Un film qui doit être vu par tous car cela apporte des questionnements et émotions intenses!

4 février 2010 8h40 · Shirley Noël

À propos l'article Voir Sept jours du talion (Les)

J'ai vu, en grande première,le film Les 7 jours du Talion. C'est un thriller de tension extrême qui soulève la question de la vengeance lors d’un crime sordide. Martin Dubreuil déchire l’écran avec ses cris d’agonie, dans la peau de l’ignoble meurtrier. Claude Legault se trempe à fond dans son personnage de père éploré qui se noie dans la rage de sa vengeance.

Ce film mérite d'être vu par tous, car il apporte une série d'émotions et de questionnements très pertinents sur la vengeance, le deuil lors de crimes sordides et les peines associées à de tels crimes. J ’ai d’abord lu le livre, histoire de savoir à quoi m’attendre lors du visionnement du film et pour exorciser ma peur.

Au niveau de l’écriture du scénario, Patrick Senécal a fait un travail remarquable d’adaptation du livre pour le grand écran. Certains aspects ont été modifiés ou coupés au profit de l’histoire. Bien qu’on ne puisse pas lire dans les pensées de Bruno Hamel (Claude Legault), on réussit tout de même à suivre son état d’âme. On compati à sa douleur vive et l’on assiste impuissant à son déroutement au fil du temps. On en vient presque à prendre en pitié le meurtrier et à souhaiter qu’il soit épargné. Également, Podz (Daniel Grou), qui en est à sa première expérience en réalisation d’un film, a démontré une totale assurance et une habileté à faire ressortir les situations horribles ainsi que les moments de tortures pour les rendre extrêmement crédibles et réalistes. Au niveau sonore et de l’éclairage, contrairement à bien des films où ils en font trop, ici, tout est bien calibré pour qu’on y croit vraiment. Dès le début du film, on entre dans l’histoire, sans musique ni fla-fla. Et à la fin, on a droit à un générique silencieux. Un bon choix à mon avis, car on se doit de demeurer dans cet état quelque peu comateux à la sortie de la salle, pour bien digérer ce qu’on vient de vivre.

Au niveau des performances d’acteurs, il faut définitivement applaudir la véracité du jeu du bourreau, père de la fillette (Claude Legault) et du monstre meurtrier (Martin Dubreuil). Dès les premières images, où l’on aperçoit ce violeur d’enfants, on lui découvre un sourire juste assez baveux pour comprendre toute l’envie de vengeance du père de la fillette. Martin Dubreuil se met par la suite, littéralement à nu au profit de son personnage qui agonise. Ses cris m’ont résonné dans la tête longtemps après la fin du visionnement du film.

Pour sa part, Claude Legault, avait comme défi d’incarner un homme dont la carrière et la vie étaient basées sur l’aide à autrui et qui s’est transformée en vengeur obsédé de sa fillette. Comment parvenir à jouer un homme si calme et pacifique qui perd la carte? Claude Legault réussit cet exploit à merveille.

Rémy Girard aussi est excellent dans un rôle tout en retenue et plus effacé de l’inspecteur chargé de l’enquête, mais dont on sent une très grande douleur dans son deuil personnel.

Les 7 jours du talion est un film qui plaira sûrement aux admirateurs des livres de Patrick Senécal ou de thriller et de films d’horreur, mais il peut plaire aussi au public en général pour son intensité psychologique. Si c’est possible, ne lisez pas le livre avant de voir le film, cela augmente l’effet de surprise et de suspense. Et même, je suggère de lire le livre après, pour entrer plus loin dans la psychologie des personnages et voir les divers aspects qui n’ont pas été intégrés au film.

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