26 août 2011 7h33 · Shirley Noël
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Ce que j’ai préféré dans ce film, c’est la façon dont Demian Fuica, nous amène dans cet univers tortueux et dangereux de la drogue. Avec une caméra à l’épaule, des procédés divers comme la répétition, le ralenti, l’accéléré, l’arrêt sur séquence pour faire un retour arrière dans le passé, bref tous des moyens pour amener la tension, donner un ton, un rythme au film, une ambiance survoltée pour s’amplifier les situations qui surviennent. En plus, une musique qui aide à créer une atmosphère de tension soutenue et qui agresse presque plus que les évènements qui se déroulent.
Le sujet du film est lourd et pénible parfois à regarder. De filmer le tout sous forme de fiction documentaire renforce encore plus le sentiment d’inconfort face à ce qu’on voit, puisque l’on sait que cela représente une réalité qui est bien présente dans notre société. C’est un film avec une authenticité palpable et des comédiens hors pair qui, même avec un petit budget de 400,000 $ peuvent se qualifier d’être un très bon film qui nous rentre dedans.
Jason Roy-Léveillée et Marc Beaupré forment un duo d’amis très crédibles. Jason donne une bonne performance d’un gars sympathique qui ferait tout pour aider son père. Marc dans le rôle de Manu offre une qualité de jeu juste et digne de mention. La majorité des personnages sont joués de manière vraie et crédible, que ce soit le boss de la pègre Rivière (Nicolas Canuel) qui incarne le calme, le respect et la notoriété, ou sa mère, la comptable (Nanette Workman) qui flirte un peu et met à l’aise ses petits livreurs, tout en se faisant respecter d’eux, de même que l’alchimiste joué par Leonardo Fuica, qui donne à son personnage un air plutôt dérangé et nerveux. Mais les personnages les plus troublants pour moi sont ceux joués par Martin Dubreuil (le Rat) et Geneviève Boivin-Roussy (Sylvie), ce couple de junkies qui feraient n’importe quoi pour une dose. Quelle performance magistrale de ces deux-là! Martin surtout, a l’air complètement défait, en manque, un regard à faire peur et parfois même un sourire démoniaque. Un vrai fou comme seul Martin peut nous présenter à l’écran. Je dois aussi souligner le talent de Pierre-Luc Brillant qui réussit à donner une humanité à son personnage de petit revendeur, consommateur, envieux et profiteur qui, au fil de l’histoire passera dans l’esprit des gens de pauvre type pathétique à carrément fou furieux dangereux. Les scènes entre lui et le couple de junkies sont à mon avis les plus poignantes et efficaces du film, pour nous montrer les relations vendeur/consommateur et les effets de la drogue.
La seule chose que je pourrais dire qui m’a un peu laissée sur ma faim dans ce film, c’est que la relation du père et du fils qui est mise en évidence dès le tout début, n’est plus exploitée par la suite, si bien que je me suis mise à me demander ce qu’il était advenu du père suite à sa tentative de suicide. Également, j’ai trouvé que certaines scènes s’éternisaient en longueur, comme la scène finale avec Boutch (Pierre-Luc Brillant), que j’ai trouvé qu’il n’y avait pas de plus value de la laisser perdurer pour rien aussi longtemps.
Ce film ne dénonce rien, n’approuve rien non plus. Il n’émet qu’un constat, bien réel, de la drogue et ses méfaits dans la vie des gens. À nous maintenant de faire des choix avertis.