9 mars 2010 22h36 · Éric Messier
S' il y a une chose que la vie m'a apprise, c'est de me méfier comme de
la peste des gardiens de la morale.La plupart du temps, les défenseurs
de la vertu sont les pires pécheurs. C'est comme les gens qui
s'empressent à crier «Ça pue !» dès qu'une odeur malodorante flotte
dans l'air. Trois fois sur quatre, ce sont eux qui ont pété.
En 2005, ce politicien républicain a organisé une campagne nationale
destinée à défendre le mariage traditionnel, qui était menacé, selon
lui, par le lobby des groupes homosexuels.
Depuis son élection au poste de sénateur de Californie, Ashburn n'a cessé de vouloir limiter les droits des gais. En 2008, il a voté contre l'adoption d'une motion destinée à combattre la discrimination sexuelle.En 2009, il a voté contre la légalisation du mariage gai. Et en septembre 2009, il s'est opposé
à la création d'une journée destinée à rendre hommage à Harvey Milk, le
premier politicien ouvertement homosexuel à avoir été élu aux
États-Unis.Or, la semaine dernière, Ashburn a été arrêté pour conduite
en état d'ivresse alors qu'il sortait… d'un bar gai !
Ashburn n'est pas seul dans son groupe. Souvent, les pires homophobes
sont des gais qui refusent d'admettre leur véritable nature.S'ils
combattent les gais avec autant de ferveur, c'est qu'ils ont peur
d'eux-mêmes, de leurs propres penchants. Ils pensent qu'en brandissant
la Bible et en criant très fort, ils vont éloigner les démons qui les
hantent.
J. Edgar Hoover, le célèbre patron du FBI, ne cessait de vilipender les
homosexuels. Or, c'était un gai qui adorait s'habiller en femme.Le
Républicain Larry Craig (photo plus bas),
qui a siégé au Sénat pendant 18 ans, s'est fermement opposé à la
légalisation du mariage gai et à l'adoption d'une loi condamnant la
discrimination sexuelle. Or, il a été arrêté alors qu'il abordait des
hommes dans les toilettes publiques d'un aéroport.
Le républicain David Dreier a passé sa carrière à bloquer l'avancement des groupes gais. Or, le L.A. Weekly a publié un long reportage affirmant qu'il a eu une longue liaison avec son chef de cabinet.
Bref, la prochaine fois que vous voyez un politicien ou une
personnalité publique mépriser les homosexuels ou dénoncer avec zèle la
«menace gaie», posez-vous des questions. Sous son pantalon, cet homme
porte peut-être un portejarretelles. Car un homme qui est bien dans sa
peau ne ressent pas le besoin d'abaisser les gens qui sont différents
de lui…
