29 mai 2008 21h55 · Robert St-Amour
À propos l'article Voir AKabi
Sortant à peine de la présentation de "aKabi", je suis nettement ambivalent. Fabienne Cabado concluait son article avec cette phrase-clé, "Un exercice hors du commun qui attise la curiosité." et tous ceux et celles qui ont vu au moins une photographie de cette oeuvre seront d'accord, l'invitation est alléchante. L'histoire de la chorégraphe turque et les thématiques du déséquilibre et de l'asymétrie en rajoutent.
Et pourtant, une fois cet exercice de style présenté, je suis resté sur mon appétit. Je serais tenté de dire que cette présentation relève beaucoup plus des arts visuels que de la danse. Comme si le mouvement n'était qu'un intermède à la "pose" et non pas que la "pose" soit un intermède au mouvement. Sur une scène sans aucun décor, sinon une toile de fond noire avec un éclairage blanc, les quatre interprètes en maillot noir et souliers noirs nous présentent différents tableaux, sans trame musicale sinon quelques éléments sonores, si on ne tient pas compte de la toux et du gargouillement de ventre des spectateurs.
La plupart des tableaux sont lents sinon très lents quoique très beaux esthétiquement. L'habileté des quatre interprètes est remarquable mais aurait été plus apprécié, par moi du moins, dans le cadre d'une installation, où j'aurais pu prendre le temps d'apprécier certains éléments tout en passant vite d'autres qui me rejoignait moins. Les spectateurs (une vingtaine) ayant quitté durant la présentation seraient peut-être d'accord avec moi.
Il y avait dans cette oeuvre quelques moments esthétiquement relevés, une belle réflexion sur les contraintes du corps et des performances d'interprètes défiant leur tendance morphologique mais pas assez pour que globalement je sorte satisfait de cette proposition de danse moderne.
Cette petite déception sera sûrement vite oubliée puisque je serai très bientôt à la PdA pour découvrir la dernière oeuvre de Marie Chouinard. C'est bien là, l'avantage d'un festival.