14 juillet 2010 8h10 · Steve Boudrias
Le sujet est ennuyant, ses origines sont risiblement tsaristes (ou bizarrement "élitistes") et ses perspectives d'avenir peu enthousiasmantes.
De qui parle-t-on ICI ? Eh oui, de l'homme qui apparaissait dans le paysage politique avec "l'effet Ignatieff" comme slogan médiatique au Québec. Effet boomerang ? Effet papillon ? Effet quoi au juste l'effet Ignatieff même pas deux ans plus tard ?
Selon une très bonne chronique de Paul Wells dans le Macleans, cette illusion de changement a la tête du PLC et ce leadership indéchiffrable* aux yeux des profanes permet l'existence d'une coalition officieuse entre le PCC et le PLC a la Chambre des Communes.
Dernier exemple en date ? Le passage du bill C-9 omnibus du PCC modifiant les règles du jeu dans le domaine de la poste outre-mer, l'environnement, la vente d'énergie nucléaire Canada et plusieurs autres babioles du genre. Le tout savamment inclut dans le corpus du dernier budget fédéral de Stephen Harper. Le PLC, grâce a une manoeuvre d'abstention classique a laissé passer le bill tranquille a la dernière lecture en chambre basse et la chambre haute (grâce a des sénateurs libéraux en "voyage" ou en "vacance") ont perdus le vote a la chambre haute 48 contre 44. Jack Layton, luttant toujours contre le cancer, a presque failli avoir une crise cardiaque en plus lorsque le machin a été présenté a la Chambre des Communes. Celui-ci blâmait d'ailleurs Ignatieff de manquer de couilles en laissant passer le budget tel quel par crainte de provoquer une élection en relation avec son "opposition officielle" au projet de loiS. "La coalition si nécessaire… Mais pas nécessairement de coalition", telle était la chanson face au trio inattendu formé a l'époque loufoque de Stéphane Dion.
En regard de ce qui se passe (ou ne se passe pas au parlement), on est en droit de se demander dans quelle direction se dirige Ignatieff et a qui ou a quoi cette "opposition officielle" libérale s'oppose exactement. Et on est en droit de se demander si le pays est sous la gouverne d'un gouvernement non-officiel du nom de parti conservateur-libéral…
* un décodeur sera prochainement sur le marché mais ne vous precipitez pas trop vite chez votre fournisseur d'applications mobiles, svp…
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Ce qui m'amène au principal angle d'attaque du Bloc Québécois: PCC, PLC, du pareil au même. Certains observateurs politiques prétendaient (et prétendent sûrement toujours) que cette affirmation du parti dirigé par le "most knowledgeable leader" a la Chambre des Communes frisait l'amalgame ou la déclaration mensongère.
Mais, entre nous, ou se trouve le mensonge dans les circonstances actuelles lorsque la plupart des canadiens du centre du spectrum politique migre vers la droite du PCC parce qu'ils ne voient pas ou plus de réelles différences entre les deux partis pancandiens les plus puissants au Canada ?
Bref, c'est facile de condamner le travail de sape ou d'obstruction systématique du BQ. Il faudrait plutôt avouer qu'il est plutôt difficile et très peu motivant ou crédible de chercher les derniers éléments progressistes de la plate-forme du PLC en ce moment. Diriger le Canada sans le Québec, est-ce possible ? En fait, c'est déjà le cas aujourd'hui et la prochaine élection fédérale ne sera qu'une officialisation de cet état de fait lorsque celle-ci aura lieu. Tout juste a temps pour essayer le nouvel outil de propagande du parti conservateur fourni par Quebecor: Sun News TV.