13 juillet 2010 13h00 · Steve Boudrias
http://cyberpresse.mobi/?rs=1&tl=540827
«Je ne partage pas sa vision politique, mais je défends son droit de manifester, lance-t-il. En démocratie, on ne devrait pas attaquer ce droit, on devrait le célébrer. On a perdu tout sens de la mesure quand on criminalise la dissidence.»
- Amir Khadir, juillet 2010, cyberpresse mobile
J'ai personnellement rencontré Singh au Cégep du Vieux, posé une petite question a Falardeau "live" lors d'une réunion convoquée au cours des "décrocheurs d'étoiles" et je suis passé a coté de Chartrand a Jonquiere – pour dire les choses poliment.
Des trois, Falardeau etait le plus honnête et le plus "charmant". Et je dis cela après avoir milité bénévolement pour le PLC et avoir vu de l'intérieur les "coulisses du pouvoir" a la "glorieuse époque" de Chrétien, Pettigrew, Dion, Gagliano et cie. C'est Falardeau et sa manie de s'adresser au "ptit cul de l'Est" qui m'a donné le goût de VOIR de mes yeux le spectacle "gratonnien" ou "grattonnesque" du pouvoir politique fédéral canadien. Et j'irais plus loin encore que lui car Elvis Gratton reste un personnage sympathique après le visionnement tandis que le véritable portrait d'ensemble est encore plus risible et décourageant.
Pour ce qui est de Singh, c'est un individu intelligent, un peu trop "anglais" a mon goût et pas assez indien. Mais ce n'est pas très grave, j'ai vu des photos de Ghandi alors qu'il étudiait en droit a Londres et il avait aussi l'air très brittish.
Don't get me wrong, here.
Je ne prétends pas que Singh se prend pour un mahatma mais je crois sincèrement que c'est un homme intelligent et très bon organisateur qui a le drôle de mérite de faire la démonstration suivante: il est en train de montrer au monde qu'il n'avait PAS autant raison à l'époque oû je l'ai croisé d'avoir autant de méfiance envers les journalistes ou le pouvoir médiatique.
D'ailleurs, lorsque je me suis présenté à lui comme "journaliste improvisé" travaillant pour une radio communautaire, son visage n'affichait pas exactement la plus grande des joies et encore moins la confiance.
A cette "lointaine époque" ou je prenais plaisir a travailler bénévolement afin de suivre ma ligne de pensée de A jusqu'à Z, la conférence à laquelle j'ai assisté ET participé portait sur les événements de Québec et un groupe de jeunes étudiants qui s'étaient faits "buster" par la police. SCRS, GRC, SQ, name it. Maybe all of them for ounce. Who cares ?
Anyway, tout cela pour dire que Singh fut un grand révélateur des problèmes graves affectant notre démocratie libérale d'alors et il demeure un indicateur précis de la continuité conservatrice d'aujourd'hui. De Chrétien, le "soft dictator" a Harper, le bon père de famille pianiste et chanteur et amateur des Beatles, il y a une tendance. Une tendance lourde de conséquences pour la démocratie.
Si je ne m'abuse, je crois que Singh, tout comme Chartrand dans une certaine mesure, considère le jeu démocratique des pays les plus industrialisés ou les plus industrieux comme étant "pipé d'avance". Et tout comme Chartrand, il s'agit quand même d'un homme ayant une ouverture d'esprit pour la dissidence de toutes les origines, dans toutes les langues.
Cela dit, je ne crois pas qu'il ait tout a fait tort ou raison. Disons simplement que Khadir a eu raison et même le privilège, devrais-je dire, de "libérer" un homme qui n'en a pas vraiment besoin. En bon prince, Khadir démontre que le pouvoir médiatique et politique conjugué ensemble au même mode et au même temps, le présent indicatif, peuvent sortir un homme de prison.
Singh, lui, démontre a quelle vitesse et a quel rythme une population entière peut baisser les bras face a un pouvoir politique qui rempli les bras de ces citoyens de cadeaux afin que ceux-ci ne puissent plus y ranger près de leur coeur certains de leurs droits les plus fondamentaux.
Autrement dit, le Canada démocratique est sur le point de faire son dernier chant du Singh si on ne se réveille pas bientôt.