23 juillet 2012 20h40 · Michel Desmeules
« I am The Joker » a déclaré James Holmes aux policiers qui l’ont appréhendé. Ce jeune doctorant en neuro-sciences n’était sûrement pas sans savoir, que les plaisanteries les plus courtes seront toujours les meilleures…
De façon inhabituelle, je suis allé mangé à la maison ce midi et j’ai assisté à la première comparution en justice de notre triste sire. Les médias disaient qu’il était froid et sans émotion, moi je le sentais plutôt triste et somnolent. Rien de très surprenant; un peu comme quelqu’un qui a passé une nuit blanche après un cauchemar largement fourni en sueurs froides, en panique et qu’au réveil, le cauchemar se poursuit…
Curieusement, très peu de choses dans le topo faisant référence à la douleur des proches des victimes, à celle de ses propres parents, mais une étonnante interrogation médiatique autour de la possible peine de mort dont il pourrait être gratifié, en cet état béni du Colorado. Toujours la même rengaine, la même ritournelle légale des hommes qui sont au-dessus des autres, et qui ont droit de vie ou de mort sur leurs congénères.
Par contre, pas un mot sur l’équilibre psychologique de Holmes. Pas un mot sur une possible dépression suite à des sessions trop intensives vers l’obtention d’un doctorat, papier qui aurait fait la joie et la fierté de ses parents. Pas un mot sur le climat de paranoïa qui peut prévaloir aux USA, quand on sait que n’importe quel enfoiré peut se procurer une arme au dépanneur du coin, droits de l’enfoiré protégés par la constitution. Pas un mot, parce que tout le monde marche sur des oeufs et que tout ce beau monde veut à tout prix éviter les séquelles par des imitateurs. Voilà le prix à payer, la rançon ultime de l’hyper-médiatisation, quand un drame de cet envergure survient; tout le monde voudrait se taire tout en faisant des déclarations publiques. Alors on brode autour de rien…
En revenant au travail, je me suis imaginé un journaliste téléphonant à Christopher Nolan pour lui demander si la bande-annonce de son film, affichant un manque flagrant de sobriété, pouvait être à l’origine du comportement complètement déchaîné de Holmes. Et le temps de me dire que ça n’avait pas de sens, je suis persuadé qu’il y avait au moins trois messages sur la boîte vocale de Nolan…