non plus, parce que maintenant n’est pas le moment opportun pour une élection référendaire, Charest aimerait trop ça. Les référendums d’initiative populaire bien balisés par contre…

Pas d’Amir David non plus, parce que les musulmans, les juifs et le chrétiens, on ne mêlera pas ça à la politique canadienne ou québécoise parce que, à l’université Concordia, ils ont déjà essayé d’importer des bébites du Moyen-Orient au Québec et ça n’a pas marché.

Tu ne me crois pas? Demande à Fatima Houda-Pépin pour VOIR.

Alors, il nous reste qui sur la liste? Pauline Marois, chef du Parti Québécois.

Un parti de fous, bien à notre image d’étapiste depuis la nuit des temps de la Nouvelle-France.

On a toujours tout fait étape par étape. Alors, on va se libérer un morceau à la fois.

Pas de révolution tranquille, cette fois-ci, les ti-mousses, mais bien une évolution tranquille.

Une évolution lente comme la carrière de Pauline. Une évolution lente et difficile comme la carrière de matante Pauline. (En passant, quand Foglia appelle Pauline matante, moi je mets le trait d’union de la souveraineté association et je demande : c’est quoi le problème avec la sœur de MA mère, déjà, le wanna be Céline qui n’a jamais écrit de roman? Tu vois, ce truc-là, je l’ai appris de Lysianne Gagnon quand elle crachait sur l’album de Dan Bigras en disant qu’il n’y avait que le roi Léo pour chanter du Léo Ferré. Alors, si ça a l’air chien ce que je dis là du bon Pierre de la grosse Presse, ben plaints-toi à ta direction.)

Tsé, quand ton premier ministre se conduit comme un pas d’allure, ça te donne le droit constitutionnel de faire pareil ou, en d’autres termes, l’obligation morale de résister à l’agression.

Par exemple, en disant simplement :

-          Tsé, Stephen, quand un écrivain qui a gagné le Booker Prize, pas le Goncourt en France que t’haïs même en dormant, mais bien une distinction remise par un jury britannique, peut-être que tu devrais répondre en grand garçon intelligent que tu devrais être, non?

Un moment donné, il faut grandir, Stephen, il faut devenir un homme pas un rectum pour la majorité des canadiens.

Sinon, tu vas avoir l’air fou. Pas à cause de moi. Non, moi, ce que je dis c’est comme ce que je chie, tu t’en torches.

Mais quand tu vas t’apercevoir, trop tard, comme lors de l’épisode de la coalition de Québécois réunissant Layton-Dion-Duceppe, la punchline qui t’a fait fermer le parlement quand tu étais à la tête d’un gouvernement intelligent (un gouvernement minoritaire) qui était en train de faire une connerie, ben, quand ce jour-là va se présenter à nouveau à une élection provinciale et que le Québec deviendra indépendant, comme tu le souhaites secrètement, afin de sabler le champagne avec tes chums comme tu l’as fait dernièrement pour célébrer la mort du registre des armes d’épaule, eh bien, là, il ne faudra pas te surprendre si je déménage dans TON pays.

Ben oui, une fois que le Québec va être indépendant, je vais faire comme Stéphane Dion, je vais émigrer. En fait, je vais rester à Montréal et je vais voyager à Ottawa. Parce que moi aussi je vais vouloir ce qu’il y a de mieux pour les francophones qui vivent partout dans ton Canada. Il va ben falloir leur offrir l’asile politique à tous ceux que tu vas traiter de fou de ne pas parler anglais comme tout le monde.

J’imagine que tu souris en lisant ça mais tu n’as pas de mémoire, il me semble.

Si Lucien Bouchard peut devenir indépendantiste après avoir été conservateur-progressiste, si Jean Lapierre peut devenir bloquiste après avoir été libéral fédéral progressiste, qu’est-ce qui empêcherait Justin Trudeau de suivre le même chemin que Stéphane Dion?

Stéphane Dion n’a pas choisi la voie de son père, pour montrer qu’il était indépendant, ben Justin, pour montrer qu’il est indépendant et juste avec ses électeurs de Papineau et de Viviane Jefaisdesbeauxbarbots, il pourrait changer de camp momentanément lui aussi.

Comme Amir Khadir qui appuie le bon Jack.

Parlons en de Jack, ce n’est parce qu’il est mort que la bonté est morte.

Ce n’est pas parce que Sven Robinson ne fait plus de politique active que je ne me rappelle pas qu’il était néo-démocrate et que l’homophobie a eu raison de lui au Canada comme celle-ci a eu raison de Claude Charron au Québec.

Le match de la vie, toi, Stephen, tu connais pas ça, hein?

Ah oui, j’espère que ça te dérange pas que je te tutoie, Stephen, hein? Déjà que je te respecte assez pour de parler dans ma langue préférée, parce que je sais que tu l’as comprends, ben, je me demandais justement si tu savais que le tutoiement et le vouvoiement, ça n’existe pas dans ta langue de Youyou.

Enfin, tant de choses à dire et à écrire, tant de choses qui me passent par la tête… Tant de choses que je pourrais ajouter pour appuyer ma cause indépendantiste québécoise mais… tsé… t’écoutes même pas l’auteur de l’histoire de pi ET tu n’écoutes pas les sous-fifres de Jean Charest, lui qui voulait pourtant donner le Canada à ses enfants en gesticulant avec son passeport canadien pendant la campagne 1995 dans le camp du NON.

Oui, c’est vrai, tu l’as déjà dit, toi pis ta gang de zombies vous l’avez déjà dit. C’est le temps du Tough love, du Tough on crime et du Tough tout court.

Faut être rough and tough, en politique.

Fini les love-in, ça avait l’air fake, anyway.

Fini les statistiques pertinentes, aussi, c’est tellement encombrant, anyway, les statistiques de statistiques Canada quand on peut plutôt recourir à la bonne vieille recette du Crois ou meurs.

C’est tellement vrai, ton affaire de : si tu es contre la guerre en Afghanistan, t’es contre le patriotisme et si t’es pas un général d’armée, tu peux pas parler de guerre. C’est toi, ça. La logique sur deux pattes.

C’est encore toi qui dit à tous tes fidèles, qui te suivraient jusqu’en enfer aveuglément, que être contre le projet de loi C-30, c’est être automatique un pédophile.

Ça fait tellement Diefenbaker et Clark en même temps, moins le talent, ton affaire, Stephen, c’est carrément absurde ton affaire.

Tu connais Ionesco, Stephen? Ouin, je le sais, Ionesco, c’est du théâtre qui n’a jamais été chanté par les Beatles, mais quand même… Je ne pensais jamais vivre dans une pièce de théâtre, avant ton règne.

Merci de me faire vivre les meilleurs moments du Roi Ubu en même temps.

Merci de me faire revivre le conte pour enfants dans lequel on se moque partout d’un roi nu qui pense qu’il peut parader avec la royauté sans avoir de sang bleu ou de celui des Windsor dans les veines.

Stephen, t’es un Roi Imbu de ta personne et de ton pouvoir qui est en train de faire une overdose de calcium entre les oreilles.

Wake up and smell the roses, comme disait Paul Martin quand il marchait main dans la main avec Jean Chrétien, un autre dictateur, comme toi, mais un peu plus mou, un peu moins psycho-rigide comme toi.

Là, je le sais, t’aime pas ben ça que je te parle comme si je t’aimais alors que toi, tu me déteste. Je sais aussi que c’est pas ben gentil et scientifique de traiter de fou un premier ministre alors qu’on a jamais eu le plaisir de le rencontrer.

Mais… moi je me rappelle de Lucien Bouchard qui se faisait psychanalyser solide dans le ROC et de Lysiane Gagnon, encore elle, qui s’amusait à diaboliser le même homme, en train de se battre avec la bactérie mangeuse de chair, une bactérie mortelle, tu sauras, et qui écrivait que c’était honteux que cet homme écrive sur son lit d’hôpital St-Luc, de continuer le combat.

Mais quand Jack Layton nous écrit (hum!) une lettre pour nous dire de continuer à aimer le Canada et à aimer l’amour et l’eau fraîche, ça, c’est noble. C’est pas du tout instrumentaliser la mort d’un homme politique consentant, majeur et pas trop vacciné contre le cancer, à continuer à se battre pour la cause du nationalisme d’un autre pays que le mien, pas vrai?

Tsé Stephen, je t’aime bien, mais quand toi et tes amis supposément libertariens, vous vous obstinez à acheter des avions F-35 et à organiser des partys de fin de registre ou de jubilé aux frais de tous les contribuables (dont une majorité qui ne te fais jamais ni chaud ni froid parce que, de toute façon, il ne vote pas pour toi, who cares?), je trouve que tu oublies John A. Macdonald.

Tu comprends pas? C’est bien simple. Après que t’aies voter ton augmentation de salaire, à toi et ta gang de légumes qui te suivent partout alignés en rang d’oignons, je me souviens que la légende canadienne voulait que le bon écossais lui-même, un peu alcoolique sur les bords, comme le bon Bob l’éponge qui dirige le PLC par intérim, allait de son bureau d’avocat jusqu’à Ottawa à pied (pas en limousine), il tenait ses chaussures à la main pour ne pas les salir afin de siéger ET plaider avec des souliers neufs en toutes circonstances.

Si tu veux mon avis, ce monde-là avait grand besoin d’une augmentation de salaire mais, je trouve que leur souci du décorum et, surtout, leur manière de pratiquer le droit s’éloigne un peu beaucoup de la tienne.

Ah oui, c’est vrai, contrairement à Jean Charest et Jean Chrétien, tu n’as pas de formation juridique!

T’es un économiste.

Un « comptable charismatique », autrement dit, un peu comme ce que le Québec a besoin pour sortir de la crise, si je me fie aux sondages dont parlait l’Actualité l’autre jour, il y a des mois.

Tsé, le même magazine qui parlait de l’effet Ignatieff. Ignatieff qui, contrairement à toi, avait le goût de s’excuser pour les torts faits à Louis Riel au parlement.

Mais, toi, t’es Tough on crime, comme John A. Mcdonald, pas vrai?

De ce point de vue là, tu te rappelles ta filiation conservatrice. La belle habitude de pendre haut et court ceux qui ne sont pas de ton avis, c’est ton style, pas vrai?

Dommage qu’on n’ait pas rétablit la peine de mort depuis les années 1970, au Canada, hein, Stephen?

Dommage que les femmes sont encore libres de décider si elles veulent, oui ou non, un avortement.

Dommage que les enfants n’ont pas un solide état-policier pour les protéger des pédophiles, pas vrai?

Dommage que tous tes rêves de réformistes de style Cromwell ne passent pas comme une lettre à la poste, même parmi les plus loyaux sujets loyalistes?

Maudite bande de grits…

Les tories, sont tellement bons dans les stories.

Bon, je suis rendu à neuf pages et ça plus de 3760 mots ma « lettre d’opinion », il faudrait bien que j’arrête et que je profite de ma vie de No life, non?

Un no life qui travaille plus de 35 heures semaines avec sa tête et avec son corps, qui déménage son meilleur ami-devenu-son-frère-avec-le-temps le samedi et qui t’écrit le dimanche matin pendant une heure avant d’aller s’occuper d’un projet d’édition presque finit en France, sur un serveur qui s’appelle Inlibroveritas (la vérité est dans les livres) afin de publier sous un autre nom que le mien (encore un autre pseudonyme que j’utilise pour rendre ma vie moins plate que la tienne), bref, un homme de la trempe de Maurice Duplessis et de René Lévesque, qui ne se sont jamais épargnés à l’ouvrage, de leur jeune temps.

Mais moi, je te l’ai déjà dit, Stephen, j’ai pris ma retraite de la politique.

Moi, je suis plus du genre Émile, je continue à travailler mes poèmes à Louis-H.-Lafontaine pour les ostis de curés qui me demandent de faire le perroquet en me coupant les ailes.

Moi, je suis comme feu Pierre V. qui t’écris un roman-nègre-blanc en plein prison américaine après avoir été arrêté devant les bureaux de l’Organisation des Nations Unies.

Moi, je suis comme Hubert Aquin, qui écrit un texte magnifique intitulé superbement comme ça : …. dans un asile psychiatrique.

Mais, moi, surtout, Stephen, je suis comme toi : je suis comme bien du monde mais je suis autre chose.

Toi, tu es une machine politique, tu n’as plus rien d’humain ni dans tes gestes ni dans ta propre mémoire. Je t’aimais davantage quand tu étais timide au sein de l’alliance-canadienne en train de boire les paroles de Preston Manning, ton daffy duck nazi.

Moi, je suis une machine à écrire, mais moi, je suis humain, trop humain, et je suis membre de la plus lointaine confrérie de croyants en dieu que tu ne pourras jamais imaginer.

Parce que toi, Stephen, tu penses que le monde est né en 1867, que notre histoire d’amour date de 1812 et que la plus belle histoire d’amour a été écrite par les Beatles.

Ce n’est pas mon cas.

Moi, j’ai emprunté le nom de ma femme, j’ai organisé un club d’écriture sur plus d’un an.

J’ai donné à tous ces gens que je n’ai jamais vus dans toute la francophonie, un an pour écrire un recueil de textes collectif.

J’ai sélectionné les 33 meilleurs textes de trente-trois auteurs éparpillés un peu partout dans le monde francophone en inventant une revue appelé le Simurgh, qui n’existait que dans ma tête, pour en faire ensuite un livre à éditer à compte d’auteur/éditeur autodidacte.

Chaque saison, en 2009, je donnais un thème à des auteurs choisis au hasard ou choisis selon le talent que je leur reconnaissais en moi.

Le printemps de Prague.

Une saison chaude et sèche (pour l’été).

La saison des feuilles mortes (pour l’automne).

L’hiver de force.

Au début, tout le monde riait de moi. Personne ne comprenait ce que je faisais.

Mais quand ils se sont aperçus que j’étais toujours fidèle au poste.

Que le projet prenait une forme magnifique, que des auteurs qui se détestaient s’unissaient sous ma bannière perse, sous l’auguste signe d’un oiseau mythique médiéval sorti tout droit d’un conte et d’un poème soufi, ils m’ont suivi.

La quatrième saison, Stephen, j’ai perdu mon emploi, parce que je faisais ça dans mes temps libres AU TRAVAIL.

Je dirigeais une revue trimestrielle sur un serveur en France, en travaillant comme adjoint administratif dans un bureau immobilier pratiquement désert à la journée longue.

Bien entendu, le bureau a fini par faire faillite.

J’ai continué dans une bibliothèque, une heure ou deux à la fois, chaque fin de semaine.

Puis, j’ai fait une sélection des meilleurs textes en consultant via un forum tout ce monde-là.

J’ai consulté, consulté, puis j’ai décidé de continuer à prendre des décisions et la direction de mon recueil de textes parce que, visiblement, s’ils avaient un talent pour écrire de manière artisanale, il n’avait pas une vision artistique despotique de la littérature et un amour quasiment fasciste de l’esthétique littéraire.

Mais ce n’est pas tout.

Quand tu es éditeur, cher Stephen, il faut aussi que tu rassembles de l’argent, parce que ILV, ça ne marche pas qu’à l’huile de coude, ça marche à coup de dons et de version PDF achetées en ligne avec une carte de crédit.

Comme je n’ai jamais une maudite cenne dans les poches, j’ai décidé d’organiser une campagne de publicité.

C’est d’ailleurs le principal reproche qu’on me faisait, à part celui d’être incompréhensible et de n’avoir pas de talent et une femme idiote comme conjointe, de savoir faire et monter une campagne de pub tout seul.

Contre toute attente, bien malgré eux, ou à cause d’eux, plutôt, puisque je n’y étais pas dans le projet littéraire que j’ai monté pour les arrêter de chiâler tout le temps au lieu de travailler à faire du beau qui se vend, j’ai ramassé suffisamment d’argent pour publier deux recueils.

Depuis plus d’un an, tout cet argent-là, ces euros-là, comme on dit en France, quand on parle d’argent, étaient bloqués sur MON compte d’auteur transformé en éditeur.

La seule affaire qui m’appartenait, c’était le compte. La seule affaire qui appartenait à tous les auteurs qui me faisaient la morale et qui me disaient que je n’avais pas de talent pour écrire et un seul talent, celui de faire la pub et l’unanimité contre moi se sont réveillés avec un livre presque complet dans leur face 24 mois plus tard.

C’est la différence entre moi et les autres, Stephen. C’est ce qui nous relie toi et moi. Le pouvoir.

Il y a des gens qui font la parade, des gens qui suivent la parade et des gens qui ne savent même pas qu’il y a une parade, comme dirait l’autre étudiant en théologie qui a finit par devenir curé de paroisse sur un écran, lui aussi, après avoir fait ses débuts dans un petit journal de Sherbrooke.

Moi, je fais la parade pour des gens qui ne voient pas la parade et je me fais faire la morale, craché dessus et même insulté en public.

Tu penses que ça me fait un pli sur la différence?

Je m’en moque.

Parce qu’à la fin de la journée, je vais l’avoir mon livre et eux aussi. Je les ai assez fait poireauter (plus d’un an que je ne leur ai pas donné de nouvelles de leur recueil de textes, ils commencent à se plaindre là où ils se plaignaient du serveur au début, en traitant le concepteur du site de dictateur parce qu’il refusait de suivre leurs idées de génie à la lettre); alors, je me suis dit que j’allais prendre les choses en main.

Je me suis substitué à l’éditeur du site, j’ai convaincu tout ce qui avait le moindrement de talent sur le site et que je jugeais en mesure de me suivre, et j’ai foncé. J’ai réalisé ce que personne n’avait osé imaginer avant : un ouvrage collectif, une espèce de coopérative française internationale d’autoédition. Comme ça. Pour le trip! Et j’ai donné à l’initiative un nom parfait : le Simurgh.

Alors, des conseils, je n’en ai pas besoin. Et toi non plus, Stephen, t’en as pas besoin de conseil pour diriger le Canada. T’as déjà le conseil de la fédération. Sers t’en avant que le Canada éclate par ta faute. Sinon, ce n’est pas grave, comme PET, j’ai toujours su que le Canada allait vivre mille ans ou disparaitre dans un grand bang! national…

 

Note en bas de page :

Je vais t’enseigner une manière de passer de l’état de chameau à celui de lion et de l’état de lion à l’état d’enfant.

Je vais t’enseigner la méthode qui m’a fait passer de l’état d’adéquiste, à l’état de libéral fédéral et à l’état de membre en règle du parti marijuana. Peace, man!

 

 

P.S. : dire à un auteur que son texte d’opinion est trop long parce qu’il fait plus de quatre pages, c’est crissement con, surtout quand tu as déjà lu l’Aurore, et que tu as lu le texte de Zola…

N.B . :  mon prof de droit en secondaire quatre m’appelait Gretzky, et il m’appelait comme ça parce que ma note habituelle en droit civil et criminel, c’était 99% – le 1%, il me l’enlevait parce que je faisais des fautes d’ortograffes;-)

I think I rest my case. I hope so…

« Si vous voulez de l’argot, lisez Céline.
Je ne suis pas français. Con, connais pas.
Si vous aimez les Chinois, allez en Chine.
Si vous êtes femme n’y allez pas. Ne faites pas ça.

Venez chez moi : j’ai un reste de rhum. »

 

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Steve Boudrias

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