13 mars 2010 22h20 · Robert St-Amour
À propos l'article Voir Woyzeck
À propos de sa pièce, l'auteur Georg Büchner disait "Si je dois contribuer à notre époque, c'est par la force, la violence, le combat". Toujours dans le même feuillet, nous pouvons y lire que la metteure en scène, Brigitte Haentjens dit, que "la pièce propose des territoires qui ont toujours été pour moi des champs prévilégiés d'exploration: le politique, le social, les dynamiques d'oppression et leurs répercussions dans la chair, dans le corps et dans l'intime". Suite à la représentation, tous les spectateurs devraient comprendre leurs visions et avoir ressenti ce que subi Woyzeck, brillamment et intensément interprété par Marc Béland.
Sur une scène tout aussi immense que vide (ou presque), surplombée par une passerelle, les personnages qui l'occupent pleinement, vont et viennent dans une suite de scènes sans liens apparents mais qui peu à peu font l'histoire, une histoire dont la toute fin est aussi triste qu'inévitable.Des scènes dans lesquelles, les différents protagonistes, se déplacent, sautent, dansent, courent (pour cela Paul Savoie est impressionnant) et s'affronte . Des scènes colorées par des éclairages qui habillent aussi bien les personnages que les moments forts. Des scènes rehaussées et actualisées par des chants bien de chez nous.
"Woyzceck" n'est pas une pièce classique et elle demande aux spectateurs une période d'acclimatation pour se situer mais dès qu'ils auront établi leurs repères, ils sont entraînés dans une histoire universelle de l'homme toujours actuelle. Une pièce intelligente, signifiante et superbement adaptée par Brigitte Haentjens qui mérite pleinement les applaudissements et aussi d'être reprise et surtout vue par un large public.