3 décembre 2009 9h59 · Stuart Fyles
À propos l'article Voir Limbes
Je connais Christian Lapointe mais très peu. J'avais bien assisté à une lecture de CHS alors que le texte n'était qu'à une forme embryonnaire mais c'est à peu près tout. Et ce que je me rappelais de ce texte était un travail touffu, légèrement hermétique dans sa forme première.
J'arrive dans ses Limbes le coeur ouvert mais un peu appréhensif. Je suis un peu allergique à ce théâtre verbeux, qui n'en finit plus de déclamer. Et cette première partie n'est que ça. Une longue suite de déclamations (portée, certes, par des comédiens solides mais tout de même très aride). J'ai bien me forcer à proter attention à ce texte. Rien n'y fait. Pourtant, j'apprécie la richesse du travail. Je vois ces éclairages comme une oeuvre architecturale. Je vois cette scénographie qui m'amène dans son puits. J'apprécie cette musique et cet environnement sonore qui me ramène à une époque médiévale. J'entends le souffle puissant des comédiens qui portent ce texte. Bref, j'apprécie toutes les composantes mais je ne parviens pas à me centrer sur ce qui est dit.
La seconde partie arrive comme un jeu d'enfant qui viendrait perturber une envolée académique. Tout à coup, les comédiens prennent ce même texte et s'en amusent. Tout d'abord, on se demande s'il manque de respect envers leur propre travail. Puis, on comprend qu'on vient de faire un saut à travers les siècles. On comprend qu'on n'en est plus au temps de Yeats mais qu'on se retrouve bien en 2009 ou même après. Et tout à coup, je comprends pourquoi cette première partie avait cette forme si linéaire, si aride. Pour que cette seconde moitié soit encore plus surprenante. Aucune des deux parties en soi ne tient la route seule. Si ce n'avait été que la première, on n'aurait vécu que la souffrance. Si ce n'avait été que la seconde, on aurait ri mais on aurait trouvé tout ce travail très puéril.
Je me suis demandé ce qui avait amené Lapointe à s'intéresser à Yeats de cette façon. Qu'était-il dans ce texte qui suit la vie de Jésus qui résonnait à ce point en lui?
Pour la forme, la recherche, le plaisir du travail, cette pièce mérite plus qu'un coup d'oeil. Seul bémol personnel: cette pièce ne m'a pas permis de m'accrocher au texte et de bien le saisir. Mais tout ça est peut-être ma faiblesse en tant que spectateur où le texte doit être porté par une action directe. Je suis davantage visuel qu'auditif. Et si ma vue a été agréablement stimulée, le lien vue-ouïe n'est pas parvenu à se faire.