22 août 2011 18h51 · Michel Desmeules
En vacances. Un banc d'église à deux places. Un petit écriteau annonçant un accès internet sans fil.
Le chanteur rock Jonas est assis sur le banc avec son portable, essayant de profiter d'une bulle d'intimité, on ne peut plus publique. Il est vêtu d'un chapeau de pêcheur, d'une camisole, d'un capri 3/4, de babouches aux pieds et il est loin de se douter que le vieux crouton régional (et blogueur en plus) que je suis, puisse l'avoir reconnu.
Je me dirige vers l'accueil pour confirmer ma réservation. Au même moment, deux adolescentes à la longue chevelure noire et aux décolletés généreux arrivent dans la pièce. Le chanteur baisse le chapeau pour préserver son anonymat, mais son regard vers le haut trahit son envie d'être…remarqué!
Heureusement ou malheureusement pour lui, les filles ne le connaissaient pas. Je suis passé à 20h00 et repassé à 23h00; il surfait toujours, probablement en quête d'une reconnaissance de sa notoriété.
Je ne suis qu'un observateur anonyme. Ni un fan, ni un paparazzi. Mais dans ce genre de situation, l'anonymat est pratiquement un privilège. Les artistes vivent dans un monde instantané où à chaque fois qu'ils lèvent le petit doigt, l'effet papillon médiatique est enclenché, les propulsant souvent malgré eux à l'avant-scène de leurs malheurs. Comme on dit à la blague, ce n'est pas toujours facile la vie d'artiste…
Uncle Jack
Honnêtement, je déteste les hommages posthumes, les oraisons funèbres et tous les bons sentiments enrobés de conventions certaines et de populisme obligé. J'ai tout de même pris la peine d'imprimer la lettre que Jack Layton a écrite un peu avant sa mort.
Rarement j'ai été en contact avec un positivisme aussi touchant venant de la part d'un homme politique; le dernier en lice était Obama pendant sa campagne électorale. Le message est on ne peut plus clair; il faut avoir à coeur de vouloir construire une société meilleure et ne jamais se laisser décourager par ceux qui disent que c'est impossible. En fait ce message est de la motivation pure de la part d'un homme qui se meurt du cancer; de quoi remettre en question beaucoup de vies inutiles et pas mal de matière grise gaspillée au profit de pas grand-chose.
À ceux qui seraient tentés de dire que la vie est injuste de l'avoir traité ainsi, je dirai que c'est la maladie qui est juste,car elle ne souffre aucune discrimination. La seule ombre au tableau, c'est que le cancer étant une maladie reliée directement à notre mode de vie et à nos pensées noires, comment se fait-il que le party animal (comme il aimait si bien se décrire) et son positivisme, en ait été victime?
On a fait une retrospective de la vie politique de Jack Layton au TJ de la SRC et j'ai été surpris de voir que toute sa vie, il a été impliqué en politique. Et là, au moment où il devient de moins en moins inconnu, il retourne à un genre d'anonymat que nous connaîtrons malheureusement tous…