31 janvier 2012 21h39 · Steve Boudrias
Non seulement la CAQ est d’un fédéralisme qui ne veut pas dire son nom.
Non seulement la CAQ est d’un futur des plus passéistes dans sa position ridiculement rétrograde et affairiste.
Non seulement la CAQ est une insulte à l’intelligence en guise de programme politique – après un an de réflexions et de « consultations » en forme de striptease, aboutir à 16 feuilles volantes qui ont l’air de tout sauf de la reproduction de l’invention du bouton à quatre trous en matière de politique publique responsable et démocratique…
Non seulement la CAQ est infoutu d’avaler un parti de droite et d’avouer qu’il naviguera dans les eaux troubles de la franchise.
Non seulement la CAQ a le culot de se présenter devant les « jeunes » en osant leur dire une fausseté historique tellement énorme que je suis surpris qu’elle n’en soit pas plus risible dans les médias – franchement, aller dire que les babyboomers seraient les premiers québécois (ou devrais-je dire canadiens-français?) à avoir donner moins à la génération suivante… il faut vraiment croire que l’histoire du Québec a commencé lors de son auguste naissance. Une naissance si éclatante qu’elle en éclipse même la génération de la Première et de la Seconde Guerre mondiale! Pour ne pas parler du reste de nos 400 ans d’histoire en terre d’Amérique uniquement.
Non seulement ils ne forment même pas la masse critique suffisante pour constituer un groupe parlementaire en bonne et due forme selon les règles pourtant bien connues de son chef, on se permet de claironner dans les journaux que la CAQ fera office d’opposition officielle avec neuf députés!
Malgré toutes ces absurdités, la CAQ n’est rien d’autre qu’une courroie de transmission affairiste qui a une vision de l’immigration, de la culture et de tout ce qui fait la grandeur du Québec qui se limite à l’instrumentalisation de tout et de tout un chacun. Une illusion de richesse qui n’est qu’un klondike de plus dans une Nation qui a pourtant besoin d’autre chose que des fadaises ou des fanfaronnades de kid kodak pour se remettre d’aplomb. Que d’une niaiserie fière de sa stupidité et qui se gonfle d’orgueil à la vue de ses propres prétentions éhontées soient perçue par un peu plus de 30% de la population, c’est dire à quel point les gens ne portent pas trop d’attention à cette fabulation de fond de chambre de commerce qui se prend pour la réincarnation du gouvernement de la Ve République sous Charles de Gaulle.
Ah, ils sont beaux les Legaulistes… Ni fédéralistes, ni souverainistes, ni de gauche, ni de droite, partout et nulle part à la fois dans les journaux. Et dire qu’on osait se plaindre de la place disproportionnée qu’occupait Amir et Françoise dans les médias avant l’arrivée de notre bellâtre sur sa jument claudiquante pour nous sauver de notre médiocrité nationaliste!
Franchement, il faut avoir du front tout le tour de la tête et bien peu de jugement pour oser faire preuve de si peu d’humilité alors que leur petite clique de lucides patentés ne font pas plus vibrer la fibre nationaliste que la glace noire n’aide à avancer sa pauvre minoune un matin noir d’hiver à moins 20 sous zéro.
Ainsi, loin d’être un contre-pouvoir efficace au service des gens, la CAQ est ce qu’elle refuse d’assumer en public: une patente à gosse qui finit presque par rendre le PLQ honnête aux yeux des Québécois qui, pourtant, s’ils ont vu neiger bien des fois sur une contrée dirigée par des individus faisant peu de cas des règles élémentaires de la décence et de la démocratie, finiront par être bien vite ébahis devant cette coquille vide qui n’accouchera de rien d’autre que le degré zéro de la suffisance.
On aura beau dire cent fois qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée… ces gens-là verront toujours dans la politique une manière comme une autre d’arriver plus vite à un but lucratif auquel, de toutes façons, ils retourneront bien vite lorsque leur chaloupe prendra l’eau.
J’y étais, moi, lorsque monsieur Legault est passé dans son patelin, près de l’endroit que j’habite, à la extrême pointe ouest de l’Ile sur laquelle je suis fier d’être né et… malheureusement, je n’ai pas été très impressionné par l’offre politique de cet ancien député élu du PQ qui semblait si pressé d’arriver à l’indépendance, il n’y a pourtant pas si longtemps de ça.
Cela dit, au moins, la CAQ, contrairement à l’ADQ ne pourra jamais se faire traiter de girouette par l’actuel premier ministre, car pour avoir l’air d’une girouette, la CAQ devrait indiquer une direction. C’est vraiment désolant pour ceux qui ont déjà investi déjà beaucoup de leur temps et de leurs argents dans cette entreprise, mais cette affaire-là n’est qu’un coup de vent, pas une tempête comme celle qu’annonçait jadis l’équipe du tonnerre de Jean Lesage.
On est loin en sivouplaît du Maître chez nous ou du Désormais de jadis avec cette niaiserie de l’économie de proprio direct proposé par François Legault et son équipée fantastique.
Anyway, avait-0n vraiment besoin d’un parti de plus pour nous écoeurer de la politique en nous promettant de relayer directement, sans même passer par le copinage du PLQ, les amis de ces aspirants au pouvoir directement dans le Salon Bleu à Québec? Non, mais, était-ce vraiment nécessaire? Je vous le demande.
Bref, je ne dis pas que l’homme est n’est pas sincère dans son intention de nous enfirouaper tous autant que nous sommes, je ne dis pas que la personne ne manque pas de valeur en tant qu’homme d’affaire prêt à faire table rase de notre fierté pour créer de la richesse dont on ne verra pas la couleur au fond de nos poches, je ne dis pas non plus qu’il n’est pas habile politicien dans sa manière de nous conter florette avec des sornettes du type Ne soyons pas naïfs… ; je dis simplement que se présenter devant la population québécoise avec si peu à offrir et autant d’arrogance dans la démarche, désolé, mais moi je trouve ça franchement honteux et culotté comme offre politique. Un peu risible, ce serait, également… s’il n’y avait pas un enjeu très important en jeu.
PS: lorsque je me suis présenté lors de la tournée, à la conférence de Ste-Anne-de-Bellevue, j’avais bien spécifié sur la fiche que l’on nous faisait remplir avant d’entrer dans la salle, que je ne désirais pas être sollicité pour des dons au parti. En tant que curieux qui croyait vraiment que l’offre nationaliste raisonnable et lucide d’un homme d’affaire de cette envergure valait la peine d’être écouté, j’avais simplement coché la case « disponible pour le travail bénévole ». Et pourtant, j’ai reçu, quoi, une demi-douzaine de courriels me demandant de contribuer en tant que « membre fondateur » pour le parti à hauteur de 50$ ou bien pour participer à un repas à 400$ le couvert pour avoir le privilège de me VOIR résumé 16 feuilles volantes sans notes… (Ce serait bien le boute, si monsieur Legault n’était pas capable de parlementer sans écritoire et sans papier lorsque tout ce qu’on a comme lignes directrices ou comme plan d’action ne tient que sur une poignée de feuilles volantes!)
NB: j’étais dans de bonnes dispositions, lorsqu’on a parlé pour la première fois de la Coalition pour l’Avenir du Québec, étant un ancien adéquiste de la première heure, mais là… face à si peu de franchise, si peu de courage et si peu de substance, je ne me sens pas très chaud à l’idée de répondre, même par sondage interposé, que je suis très, un peu ou juste intéressé par l’ensemble des propositions de ces arrivistes qui, non seulement donnent une mauvaise connotation à l’opportunisme, mais offrent aussi aux Québécois une idée bien médiocre de ce que pourrait représenter le changement, le VRAI changement bénéfique dont la Nation du Québec a besoin. L’air a besoin d’être rafraîchi à l’Assemblée nationale, pas d’être déplacé sans fondements ou sans raison valable aux quatre vents pour le plaisir de se faire des fans sur Facebook.
Note en bas de page: je critiquerais bien le fond et la substance du programme politique en le comparant à ce que nous offre déjà TOUS les partis souverainistes sans exceptions, même celui d’Aussant, qui est pourtant le seul de sa bande au parlement, mais l’Abrasif recruté par Legault et ses copains du PLC n’ont pas encore fini de nous concocter leur catalogue de promesse printemps-été 2012… Désolé. Ça viendra et, alors, on verra, comme dirait l’autre. Et à ce moment-là, on séparera le hommes des enfants. Ceux qui prennent leur ambitions démesurées pour des réalités incontournables… et ceux qui prennent des risques afin d’ajuster leur discours au désirata de la population.
+ Ajouter le vôtre Commentaires 0