26 février 2009 13h57 · Steve Boudrias
À propos l'article Voir Encerclement - La démocratie dans les rets du néolibéralisme (L')
Toute la pertinence de films de ce types (The Corporation, Manufacturing Consent, La Moitié Gauche du Frigo, etc.) tient dans cette phrase :
L'avéré économique est présenté comme une science pure, alors qu'il s'agit d'une science humaine plus proche des sciences politiques ou de la sociologie.
Et c'est parce que l'économie actuelle, dépouillée de son nemesis précédent représenté par le "communisme mécanique" n'ayant jamais choisi le virage ou le visage humain que le printemps de Prague voulait lui donner, ne peut réussir à s'appuyer sur autre chose que sa propre "logique" que nous n'arrivons plus à discerné le Vrai du Faux dans le débat qui s'installe face à la Crise qui nous frappe.
D'ailleurs, il est très intéressant de noter que sans la crise boursière actuelle et les nombreuses faillites ou escroqueries financières récentes ayant provoqués la grogne de tout un éventail de citoyens, aurions-nous simplement l'amorce de réflexion que nous propose ce film à nous mettre devant les yeux afin que nous les ayons enfin en face des trous.
Ainsi, comment se fait-il qu'un événement majeur comme la chute du mur de Berlin en 1989, accompagnée des premiers soubresauts démocratiques de la République populaire de Chine – perçue encore aujourd'hui comme "communiste" alors que l'on devrait plutôt parler de régime autoritaire ou de dictature marchande -, comment se fait-il, dis-je, que l'Empire Soviétique – qui a piétiné le concept des "soviets" et démembré la paysannerie russe et celle de l'Europe de l'Est au profit d'une industrialisation de chocs essayant à la fois de rattraper stupidement le temps perdu sur le reste des pays de l'Europe de l'Ouest et ceux de l'Amérique tout en voulant maladroitement instaurer les prémisses indéniables du "matérialisme historique" telles que conçues par Engels et Marx dans leur fameux manifeste de la fin du XIXe siècle.
L'IMPASSE PHILOSOPHIQUE ET LA PENSÉE UNIQUE
Mais au-delà d'un débat Droite/Gauche qu'il est très difficile de mettre en scène sur la place publique à travers le débat politique, à cause notamment de l'indifférenciation quasiment permanente du discours d'opposition et de gouvernement, force est de constater que l'intelligentsia mondiale ou les élites de la fin du XXe siècle n'étaient pas prêtes à une remise en question de leur propre régime politique et économique au sein des pays post-industrialisés et démocratiques. Et ce, en plus d'être "distrait" spectaculairement au début de leurs réflexions depuis les événements du 11 septembre 2001.
En effet, à mesure que la poussière retombe sur les attentats et que la logique de guerre au terrorisme prend une forme de moins en moins antagoniste dans le monde, à force de se globalisée et de débouchée la plupart du temps sur des initiatives diplomatiques plus ou moins apparentes dans l'actualité américaine, nous commençons collectivement à émerger à nouveau de la logique d'opposition Gauche/Droite ayant imprégnée la Guerre Froide.
Ainsi, les flux migratoires tout comme la circulation des biens et services ainsi que les flux et reflux monétaires sont remis en question à nouveau tant part la Gauche que par la Droite renaissante ou extrême. Les syndicats commencent à se rendre compte qu'un retour aux sources de leur émergence dans la société des années 1960-1970 revient rapidement à la surface dans leurs réunions générales afins de comprendre le recul constant de leur vision de la société dans laquelle ils se sont taillés une place en oubliant tout un pan de leur discours d'émancipation général.
Mais ce qui est le plus inquiétant, c'est que le libéralisme en chute libre que l'on voit en ce moment perdre de plus en plus sa crédibilité en ce moment, risque d'entraîner aussi dans sa descente aux enfers – si les différentes interventions "providentielles" d'un État remis sévèrement en question par ceux-là même qui, juste hier, ne voulait donner aux élus qu'une place marginale dans l'édification du néolibéralisme triomphant – , cette dégringolade, dis-je commence de plus en plus à entraîner également au sein de la population mal informée, sous-informée ou désinformée savament une idée reçue selon laquelle la Liberté elle-même est remise en question.
Par exemple, les Droits individuels, les Libertés fondamentales garanties par la plupart des Constitutions nationales – sans parler de l'incurie des organismes multinationaux comme l'Europe Unie ou les Nations Unies – se voient constamment bradées ou ébranlées par un troc électoral inadmissible mais tout de même réalisé lentement : chaque fois qu'un gouvernement cherche à être élu, celui-ci promet l'ordre et la sécurité économique en échange d'une abdication plus ou moins consciente d'un droit de regard ou d'auto-défense citoyenne qui donne froid dans le dos et ressemble à s'y méprendre à un "coup d'État au ralenti" de la classe dominante (la classe politique devenue le valet de l'élite capitaliste dont les intérêts transgressent les limites frontalières en plus de passer outre des législations nationales obsolètes).
LA DICTATURE DE L'ACTUALITÉ OU LA POLITIQUE DU COURT TERME
Bref, l'information continue de débouler en masse. La dictature de l'Acutalité transforme des phénomènes économiques en phénomène météorologiques à défaut d'identifier clairement des coupables ET des responsables des dégâts répertoriés ou comptabilisés afin de préserver une certaine apparence de justice SOCIALE ou SOCIÉTALE afin de calmer le jeu démocratique.
Ce qui est pernicieux dans cette fuite en avant où l'argent des contribuables est disséminé quasiment aux quatre vents par une classe politique qui n'est pas en mesure de mesurer son action ou d'en déterminer la portée notable, c'est que toute cette opération de sauvetage – présentée sans souci de démonstrations pratiques et pédagogiques – finit par être récupéré par les éléments de la Droite la plus extrémiste afin d'alimenter un discours d'exclusion, de remise en question de la démocratie et, surtout, un renversement des valeurs acquises de longue lutte au cours des décennies précédentes à force de sophisme et de démagogisme appliqué à toutes les sauces médiatiques.
Enfin, la vigiliance est de plus en plus de mise et, plus que jamais, l'esprit critique doit être présent dans notre perception des bouleversements en cours afin de ne pas rejeter une idéologie floue avec un système qui, bien que imparfait, ne mérite pas une révolution sauvage mais une réforme radicale qui puisse extraire à la racine les problèmes de notre temps.
Comme le dit l'adage, time is money, le coût de la Vie vient de changer de système de valeurs et l'heure de rendre des comptes à sonner.
Saurons-nous naviguer à travers l'éblouissement d'un sauvetage temporaire qui pourrait simplement nous faire reculer pour mieux sauter dans le vide d'une compréhension purement virtuelle de la réalité ?
Ou bien saurons nous RÉELLEMENT comprendre la virtualité des mouvements monétaires et humanitaires afin de résorber virtuellement de manière législative une situation d'injustice planétaire qui a par trop perdurée ?
Je demeure pessimiste face à cette question puisque si l'on remet en question l'économie de marché, l'on empêche pas encore concrètement ce marché de marcher sur le Tiers-Monde afin d'atteindre ses objectifs trimestrielles de rendement à court terme…
112 ??!!
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