20 juillet 2009 15h49 · Stuart Fyles
Dompierre, on le trouve déjanté par moments, sexiste à d'autres et même vulgairement graphique parfois. Mais comme vous le dites, on en redemande. J'ai lu ce livre d'une traite. Et je me suis surpris à sourire à plus d'un moment. Parce que même si on était tenté de l'affubler de tous les noms, on sent que Dompierre s'amuse férocement dans son livre. Et ce plaisir est contagieux. Autant les images de décapitation, de perçage de coeur et d'éventrement sont graphiques, autant on se surprend à bien les prendre et à les visualiser sans écoeurement. On irait pas jusqu'à dire qu'on aimerait voir ce film transposé à l'écran mais l'histoire est tellement ancrée dans l'action qu'on se dit qu'un bon réalisateur un peu glauque pourrait avoir la main heureuse de s'approprier les droits. Parce qu'autant Morlante que Lolly Pop -sa précieuse rivale devenue alliée- sont des personnages pour lesquels certains comédiens seraient prêts à faire pire que ce qui est évoqué dans le livre pour pouvoir les jouer.
Dompierre réussit à semer, ça et là, suffisamment d'allusions à la vie actuelle (le yoga, la course effrénée à une vie meilleure, …) pour qu'on s'amuse à se transposer dans la peau de ces pirates sans morale. Et il s'amuse suffisamment à créer la mise en abîme de l'écrivain écrivant sur un pirate écrivain pour qu'on se l'imagine hirsute, un brin décadent et pestiférant.
Si ces pirates en cavale nous répètent à plusieurs reprises que leur grande leçon de vie est que le crime ne paie pas, il semble qu'il le soit pour Dompierre. Il réussit à insuffler suffisamment de dérision tout en nous gardant avec des repères connus de la piraterie pour que ce livre soit plus qu'une bonne lecture d'été.