27 juillet 2010 16h50 · Robert St-Amour
À propos l'article Voir Mr. Nobody
Impossible de sortir du visionnement de ce film sans ressentir une certaine confusion et de pouvoir écrire un texte éclairant sur la dernière œuvre de Jaco van Dormael. Je partage sans réserve le jugement d'un critique français (Geoffrey Crete dans Excessif) qui écrivait "Mr. Nobody reste un objet insaisissable, autant par ses qualités que par ses défauts" mais un peu moins la suite "C'est aussi pour ça qu'il mérite le détour."
Avec "Mr. Nobody", nous avons droit à des allers-retours dans le temps, dans l'espace et surtout dans l'imaginaire. Le personnage principal, Mr. Nobody, brillamment interprété par Jared Leto, nous entraîne dans ses passés vrais ou faux. Si on accepte les différentes histoires sans trop s'y arrêter, les bonnes interprétations des différents protagonistes (surtout Rhys Ifans, Sarah Polley et Diane Kruger), les très belles images, gracieuseté de Christophe Beaucarne (Coco avant Chanel et Paris, entre autres) et la trame musicale efficace qui sait utiliser efficacement à quelques reprises la chanson "Mr Sandman".
Sans perdre notre attention, il peut devenir néanmoins lassant de se laisser promener d'une scène à l'autre en gardant le même intérêt et surtout d'apprécier l'importance de chacune des scènes.
Pour tenter d'éclaircir ma confusion du début, je dirais que "Mr Nobody" est essentiellement une histoire d'amour qui veut nous faire réfléchir sur les choix que nous avons ou aurions pu faire et de leurs conséquences, avec une coloration scientifique assez simpliste mais d'un grand esthétisme. L'utilisation des voies ferrées et de leurs aiguillages comme symboles sont très bien utilisés.
Pour ce film qui aura une très courte présence sur nos grands écrans, il sera intéressant de le découvrir dans le confort de notre foyer.