Some people call me the Space Cowboy, yeah…

13 décembre 2008 14h16 · Steve Boudrias

À propos l'article Voir Dark Knight (The)

Some call me the gangster of love
Some people call me Maurice (Richard ou Coeur de lion)
Cause I speak of the pompitous of
love

Say I'm doin' you wrong, doin' you wrong
Well, don't you worry
baby
Don't worry
Cause I'm right here, right here, right here, right here at home

Cause I'm a picker
I'm a grinner
I'm a lover
And I'm a sinner
I play my
music in the sun

I'm a joker
I'm a smoker
I'm a midnight toker
I sure don't want to hurt no one

Pourquoi est-ce que j'ai cette chanson d'un autre Steve dans la tête lorsque je vais VOIR The dark knight au moment de sa sortie en salle il y a de cela déjà plusieurs mois ?

 

Pourquoi est-ce que je fais ma critique de ce film aujourd'hui étant donné que je ne voyais pas comment je pourrais ajouter quoi que ce soit au concert d'éloges et d'analyses savantes écrites au sujet de ce très exceptionnel long métrage ?

 

Ce sont les deux questions que je me suis posées afin de VOIR plus clair dans ma propre critique inédite.

En fait, ce qui m'a poussé à écrire ce commentaire élogieux à propos de ce deuxième chapitre des aventures de Batman – tel que réalisé par Christopher Nolan et interprété par Christian Bale (entre autres talents phénoménaux) – c'est un billet du chroniqueur cinéma de ce site, qui déplorait le fait que la hiérarchie des genres impose parfois une place bien moindre à des films de qualité qui n'ont pour seul défaut que de ne pas être des films d'époque, des drames sentimentaux ou des biographies déchirantes, etc.

 

Ensuite, je me suis rappelé ce ear worm qui ne me lâchait pas, durant toute la projection de ce film très puissant.

Je ne comprenais pas pourquoi The Joker, une chanson aux antipodes de la pensée anarchique et destructrice du nemesis de Batman, tournait sans cesse en boucle dans ma tête…

Puis, ça m'est revenu !

Mais oui, c'est précisément cela qui fait de The dark knight un film pas comme les autres : c'est l'opposition de deux characters qui sont, en fait, le troisième personnage naissant de ce long métrage : two faces !

 

 

Ainsi, autant The Joker de Steve Miller s'éloigne du Joker créé par le concepteur de Batman, autant le Joker, en tant que vilain, se compare quasiment en tous points avec le héros du film.

Un héros obscur, il va s'en dire.  Toutefois, le Joker, le fou du roi, le pendu du tarot de Marseille, celui qui avance dans le monde la tête à l'envers, suspendu par un pied à la branche d'un arbre de pendu, pour sa part, a un air à la fois inquiétant et ridicule.  Absolument pas intimidant de prime abord… jusqu'à ce qu'il passe à l'action, de manière foudroyante ou explosive.

Un héros qui torture, méprise le code de la route, ment, risque la vie des innocents, implique des enfants dans sa quête de justice, file comme un fou secourir sa flamme pour finalement s'apercevoir que…

 

Vous verrez, si vous ne l'avez pas déjà vu, ce que je voulais dire à la fin de cette précédente phrase.

 

Un peu comme si The dark knight se voulait être un jeu de mot clair et précis sur l'atmosphère du film et de l'époque – on jurerait la nôtre tellement rien du décor ne distingue Gotham city de n'importe quelle métropole du monde occidental !

 

 

Ce qui est plutôt surprenant, non ?

De plus, on n'a un peu rapidement et facilement rapproché cette sombre fable fantastique et policière d'une réflexion sur le terrorisme et la logique d'État.

En fait, il s'agit au contraire d'une réflexion sur la vengeance et sa pertinence et sa légitimité lorsque celle-ci s'exerce à l'extérieur du cadre strict de la loi acceptée et respectée par tous les honnêtes gens.

 

Finalement, à mon sens (critique), ce film de Nolan se rapproche bien plus de Chinatown de Polansky que de n'importe quel ouvrage de Burton.

Car quand Burton fait des grimaces et des cabrioles avec ses personnages, Nolan, lui, préfère entrer dans la part sombre de ceux qui engreignent la loi – et de ce qui les motive – en les mettant en contact – sans les mettre en opposition systématique – avec des personnages plus ou moins humains et sensibles qui, eux aussi, n'ont pas des motifs tout à fait clair non plus.

Ainsi, Batman est un tombeur le jour et un justicier obscur la nuit.  Il prône le respect de la loi le jour ou en catimini alors que la nuit, il en défie les représentants armés et clairement identifiés qui essaient en vain de l'arrêter dans sa démarche et qui n'ont qu'un seul défaut – celui de ne pas être au parfum de ces agissements.

Alors, le chevalier noir, est-il un homme qui collabore avec les flics uniquement quand ça lui chante ou un héros qui se déplace par-delà le bien et le mal… afin de mettre un peu d'ordre dans le chaos du monde dans lequel il vit comme un empereur de la Rome antique ?

On se le demande… mais pas tant que ça puisque le représentant de la loi le plus intègre, celui qui est en contact avec le Batman, l'homme qui se déplace à l'ultrason et par connection internet sans fil afin de triompher de ses adversaires, qui est-il sinon un homme qui repousse les limites du jugement moral et aussi celle du combat à faire pour finalement se rendre compte que, au fond, le héros lui-même génère ce qu'il dit être né pour vaincre : l'absurdité d'une violence gratuite et inhumaine… qui n'arrivera jamais à expliquer totalement sa présence dans la société.

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