26 décembre 2011 11h29 · Steve Boudrias
À propos l'article Voir Kerouac. L'écriture comme errance
Habituellement, j’écris mes brouillons sur Word 7.
Aujourd’hui, j’ai décidé de faire une expérience.
Pour VOIR si on passe aussi inaperçu au milieu de ses « amis » (sur Facebook) qu’on peut l’être au milieu de son propre blogue, c’est-à-dire au milieu d’un nowhere culturel (sur VOIR.ca, dans le grand club des blogueurs non-officiel marginaux).
C’est d’ailleurs comme ça que décrira Lord Durham notre histoire et notre culture collective, lorsqu’il essaiera de ramasser les pots cassé de John Colborne, dit lord Seaton, mieux connu sous le nom de lord Satan par ceux et celles qu’il ira enflammer lors de sa brillante carrière militaire lors de la Rébellion de 1837-1838.
Evénement dont tout le monde se souvient sans en prendre bonne note dans les marges de son propre cahier des charges appelé « cahier Canada ».
Premiers écrits militaires? Dans mes cahiers d’exercices militaires, justement intitulés cahier Canada.
Mais rien à VOIR avec ce que vous appelez « la guerre », au sens « propre ».
Non, simplement une série d’exercices de réflexions et de retournement de la pensée sur elle-même.
Gymnastique simple de l’esprit produite à deux mains.
L’une pour tenir la page lignée, l’autre pour écrire à la main, au crayon de papier, au crayon à la mine de plomb.
Comme dans soldat de plomb.
Des figurines de ce genre, j’en ai eu beaucoup étant jeune. Car c’est tout jeune enfant que je jouais à la guerre dont on parle à la radio, à la télévision, dans les journaux et un peu partout sur le ouèbe.
En vieillissant, j’ai bien réalisé que la guerre, la guerre, c’est bien beau, mais ce n’est pas une raison pour se faire mal ou même tirer un petite balle de neige innocente sur son voisin de perron.
COMME UN CONTE POUR TOUS
J’ai toujours bien aimé l’idée du conte pour tous.
Comme si les contes pour enfants réalistes que l’on produisait dans mon enfance étaient clairement faits pour éduquer à la fois les enfants ET les parents sur les choses de la Vie. Ou de la vie.
Bref, toute cette introduction pour parler de littérature comme errance.
Comme un fantôme du forum qui erre parmi la foule.
Comme une présence insaisissable.
Comme une légende que nul n’arrête ou n’interpelle en public sous sa véritable identité québécoise.
Quelqu’un qui traîne avec lui des Prochain épisode plein les poches.
Mais le livre que je commente aujourd’hui est plus important.
C’est un livre inachevé, de lire et d’écrire, mais que je considère comme un très grand essai sur Kerouac précisément pour ce côté inachevé, échevelé quelque peu.
Un peu comme l’était le bon Jack lui-même: toujours un peu dépeigné, toujours un peu paqueté. Rempli de beautés enivrantes étant jeune, rempli d’eau de vie frelaté étant vieux.
Un peu comme si Kerouac était le sablier inversé de la sagesse et du temps, conçu par F. Scott Fitzgerald, lorsque celui-ci (d)écrivait Benjamin Button.
J’ai toujours vu Kerouac comme un écrivain-phare, un écrivain de référence pour comprendre l’humanité migratoire. Pour comprendre la stupidité de l’humanité sédentaire. Qui découvre son embonpoint sans VOIR la raison pour laquelle elle prend tout ce poids en ne se déplaçant pas vraiment. Ni sur le territoire, ni dans sa tête.
Une société de surconsommation au sein de laquelle l’excès est encouragé de pareille manière: à l’excès.
TROP C’EST COMME PAS ASSEZ
Un moment donné, la croissance ininterrompue, même spirituelle, atteint ses limites.
On ne peut pas monter bien bien plus haut que sur le siège des toilettes, lorsque vient le temps de péter plus haut que son Q, comme dirait le bon vieux maire de village philosophique, la mémère des essais, j’ai nommé ce bon vieux Montaigne.
N’y voyez pas trop de filiations ou d’insinuations dans ce texte-commentaire sur un autre texte, qui n’est qu’un prétexte pour en rajouter une dernière couche.
Un peu comme on fait de la peinture.
Tu prépares bien la surface. On enlève la graisse.
Tout ce qui pourrait nuire à l’adhérence de la première couche de fond, le primer.
Et puis quoi?
Quoi encore?
Je vous croyais cultivé… Je croyais que vous pourriez continuer à partir d’ici. En revenant en arrière.
Mais non, je dois le faire pour vous autres.
On ajoute la première couche de fond: F. Scott Fitzgerald
Ensuite, on met la première véritable couche de peinture, parce que c’est bien ça que je fais en ce moment. Je ne fais pas de la littérature. Je fais de l’écriture automatique. C’est comme chauffer manuel mais avec les deux mains sur le clavier et non pas sur le volant.
Si vous voyez ce que je veux dire…
Et ça s’étire mon affaire.
Mais vous savez bien que je ne peinture pas sur un autre osti de mur blanc, en ce moment.
Je fais du grand art. De la peinture rupestre.
Je colle mes deux mains dans le terroir et je traîne ça sur un océan de pixels lumineux. Comme peut l’être le pays qui veut naître en ce moment dans nos coeurs et dans nos âmes de pionniers en attente. Comme le soleil d’hiver qui baigne nos températures personnelles pendant que le temps brûlent entre nos lèvres abreuvés d’une histoire populaire.
ICI, une autre brève pause sera nécessaire. Pour reprendre nos esprits. Parce que la peinture est un art délicat, même pratiquée au rouleau de papier de Kerouac en sa machine à écrire enchantée en moins de deux jours.
On en perd un peu ses virgules, n’est-ce pas?
Ça va un peu mal pour les fédéraleux frileux qui manquent d’air et de chaleur humaine en ce moment.
C’est ça quand on se donne un frigidaire usagé comme premier ministre…
Faut s’attendre à passer le boxing day dans le freezer.
Bon, revenons à notre peinture.
Même pas encore mis la première couche!
Celle de la toile de fond. Celle de l’histoire.
administrateur du Bas-Canada en 1837-38 et de nouveau en 1838-39, période durant laquelle il fut chargé de réprimer la rébellion des Patriotes. Il était surnommé « le vieux brûlot » au Bas-Canada pour ses pratiques guerrières sans merci.
N’en mettons pas trop, surtout. De l’histoire. Ou de la première couche de peinture de notre Histoire populaire. De notre épopée langagière.
Ça pourrait choquer ceux qui applaudissent comme des phoques perdus en Alaska quand Stephen Harper nous offre en cadeau l’année 1812 en cadeau.
Je dis bien en cadeau car cet honorable premier ministre, en voulant faire sa petite propagande anti-américaine (alors que tout en Alberta se réclame de l’Amérique culturelle), nous a cassé les oreilles avec
La Guerre anglo-américaine de 1812
Mais ça, c’est correct. Ça nous vient d’Ottawa et d’un gouvernement pour lequel on n’a même pas voté en Bloc.
C’est légitime.
Moi, je n’ai pas le droit de parler de 1837-1838 et de la révolte des patriotes (toutes langues confondues) engoncés dans le même combat.
Je comprends la logique.
Ça vient de haut jusqu’en bas. C’est de l’histoire avec un grand H.
Ça pars du Bas-Canada pour s’en aller vers le Haut-Canada, c’est de l’Histoire avec une grande H. Une arnaque. Un jeu de dupes orchestré par des méchants séparatisses.
Euh, en ressortant la guerre anglo-américaine de 1812, en pleine négociation pétrolière avec les États-Unis pour y faire traverser un pipeline extra-large, je ne vois pas en quoi c’est de la haute diplomatie.
Mais, ça doit juste être moi qui pense de même, pas vrai?
Moi, je fais partie du bouclier canadien.
Moi, je suis juste un crisse de French pea soup qui comprend rien aux grandes manoeuvres d’Ottawa, tsé.
Comment, peut-on, expliquez-moi, passer d’une propagande canadienne inspirant l’antiaméricanisme à un accord de renforcement des protections nord-américaine entre Stephen et Barack, dernièrement?
Il ne serait pas en train de virer libéral Jean Chrétien, notre bon vieux protestant d’Harper?
C’était la technique de Jean Chrétien de dire une chose et de faire son contraire durant ses 13 longues et très longues années de règne, non?
Bon, c’est vrai que ti-Jean se battait pour la très Sainte unité canadienne. Presque aussi précieux que la Sainte-Flanelle, cette affaire-là.
Mais passons. Jean Chrétien était passé maître (en bon avocat) dans l’art d’avoir l’air brillant en anglais ou devant les chambres de commerce et idiot en français, sa langue natale.
Bizarre, non?
C’était pourtant sa langue natale.
Mais pour faire « près du peuple », pour faire populaire pour ne pas dire populiste, quoi de mieux qu’un bon lapsus, une belle erreur de langage qui fera rire les bons et les méchants nationalistes du Québec?
Les bons, évidemment, prêchant un nationalisme canadien, ROCheuses non-comprises.
Les méchants étant, bien entendu, les apôtres de l’évesque avec son drapeau pas pareil aux armoiries des voisins provinciaux trempé dans la race canadienne-française du noblet.
Le nationalisme, c’est pas beau. Ça goûte méchant quand ça goûte le sirop de poteau d’Hydro-Québec. C’est connu.
Pas vrai, ti-poil, qu’ils sont écoeurés par ta nationalisation financée aux États-Unis que t’admirait tant dans leur belle Constitution 1776-1779?
Anyway, comme dirait l’autre qui écrit avec sa petite musique Célinienne.
Moi, je t’écris avec un clavier semi-automatique.
Ça tue le temps. Ça tue personne, ça.
C’est comme la guitare de l’inspiration de Bob Dylan dans les années folkloriques américaines: this machine kills fascists, en parlant de sa guitare en auto-collant.
LE FASCISME FOLKLORIQUE
Non, je vais éviter le point Godwin ICI en comparant Stephen Harper à un dictateur Nord-Coréen.
Non, non. C’est gentil.
C’est permis. Sauve-toi pas petit canadien-français fatigué ben raide.
C’est permis, tu savais. On est encore en démocratie, tsé.
Et si on n’a pas l’air de le savoir ou de s’en rappeler en français dans notre quotidien, tsé, ben on s’en rappelle dans le Globe & Mail.
Ben oui, figure-toi donc qu’une belle femme anglophone a comparé Harper à ti-Kim Jong Hill, le Elvis gratton sadique de la Corée du Nord. Lui pis ces belles lunettes.
Ben oui, toé, Harper comparé à un dictateur jusqu’à la conclusion de la lettre ouverte: en fait, Harper est pire qu’un dictateur, c’est un pas correct de populiste.
Vous pouvez remplacer pas correct par l’insulte de votre choix.
C’est encore permis, vous savez. Suffit de s’excuser ensuite à la Chambre des Communes, comme le courageux fils de Trudeau.
Moi, même à l’extérieur des Communes, in broad day light, je ne m’excuse toujours pas pour ce que j’ai rédigé sur son compte dans un passé récent.
Pourquoi je le ferais?
C’est-ty pas assez magique, ça?
Pouvoir français, ça fait fasciste solide. C’est dérivé de l’Allemagne nazie pour les faux-surpris de McGill.
Mais French Power, ça, ça fait mai 1968. Trois colombes pour la paix, etc.
Bon, ça va faire mesure de guerre un moment donné mais, tsé, il faut ce qu’il faut.
Il y avait insurrection appréhendée.
Aujourd’hui, il y a tout un peuple qui dort au gaz de schiste perdu avec ses skis de fond dans le Plan Nord.
Dans mon coin, on appelait ça autrement un plan de Q qui avait l’air d’un attrape-touristes mais j’ai pas envie de passer pour raciste durant une seul ligne de discours.
Soyons prudents. Lysianne Gagnon est peut-être à l’écoute.
Mais moi, j’ai mis deux condoms avant de t’écrire, mon patriote du Boxing Day.
Je mélange à la fois le français à l’anglais savamment, comme un bon caniche qui a appris sa leçon de berger allemand.
Quoi?
Tu me dis pas?
Tu ne t’en rappelles pas de l’article de la belle Lysianne de la Presse sur Bourgault?
Ben je te raconte ça ben vite.
Bourgault laisse entrer la dame chez lui.
Bourgault a toujours eu les cheveux blancs, étant albinos de profession, mais il était vraiment vieux, tsé.
Faque quand t’es vieux pis ben amoureux comme Bourgault l’a toujours été de la gloriole publique, ben, tu te laisses interviewer.
Pis tu te fais enfirouaper solide.
À partir d’une simple image, d’un homme simple, d’un simple soldat de l’indépendance du Québec, la grande chroniqueuse va te faire le portrait d’un homme proche des nazis… tout ça pour un berger allemand que caressait le pauvre et vieil homme.
Parce que Bourgault n’a jamais été populaire (et non populiste) pour gagner un salaire faramineux de ministre.
Non, il a mangé son pain noir en écrivant, en parlant pis en parlant pis en écrivant encore pis en parlant encore, tu vois le topo, j’espère?
C’est comme ça qu’il faut être prudent au Québec quand tu penses droit avec une bouche croche. Quand ce qui sort de ta bouche n’est pas dans le bon registre du bon nationalisme de circonstance.
Celui qui te fait bien paraître dans les salons.
Cachez ce saint martyr canadien que je ne saurais VOIR clairement?
Même pas.
Je ne voue un culte à personne, même pas à Robert Bourassa… même si on me fatiguait quand j’étais jeune à m’appeler de son nom.
Parce que j’avais son profil, ses ostis de lunettes et le sens de la formule et de l’histoire dès le secondaire.
Ouf!
Deuxième couche.
La mienne, la couche culturelle.
Étendue en moins de quatre décennie sur le Québec.
Du mur à mur, toé, Chose, étendue au rouleau tabarnak, y’en avait de la mine dans le crayon dans ce temps-là, quand je suis né et juste avant les années 1970!
Un chef-d’oeuvre attendait pas l’autre.
Un simple soldat avait des Belles-Soeurs.
Les fées avaient soif de la Broue.
Et tout le Québec était un Beau Dommage dans l’Expo 67 de Jean Drapeau, qui prenait Montréal pour la capitale nationale du Québec ou le centre du monde.
Et il ne prenait pas de drogues ou d’alcool, le bon Jean. Non, ça faisait partie de la ligue de tempérance des chevaliers de colombuspisdemétro, ce bonhomme de neige-là!
Et que je te creuse un métro et que je te fais une sacrament d’île Sainte avec ça.
Et que je te reproduis terre des hommes là-dessus après avoir fait la réplique miniature de St-Pierre de Rome, mon grand, en pleine Noirceur pas une ostie de cenne dains poches, comme dirait Jean Narrache!
Pis après Laferrière qui vient dire qu’on a besoin de sortir du Québec pour s’aider soi-même?
Crisse, on a envoyé un clown pas d’animaux sur la lune, une femme issu d’une famille de 12-13 ou de 14 enfants, je sais pus trop je lis pas trop Écho-Crevettes dans mes temps libres, à Las Vegas battre les records d’Elvis the pelvis lui-même.
Le gars le plus costaud qui ne fête pas NoWell au Québec pour cause de blessure et qui fait partie de mes amis Facebook, c’est pas GSP?
Non, pas PJC, crisse de malade, Georges St-Pierre.
Moi tu peux m’appeler JSB, genre Joseph Steve Boudrias.
Enchanté. On continue à peinturer le pays vaincu du Québec?
Ou t’es trop fatigué, petit crisse de colonisé de la cervelle?
Non, t’aime pas ça te faire insulté par un no name.
Je comprends.
J’étais comme ça aussi, quand j’étais dans le ventre de ma mère alcoolique au coton.
‘Était au coton tout le temps la femme qui m’a mis au monde.
‘Était brûlé ben raide par l’alcool en vente libre, ma mère naturelle.
A ben fallu, comme elle était fatiguée comme le Québec le serait, paraît-il, faque a m’a remis à ma deuxième mère, une mère surnaturelle.
Ben oui, un osti de bâtard d’enfant de chienne comme moé, ça prend deux mère et une dizaine de pères pour faire ça.
Des gars comme moé, y’en a pas un autre pareil.
Y’ont pété le moule dans l’Olympe de chez César et ses Romains parce qu’il se disait c’est ben assez d’un Centaure de même pour libérer un peuple en sommeil.
Moi, je dis dans le coma, mais y paraît que le Québec dort au gaz seulement…
Tu choisis la version qui te convient, je commence à avoir mal dans le dos à force d’écrire à du monde qui comprenne juste les insultes en français de basse extraction.
Quand ça vient de haut, c’est bon.
Haut-Canada, au sud du Bas-Canada, c’est bon. C’est logique. C’est une logique de colonisation dans ta tête.
Dans ta tête, on te dit que le haut c’est le bas et que le bas c’est le haut.
Que la queue remue le chien et non l’inverse et toé tu dis amen.
Comme dans minuit Chrétien, peuple à genoux pis toute ces affaires-là.
En bon Chrétien, tu votes pour des mitaines parce que tu sais pu comment faire pour te cracher dans les mains et prendre le taureau par les cornes en hiver.
Fais trop frette pour toé, ti-brin.
T’as le cerveau lent pis tu détestes mon antigel, certain!
Tu te bougeras pas le Q. Comme en Russie, comme en Libye, comme partout ailleurs, osti.
Nooooon, toé tu vas te révolutionner tranquille.
Quiet. Stay calm.
Speak White.
Excuse-toé toujours de vivre, même en franglais.
En ti-nègre.
Farme ta yeule, ouvre Victor Hugo dans la pléiade pis pique une tête dans une autre culture que ta culture spontanée, que la tienne de culture née d’un seul coup en un demi-siècle!
Man, je t’écris rien que d’une drope, comme on dit quand tu travailles sur les skids dans une sacrament de shop de marde qui imprime des calendriers des Expos, qui coupe des manuels d’instruction de bébell Canada et autres babioles qui s’en vont à Hong Kong redessinée la carte du monde dans les grands clubs privés dans lesquels tu n’as pas voix au chapitre.
C’est par-dessus ta tête que ça se décide.
C’est pour ça que tu vas pus botter, moé je le sais.
Je veux dire voter, aux élections municipales-provinciales-fédérales.
TROISIÈME COUCHE, TROISIÈME VAGUE
Bon, t’es content, je suis fatigué moé aussi.
Non, c’est une joke.
J’ai fait des sacrament de sondages pendant cinq ans coast to coast, penses-tu vraiment que je ne le connais pas le Canada et le désir de te mettre dans les fesses avec ton consentement?
Ben oui, faque je débande pas pis j’en rajoute une autre osti de couche.
La tienne.
Ben oui, il faut en plus que je tienne ton pinceau et que je fasse la job à ta place, calvaire!
T’es trop fatigué pour briser tes chaînes de télévision pis de radio.
T’as une occasion en or comme une femme en or de te sortir de ta marde en passant par la filière internet et toi tu fais quoi?
Tu attends le messie, câlice.
La dernière trace de ton évangélisation, de ton lavage de cerveau made in Rome antique.
T’attends.
Ché pas trop quoi.
Mais t’attends.
T’attends la lumière rouge et pis la lumière varte.
T’attends pus rien que ta minoune parte.
Ton pays, ta patrie, ton voisin ton ennemi.
Bravo. Desjardins, mouvement coopératif ou mouvement populaire.
Tu sais même pas faire la différence entre Alphonse et Richard.
Entre hier et demain.
Entre ton cul pis ta tête.
Même si on te donnait un GPS pis un Jeep Cherokee, t’arriverait à te perdre et à ne pas trouver ton propre Québec avec tes deux mains… même avec mon aide ou celle de Wikipédia.
Faut le faire.
Ou le défaire solide son tissu social pour être dérapailler de même.
Cherche pas dérapailler dans le dictionnaire, ti-gars, y’est pas là, le mot qui te convient pour te décrire convenablement.
T’es le genre de gars qui sommeille, t’es fatigué de vivre à force de suicide et de décrochage y paraît… Mais c’est pus vrai, ça.
Ça change le monde, tsé.
Je le sais. Je te croise tous les jours, tsé.
Dans le métro, dans l’autobus, à la librairie.
Tu travailles fort.
Tu lâches pas.
T’en lèves de la fonte, toi aussi, pas vrai?
Toi aussi tu chantes comme Lapointe, l’éveil de la patrie que j’entends aujourd’hui…
Terre natale, souris car demain, ton enfant revieeeeeeent.
Ça a pas tourné suffisamment à la radio pour que tu t’en souviennes même sans italiques, sans guillemets pis toute.
Tu me connais, chuis pas fort sur le trade mark, sur le droit d’auteur ou le droit d’hauteur, c’est selon, je suis plutôt dans le bizness du common creative, dans l’open source et l’open mind, dans la licence ouverte et la licence poétique.
J’écris dans toutes les langues qui me connaissent et qui me lèchent les oreilles, comme le petit chien que j’aime tant.
Je l’ai pris petit mon chien, pourtant.
Et pourtant, comme dirait Aznavour, comme il ne se laisse intimider par personne.
Il a toujours le parc à chiens pour lui tout seul, le petit futé frisé.
Tout le monde le trouve toujours ben cute.
Mais moi je le sais son mauvais caractère de chien sale parce que lui, il sort dehors, il reste pas au salon.
Bon, on le lave de temps en temps pour qu’il reste présentable pour tout le monde.
La famille, le magasin, le changeur, la police, le boulanger, la ou le chauffeur de taxi, la fille qui vend des belles affaires au centre d’achats, etc.
Si j’ai appris une affaire dans la vie en lisant en même temps Généalogie de la morale, c’est que le monde ordinaire aime les gens extraordinaires qui sont propres.
Si tu te laves et que tu t’étires sur quatre épingles à nourrice, tout le monde t’écoutes crisse.
Si tu restes impropre dans ton joual, si tu descend jamais de ton cheval blanc de Napoléon. Le monde te trouve pas intéressant.
Ils se disent: « C’est don’ dommage qu’il écrive pas sans faire de fautes. On pourrait le présenter à untel pis à un autre. Mais non, il est rebelle même dans son approche. Il jappe, il tourne sur lui-même, il fait le beau en étant encore tout sale des ruelles qu’il a traversé avec les matous mal léchés qu’il a connu sur les bancs d’écoliers sur lesquels il a accumulé les notes de passage haut la main, en détestant chaque seconde passée à l’école comme d’autres de ses chums détestent chaque seconde de leur vie en prison. »
Moi aussi, je peux t’en raconter, le vieux, des histoires de sucre à la crème qui font braîller les petites mères sages, avec leurs deux enfants et leur mari à charge.
Mais moi, j’ai un parrain qui descend le fleuve et qui vient me porter du beurre d’érable au caramel et je pense à la première fois que je t’ai écris avec ma sacrament de machine à écrire des années tranquilles, une touche enfoncée après l’autre, et que tu m’avais cité sans mettre mon nom.
Ça m’avait insulté.
Je te rends la monnaie de ta pièce aujourd’hui vieux con.
Tu vois, je t’embrasse pas, je te fais pas de bisous non plus, je t’écris pas de poème et j’en ai rien à foutre de ton cancer du colon ou de la vie qui déraille ou de toutes ces bagatelles pour un massacre que t’as lu ou vu étant jeune et qui te colle la chienne au cul à chaque fois que le monde se fâche au Québec.
La seule chose qui me fait t’aimer encore Foglia, c’est le fait que tu as déjà mangé avec Falardeau à la table d’à-côté, sur les ondes de la SRC.
Ce jour là, je me suis dis, ok, on va parler de Gandhi, ça va me calmer.
Pis je me suis rendu compte que Gandhi lui-même battait sa femme et traitait les noirs de l’apartheid comme de la merde impériale avant de crisser l’empire du Royaume-Uni-Uni par terre à coup de boycott.
Je me suis souvenu de Churchill, l’idole d’un peuple qui n’est pas le sien, dire de Gandhi qu’il était un fakir à demi-nu et que la royauté elle-même lui a dit, Winston, prend ton trou parce que tu déconnes solide.
Les adultes négocie la partition.
Le grand royaume des Indes sera séparé en trois parties inégales.
Une pour les musulmans, le Pakistan, une pour les monde qui va crever de faim dans la dèche, le Bangladesh, et une autre pour Gandhi, qui va se faire tuer pour avoir rendu service à la nation et déplu souverainement à tous les rois-nègres de la place qui se faisait encore appeler Maha-Raja (grand roi) au milieu du XXe siècle, au sortir de la guerre.
Quand on veut on peut?
Le Royaume-Uniforme-Militaire n’est pas si puissant que ça?
Pas certain.
Pas certain du tout, moi.
Disons que je regarde l’Europe sombrer dans la décote et la merde et je me dis, l’Angleterre souffre comme la Grèce, comme les États-Unis ont souffert, comment ça se fait qu’on ne souffre pas encore au Canada-Uniforme-militaire?
C’est là que mon indépendance et mon air fringuant de sécession s’arrête…
La suite au prochain épisode…