LA COUPURE ABSURDE DE LA SEMAINE

25 février 2009 12h39 · Steve Boudrias

Décision administrative complètement loufoque annoncée par :

http://ruefrontenac.com/affaires/40-entreprises/1183-medias

 

Transcontinental: le Courrier Laval perd la moitié de ses journalistes  
Affaires – Entreprises
Écrit par Vincent Larouche   
Lundi, 23 Février 2009 18:03

Dans la foulée des 1500 supressions de postes chez Transcontinental, le bihebdomadaire Courrier Laval perd la moitié de ses journalistes et se retrouve avec seulement deux reporters pour couvrir l’ensemble du territoire lavallois.

 

Ainsi, au lieu de prendre la mesure de la crise financière en cours, Transcontinental prend peur face à un syndicalisme un peu plus actif au sein de son entreprise et tranche dans le vif du sujet localement. 

Résultat ? Laval se retrouve avec DEUX journalistes seulement pour couvrir tout le territoire de LAVAL !

Déjà que le bi-hebdomadaire n'avait pas de concurrent sur le territoire pour lui "voler" ses revenus publicitaires, voilà-t-y pas que l'on adopte la logique administrative la plus absurde : réduire la qualité du contenu, la variété des points de vues exprimés dans le médium en plus de surcharger les employés restants !

Tabar… 

Qu'esssé ça ?!

Hypothèses 1 : le Journal de Montréal et sa philosophie de videur de bar fait des petits dans un empire de "papier commercial" agrémenté de micro-nouvelle locale qui, malgré le fait qu'elle n'applique pas la convergence mais l'intégration verticale, se lance dans une opération d'épuration rédactionnelle qui rappelle à tout le monde que la plupart des médias de proximité ne servent à rien.  Sinon flatter l'égo de quelques commerçants ou décideurs municipaux en manque de photo OP et de liens directs avec le troisième âge de leur circonscription.

Hypothèses 2 : Transcontinental vient d'inventer les ligues mineures du journalisme. Mieux que ça, on cherche à donner l'impression à un journaliste local qu'il a un McJob (un emploi peu qualifié, mal payé, sans prestige et sans perspective d'avenir).

Hypothèse 3 : On a oublié d'appliquer la rationalisation dans le nombre de tirages.  Probablement parce que les journaux de proximité déguisés en circulaire, ça ne peut pas attendre autant pour vendre des électros en spécial, des voitures en surplus d'inventaire ou des maisons trop chères pour le marché qui se contracte.

Hypothèse 4 : l'entreprise ne prend même pas le temps de prendre le virage virtuel en tentant de modifier les habitudes de lecture de son lectorat et prend le même virage que ses semblables du niveau national ou quotidien et décide d'adopter la même approche administrative quand même !  Encore une fois, bonjour les dégâts pour la qualité des articles dans le bi-hebdomadaire dans quelques semaines.

Hypothèse 5 : les hebdos de proximité ne fonctionnent pas dans les secteurs les plus urbanisés de la province de Québec.  Pour faire vivre un journal local bi-hebdomadaire avec suffisament de personnel à la rédaction (par exemple au Première Édition ou chez l'Étoile de Vaudreuil-Soulanges), il faut une culture de "village" ou de "seigneurie" qui soit perceptible sur le terrain lui-même.

 

Enfin, peu importe.

Tout ce que je constate en tant que lecteur et adepte de ce type de journaux (lorsque le nombre de journalistes dépassent le nombre de préposé au marketing), c'est que les commerces multinationaux prennent de plus en plus la forme de magasin général (comme Wallmart) alors que les grosses entreprises de publication, de distribution et de rédaction de contenu local à grande échelle ne prennent curieusement pas le même virage "local".

Comme si le big picture ou le bottom line de leur balance sheet les empêchait de VOIR les opportunités de développement économiques ET d'implantation dans les milieux où ils règnent déjà en maître étant donné l'absence de concurrence dans le domaine.

Ce qui m'apparaît ridicule et insensé tant au niveau de l'implantation de la marque que du point de vue de l'image sociétale très positive qu'une compagnie comme Transcontinental pourrait retiré d'une opération d'investissement et de séduction des localités déjà occupées allant dans le sens inverse de leur plan d'affaires actuel.

Bref, je ne comprends pas comment on peut détruire comme ça un cheval de bataille marketing aussi bien implanté dans des zones si sensibles sans se rendre compte des pertes potentielles à long terme.

Sans compter le fait qu'un joueur plus indépendant et plus brillant pourrait venir jouer dans "leurs" marché domestique et captif afin de ruiner totalement des années d'efforts au service de ces populations locales.

Une autre décision qui ne va pas dans le sens de l'information, du public ayant accès à celle-ci et des intérêts commerciaux à long terme de la multinationale en question.

pour plus de fun noir, consulté l'Angle mort :

http://www.voir.ca/blogs/steveproulx/archive/2009/02/27/transcontinental-va-mal.aspx

ou le toujours très pertinent Fagstein qui en rajoute sur le volet électronique de la crise médiatique :

http://blog.fagstein.com/2009/02/26/chum-radio-cuts-jobs-team-990-affected/

http://blog.fagstein.com/2009/02/25/ctv-to-shut-down-two-stations/

 

Les temps sont durs pour les médias traditionnels, moi je dis..

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    anonymous 1 mars 2009 · 17h59

    Pingback depuis Fagstein » Courrier Laval loses half its reporting staff

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Steve Boudrias

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