21 octobre 2012 0h18 · Robert St-Amour
À propos l'article Voir Petite leçon de ténèbres
Nous sommes en 2012 et nous pouvons lire sur le site de l’Agence Science-Presse le texte suivant en date du 16 octobre 2012, » Il y a deux semaines, un élu républicain de Georgie réitérait qu’il ne croit pas ni à l’évolution, ni au Big Bang, ni à… l’embryologie. Cet élu siège pourtant, à Washington, sur le comité des sciences de la Chambre des représentants. » Sans trop de surprise, le suite du texte indique que la religion est en lien avec sa position « éclairée ».
Ainsi donc, rien de nouveau sous le soleil ou plutôt dans la nuit pour pouvoir faire un lien avec le film du documentariste Stan Neumann. Il nous amène en 1610 durant l’été. Johannes Kepler est invité par Rodolphe II a observé le ciel durant dix nuits durant lesquelles il recevra divers invités aux motivations toutes aussi diverses qu’opposées. Parmi ceux-ci, il y a ceux qui le confrontent avec la perspective de la bible qui voit la terre au centre de l’univers.
Ce conte philosophique (et scientifique) accessible et instructif, tel que l’écrit Alexandre Duguay, est néanmoins exigeant pour au moins trois raisons. D’abord, l’action essentiellement verbale ou cérébrale se passe de nuit. Ensuite, il utilise des référentiels politiques de cette époque. Enfin, les principes scientifiques ne sont pas nécessairement évidents ou intéressants pour tous.
Malgré tout, nous sortons du visionnement en ayant l’impression d’avoir vécu un moment d’histoire durant lequel des valeurs fondamentales se sont confrontées comme encore aujourd’hui. Tout cela grâce à la brillante performance de Denis Lavant (formidable et envoûtant, dixit Alexandre Duguay).
« L’oeil de l’astronome » n’est pas une oeuvre pour tous mais s’adresse à quiconque est intéressé par un film qui illustre la confrontation entre la science avec d’autres valeurs ou d’autres intérêts.