POSONS LE PROBLÈME À L’ENVERS, SVP…

22 janvier 2009 18h39 · Steve Boudrias

À l'heure actuelle, les guerre de religions, les guerres pour LA religion ou les guerres ayant pour prétexte des motifs religieux déchirent les peuples, les frontières de la décence et catapultent l'humanité tout entière dans le Moyen-Âge le plus obscurantiste.

 

Vous n'avez qu'à aller sur Dailymotion, sur Youtube et sur d'autres sites de partage audio-visuels, le prosélytisme religieux pullule, pustule et postillonne à la face de l'humanité des Lumières.

N'importe qui, dans son coin, influencé par les guerres fratricides ayant lieu n'importe où sur la terre où la démocratie n'a pas eu le temps de prendre racine, un individu devient une boule de propagande compacte et solide qui roule dans la blogosphère à la vitesse de la lumière.

C'est dans ce contexte de folie ordinaire, spectaculaire et décourageante (pour quiconque croit en un État laïc, expurgé de toutes les bondieuseries existantes ou encore à naître), que j'aimerais porter à l'attention des lecteurs l'observation suivante :

Et si ce n'était pas le sport qui était devenu une religion mais plutôt l'inverse : la religion qui était devenu un sport dangereux ?

Je pose la question car il me semble qu'il est toujours facile chez les intellos de la branchouille de l'UQAM de nous sortir des théories qui méprisent plus ou moins directement la culture populaire.

 

« Le Canadien de Montréal n'est pas une "religion" au sens strict du terme. En effet, il manque au Canadien, fondamentalement et indéniablement, une référence explicite et assumée à une Transcendance, à un Dieu, à une divinité ou à un Ultime, quel qu'Il ou qu'Elle soit. »

 

peut-on lire dans cette entrevue avec l'auteur du livre.

 

Là, encore, je ne suis pas d'accord.

 

Pour une raison simple : à travers les héros sportifs (ici les joueurs de hockey), il peut s'établir un rassemblement multi-générationnel qui transcende les groupes d'âge, les époques et, depuis quelques années, aide également à rapprocher les deux sexes.

 

Ainsi, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, immigrants ou habitants réussissent à se conter leur histoire à travers l'épopée sportive commune.

 

Évidemment, le hockey n'arrive pas à la cheville de l'œcuménisme du ballon rond, du soccer, du football européen.

 

D'ailleurs, combien de fois ai-je vu des gens de toutes provenances se réunir autour d'une table de cuisine et discuter des prouesses de Ronaldo comparée à celle de Pelé ou de Maradona ?

 

À la base de la signification du mot religion, si on se fie à l'étymologie, signifie rien de moins que « réunir ensemble » puisque provenant du latin religiare.

 

De plus, pour en revenir au hockey, et au Canadien, on ne peut pas dire que le hockeyeur n'est pas semblable au messie lui-même lorsqu'il soulève tout un peuple en écrivant sur la glace des paraboles et des arabesques étranges soulignant à quel point un homme qui surpasse les autres et se surpasse lui-même, en équipe, peut réussir non seulement à marcher sur l'eau (la glace est ce liquide maintenu dans un autre état, plus solide) afin d'atteindre un but rassembleur ?

 

N'y a-t-il pas la coupe Stanley, nouveau St-Graal, qu'on élève au-dessus de soi et que l'on porte même à ses lèvres ?

 

Oui, d'une certaine façon, les auteurs de ce livre ont entièrement raison de se poser des questions sur l'aspect « religieux » au sens primitif du terme.

 

 

J'espère simplement qu'ils n'oublieront pas, au passage, de se pencher avec autant de sérieux et de sagesse sur l'état des religions (nouvelles et anciennes) dans nos collectivités si variées sur le globe.

 

Car s'il fallait qu'on traite les fidèles aussi sévèrement que l'on traite les amateurs de sport, s'il fallait qu'on étudie les règlements écrits et non-écrits du sport dangereux que représente la religion de nos jours ; je crois qu'on en arriverait à un constat socio-politique et une observation bien plus pertinente puisque celle-ci aurait au moins le mérite de s'attaquer au véritable sujet de l'heure : la remontée des intégrismes religieux et le retour en force de sa « logique de dieu » (sa théologie, autrement dit) sur la terre, sur la mer… comme au ciel.

 

Au grand dam de l'humanité miséreuse… qui a de moins en moins le luxe de vivre la vie des gérants d'estrades de notre sport si populaire, générateur de légendes et de rendez-vous historiques importants.

Classé dans :  Non classé
Mots-clés :  , , , , , , , ,

+ Ajouter le vôtre Commentaires 8

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Branchez-vous

Pour vous connecter veuillez d'abord vous identifier. Vous pouvez aussi créer un compte.

Steve Boudrias

Avatar

Je suis le fruit du hasard et de la nécessité.

Catégories