15 mars 2010 23h24 · Éric Messier
Les syndicats ont été
une bénédiction pour un grand nombre de
travailleurs, surtout aux débuts de la syndicalisation et de
l'industrialisation, au début du 20e siècle.
Aujourd'hui,
sans nier leur importance, on voit bien que plusieurs syndicats sont
devenus des monstres, dans leur taille, dans leur comportement (et ceux
des syndiqués), dans l'exploitation de la richesse collective, comme l'ogre de l'histoire, qui n'en a jamais assez, aussi gras qu'il puisse être.
La
lie merdique est remontée à la surface récemment avec le scandale
des intimidations et de la corruption dans le secteur de la
construction au Québec. Son principal syndicat, la FTQ, est encore dénoncée. On espérait que le
ménage des "pommes pourries" avait été
fait – la Commission Cliche remonte au siècle précédent -
mais il appert qu'une nouvelle enquête pourrait être nécessaire.
Le
portrait n'est pas plus brillant dans le secteur de l'enseignement.
Un professeur d'université, Guy
Laperrière, a dénoncé les abus des surenchères d'origine
syndicale dans son secteur. Il a aussi choisi de réduire sa tâche pour permettre à
un jeune professeur d'accéder à un poste. Laperrière rappelle que les
professeurs sont des
privilégiés qui gagnent jusqu'à 120 000$ par année, alors que
le salaire part à 32 000$ au secondaire, et qu'ils plafonnent à environ 70
000$ au primaire, au secondaire et au collégial, pour des professeurs
qui travaillent beaucoup plus fort, ce qui est injuste.
Mais
l'éthique n'est pas
toujours cohérente avec elle-même!
Aucun
professeur (d'éthique ou autre) ne renoncerait à ses privilèges:
sécurité d'emploi, sabbatiques, retraite graduelle à
mi-temps mais 100% de salaire ou prime de départ d'un an, sans
oublier les
avantages corollaires: étudiants plus motivés, niveau d'enseignement
plus
intéressant, tâches de recherche stimulantes, participation à des
congrès
autour du monde… Un directeur de département reçoit un supplément de 9000$; un
doyen
gagne
au moins 135 000$, un vice-recteur, 170 000$, sans oublier les frais de fonction, et des primes
individuelles dont on se garde bien de dévoiler le montant!
Les professeurs eux-mêmes déplorent les
mauvaises
finances des universités québécoises, et pourtant leurs salaires
représentent le plus glouton des postes de dépense! Au lieu
de
faire leur part, ils en exigent plus. Oserons-nous le mot "cupidité"?
Encore
une fois, la solution est
connue, mais ne sera pas appliquée. C'est habituellement dans ce
contexte que disparaissent les civilisations. Le
Québec est-il
vraiment la social-démocratie qu'il se gargarise d'être?
Ajout 16 mars / Construction FTQ: La conférence de presse donnée aujourd'hui par Bernard "Rambo" Gauthier (FTQ Côte-Nord), chef d'une "équipe de baseball", n'a absolument rien de rassurant, bien au contraire, avec des commentaires comme "Oui, j'en mène large, s'il le faut j'irai en prison, j'en ai rien à crisser" ou sa façon de dire à un travailleur qu'il n'est plus le bienvenu: "Tu ne fittes plus dans le décor, merci bonsoir…" En passant, son groupe de collègues travailleurs venus assister à la conférence sont sans doute tous de "bons pères de famille" (Gauthier insiste sur ce thème) mais pourquoi ai-je l'impression étrange, à les regarder, qu'ils sont une bande de motards criminalisés genre Hell's Angels?.. (vidéo à venir)
