5 août 2010 15h40 · Stuart Fyles
À propos l'article Voir Mais que lit Stephen Harper?
Partant d'un concept tout simple (mais combien efficace), Martel choisit d'écrire à Stephen Harper afin de lui proposer des lectures qui viendront nourrir sa quiétude. Régulièrement, il écrira à Harper (dès 2007 en fait) pour lui suggérer des auteurs de tous les domaines, lui dont le livre préféré serait le Livre des Records Guiness.
Ce livre possède deux volets: le premier et le plus évident, ouvrir les connaissances littéraires de M. Harper (et les nôtres). Le second est de pouvoir provoquer une réflexion politique sur les priorités du gouvernement actuel. Naturellement, seuls les convertis risquent d'y voir une telle confrontation mais elle est bel et bien présente.
Pour qui veut découvrir les livres proposés, il faut prendre bien soin de ne pas lire la lettre en entier puisqu'elle nous dévoile parfois l'histoire du livre abordé dans sa totalité. Ainsi, La Mort d'Ivan Ilitch n'aura plus beaucoup de secrets si vous lisez le résumé que Martel en fait. Par contre, comme chaque lecteur ne voudra pas lire tous les livres qui sont suggérés, on peut se permettre d'en lire la plupart. Les choix de Martel sont éclectiques et il nous offre, en partie, les incontournables et, en partie, quelques trouvailles intéressantes. Je me surprendrai, par ailleurs, que sa suggestion de livre pour enfants soit celui rédigé par Mme Bush et fifille Bush. Je dois avouer ne pas l'avoir lu mais je ne peux imaginer qu'il n'y ait pas de grands livres québécois ou canadiens écrits pour les enfants.
Martel réussit à conserver un certain équilibre quant à ses commentaires politiques. Et l'exercice doit s'avérer difficile puisque Martel a été confronté à l'indifférence de Harper lorsqu'il a été invité au Parlement lors d'une fête officielle. On se prend à souhaiter que Harper se mette vraiment à lire les livres suggérés ou, à tout le moins, qu'il lise les lettres que Martel lui a fait parvenir. On sait que les livres ouvrent les horizons. On sait que les livres nous apportent un regard neuf sur le monde. On sait que les livres apportent de l'équilibre dans nos vies. Mais tous n'ont pas ce réflexe.
Enfin, un dernier mot sur la traduction faite par les parents de Martel. Il s'agit d'un exercice sympathique de sentir que ses parents se sont penchés sur la pensée personnelle de leur fils avant que nous y ayons accès en français. Mais je me dois de souligner l'utilisation du mot "fameux" pour traduire le mot "famous" (comme dans il s'agit d'un écrivain fameux). J'en ai grinché des dents à chaque fois et j'aurais aimé que Martel inclut le dictionnaire anglais-français comme proposition de lecture.