7 mars 2010 14h31 · Michel Desmeules
Je me réjouis souvent de n'avoir rien des gens qui font la une; pas de fraude, pas d'accident spectaculaire de voiture, pas de fausse renommée, pas de fosse commune…
Monsieur le maire de mon patelin est attaqué de tout bord tout côté. La plupart des jormalistes que je connais y sont allés de leur commentaire, suite à la manifestation des bâillonnés qui a eu lieu à l'hôtel de ville de mon patelin. Il y avait tout de même un peu de vendetta à travers les faits exposés, de la clôture écrasée au déversement de déchets radioactifs. M'enfin! On ne peut pas plaire à tout le monde.
On veut à tout prix sauvegarder la démocratie, mais la démocratie ce n'est que le pouvoir de désigner quelqu'un par un vote, afin qu'il fasse le travail à votre place. Une fois qu'on se rend compte que le travail a été fait tout croche, on veut reprendre le contrôle et prouver que le fait d'avoir été lèsé, ne nous conduira pas vers les mêmes erreurs.
Jean-François Caron sur son blogue de Voir, parle des gens qui étaient absents à cette manifestation. En fait, il croit que beaucoup de gens se sont abstenus d'exprimer leur mécontentement, face à la tournure des évènements qui concernent le Théâtre du Saguenay, par simple peur de représailles.
Je dirais plutôt que si la peur existe, c'est parce qu'il y a sûrement un historique de part et d'autre.
Chicoutimi étant un centre de services où foisonne une multitude de commerces, il est de bonne guerre pour tous ces commerçants de ne pas vouloir se mettre à dos une partie de leur clientèle, en appuyant des cause trop politiques de façon ouverte.
À l'inverse, comme tout le monde connaît tout le monde, il est très facile d'identifier un individu tentant de discréditer l'administration en place et d'exercer des pressions sur sa clientèle, où contrecarrer ses futurs projets de développement. Difficile même de s'exprimer sur la rue, car il y aura toujours un cousin de quelqu'un, qui se fera un malin plaisir de rapporter vos paroles au principal intéressé.
L'espèce de tabou qui entoure la prise de position des hommes publics, des commerçants ou de toutes les autres personnes influentes de Chicoutimi, vient d'une espèce de tradition familiale d'omerta, dans laquelle se perd les meilleurs arguments de développement de cette ville.
À chaque jour, je me demande qui sera candidat à la mairie aux prochaines élections et si nous serons enfin représentés par un visionnaire, qui n'aura pas besoin d'aller voir tous les matins où en est la perception des taxes. Il faut absolument sortir de la gestion à la petite semaine.
L'administration en place fait preuve d'une suradaptation, qui l'oblige à placer des pions dans toutes les sphères d'acitivité économique, ce qui dénote un immense manque de sécurité autour de son type de gestion. C'est précisément de là que naît, la très désagréable impression de contrôle, que l'ensemble des muets continuent de taire…
Quand le summum de l'indignation pousse un individu à poser des actions pour faire entendre sa voix, il le fait souvent par l'intermédiaire des tribunaux à travers de laborieux et coûteux procès, ce qui n'est pas sans décourager l'ensemble de la population qui croit que la démocratie leur garantit un droit de parole inaliénable. C'est là que la bâillon s'acharne sur les muets.