Le Lincoln de Spielberg

13 janvier 2013 20h51 · Michel Desmeules

Nous sommes évidemment en janvier, la période où l’éclosion des tubes destinés à conquérir le coeur de l’académie, nous offre des choix souvent déchirants. Je voulais aller voir The Master, je me suis laissé séduire par Lincoln.

Daniel Day-Lewis incarne un président à la fois sage et ratoureux, plein de manigances et de stratégie, qui aime beaucoup raconter des histoires et se frotter à l’opinion populaire et qui n’a surtout que deux idées en tête; faire adopter le 13 e amendement, rendant ainsi les noirs égaux au sens légal et abolissant l’esclavage, et aussi mettre fin à la guerre de sécession. Pour y parvenir il lui faudra convaincre une bonne partie des représentants, fricotant avec des combinards que l’on pourrait qualifier de « firme de relations publiques » en notre siècle, et même confirmer la foi des abolitionistes que la guerre avait quelque peu ébranlée. S’en suit, un croisade digne des meilleurs drames historiques…

Spielberg ne ménage rien pour donner un caractère actuel à ce drame. C’est sûr qu’il ne manque pas de moyens, produisant aussi le film, mais il dirige de main de maître des acteurs dont le talent ne fait aucun doute. Day-Lewis est terriblement attachant avec son calme tranquille, monolithe inébranlable devant la tempête et les gros plans sur ses mains ajoutent une émotion qui pourrait faire penser à la contemplation d’une oeuvre d’art; oui c’est fou ce qu’on peut faire avec nos mains, construire une maison ou tuer notre voisin…

Le film de Spielberg est aussi un film sur la démocratie; l’opposition des libertés collectives face aux droits et privilèges individuels, le filet social préservant les excès et les effets pervers, la liberté et la justice pour tous dans un monde où nous avons plutôt tendance à les oublier. Dans un scène du film où Lincoln dicte aux télégraphistes, il leur demande si l’on choisit l’époque où l’on nait. Le télégraphiste lui répond qu’il ne croit pas, mais qu’il est persuadé que lui le président, est tout à fait de son époque…  En fait, le fim de Spielberg est comme Lincoln lui-même; au bon endroit, au bon moment!

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