« Nuit #1″, un face-à-face intense et intime

20 décembre 2011 20h31 · Robert St-Amour

À propos l'article Voir La nuit la plus longue

Je sors à peine du visionnement de « Nuit #1″ et le malaise que j’ai ressenti durant le visionnement, face à une jeunesse désœuvrée, ne semble pas vouloir me quitter, malaise face à cette  jeunesse loin de la mienne, autant par rapport à l’époque (vingt ans de différence ) que de l’implication face à son monde. Donc, si je ne me reconnais pas dans les deux personnages, je dois avouer qu’il m’est facile d’avoir l’impression d’y reconnaître certains jeunes que je côtoie. Des jeunes qui ont démissionné face au monde qu’ils ne semblent plus comprendre et pour lequel, ils pensent avoir aucune prise. Si Anne Émond lance un appel à l’éveil, je souhaite qu’il soit entendu et surtout compris.

Si je laisse de côté mon malaise pour parler de ce film, je dois avouer que j’ai eu un peu de difficulté avec le début, soit la ou les scènes de « baise » (peu crédibles) et la mise en place du face à face. Cependant, par la suite, j’ai beaucoup apprécié les échanges-confidences des deux belligérants. Catherine de Léan, une de mes actrices préférée, et Dimitri Storoge relèvent brillamment le défi de nous entraîner dans cette expédition de leur intimité. Avec autant de textes et une caméra braquée sur leur visage, ils captent notre attention et font en sorte que la nuit #1 ne s’avère pas trop longue et endormante malgré le peu d’action. Il faut mentionner que l’une des rares sorties de ce « huis-clos » présente leur affrontement dans la rue, chorégraphie efficace et fort à propos, signée Virginie Brunelle, qui est un moment fort et déterminant de cette oeuvre.

Film pour cinéphiles avertis, « Nuit #1″ possède de belles qualités qu’il faut aller apprécier pour pouvoir en discuter par la suite.

+ Ajouter le vôtre Commentaires 2

  • Normand Parisien 21 août 2012 · 11h15

    Présenté au petit écran, le film «Nuit #1» ressemble énormément à un film français «Nuit d’été en ville». Même construction, même huis clos, mêmes scènes de nudité dans ces 2 films que deux décennies séparent. Filmer un huis clos me semble être une sous-utilisation du 7e art qui, avec ses caméras et l’informatique, ne semble plus connaître de limites. J’aurais très bien vu ce scénario, qui a gagné de nombreux prix, être repris par un metteur en scène qui nous aurait présenté cette pièce au théâtre. Les textes auraient pris de la force et le huis clos aurait semblé plus normal, la scène limitant les décors.

  • Robert St-Amour 21 août 2012 · 13h35

    Cher Normand, ton commentaire est fort intéressant et qui sait si nous n’aurons pas droit à une adaptation sur scène. Si oui, j’y serai.

    Dans un tout ordre d’idée, j’ai relu mon texte et c’est avec une certaine stupéfaction que je constate ce que je croyais à l’époque. Quelques mois à peine avant notre printemps, coloré rouge, j’affirmais que notre jeunesse avait démissionné face à la société d’aujourd’hui. Il est évident que ma vision était tout à fait fausse et qu’elle s’est trouvée une prise pour nous interpeller durant de nombreuses semaines. De quoi refaire le plein de modestie, moi souvent convaincu de la justesse de mes points de vue.
    Merci pour cet effet indirect et salutaire de ton texte.

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