29 mai 2012 23h23 · Robert St-Amour
C’est surprenant comment une seule lettre en moins peut changer la perception des choses. Prononcez tout haut « atendant », un « t » en moins et vous verrez comment cela ralentit le rythme de la prononciation de ce mot. Le vide entre le « a » et le « t » laisse la place à l’hésitation et la réflexion et a inspiré une oeuvre de haut niveau d’une grande simplicité et surtout très solennelle. Pas surprenant que cette oeuvre ait été présentée dans un cloître à Avignon sans artifices.
Pour nous à Montréal, c’est sur la scène de l’Usine C remplie à capacité que Anne Teresa de Keersmaeker présente son oeuvre. Une scène noire avec rideaux noirs avec seuls accessoires, un banc vide et une ligne de terre sur le devant de la scène. L’éclairage se résume à une ligne de néons qui éclaire le devant de la scène et les premières rangées de spectateurs. L’attente est à l’honneur. D’abord, celle des spectateurs, le temps qu’un joueur de flûte se présente et pendant dix minutes, joue seul sur le devant de la scène. Intéressant d’observer la réaction de certains spectateurs « en atendant ». Arrive ensuite une femme qui s’assoit sur le banc qui se mettra à chanter, installant la solennité du moment. Par la suite, les danseurs et les danseuses arrivent sur scène et nous montrerons de très belle façon, différentes illustrations, en solo, en duo et en groupes de l’attente. Ils seront accompagnés par l’Ensemble Cour et Coeur qui enrichit le moment et les gestes. Peu à peu sans que nous en prenons conscience, l’intensité des néons diminue jusqu’à se fermer comme à la tombée du jour et nous amène à la fin.
Captivé jusqu’à la fin, voilà ce que j’ai été par cette oeuvre qui avait tout de la cérémonie.