22 juin 2012 15h31 · Robert St-Amour
À propos l'article Voir Cheval de Turin (Le)
Peut-être, êtes-vous de ceux qui connaissent l’histoire de Nietzsche et de l’épisode de sa rencontre avec le « cheval de Turin », mais moi pas. Peut-être, êtes-vous de ceux qui connaissent le réalisateur hongrois Bela Tarr, moi toujours pas. Peut-être avez-vous une connaissance qui lui s’y connait en cinéma et bien moi, oui. Ce qui fait que j’ai eu droit à un autre, « Robert, tu devrais voir cela ». Et après coup, je peux dire que j’ai eu la sagesse et le temps de suivre cette recommandation parce que j’ai beaucoup aimé. Je m’empresse donc de vous en faire part à mon tour parce que la vie sur grand écran des films est toujours trop courte. Recommandation, si vous êtes un cinéphile averti, évidemment !
« Le cheval de Turin » est l’histoire en noir et blanc pas tellement du cheval après que Nietzsche l’ait enlacé avant de perdre la raison mais plutôt celle de son maître et sa fille. C’est surtout celle de »la fin du monde qui prend la forme d’un murmure et non d’un grand boum » comme l’a écrit un critique français.
Ainsi donc pendant deux heures trente, nous assistons dans de longs plans, à six journées de la vie du père, de sa fille et du cheval. Leur maison et l’écurie, au milieu de nulle part, subit une tempête de vent et eux continue leur activités quotidiennes, dont se lever, s’habiller et préparer le repas de pommes de terre qui se mangent très chaudes. Quelques visiteurs plus ou moins importuns se pointent mais repartent vite. Ce qui fait le plaisir des spectateurs, ce sont ces façons de saisir les gestes, lentement, et de capter les sons. Cette lente et inexorable évolution des choses est captivante et fait de cette oeuvre, une expérience cinématographique hors du commun.