Expo intéressante sous des allures simplistes

16 octobre 2008 15h37 · Stuart Fyles

À propos l'article Voir Frances Caswell-Routhier - D'une rive à l'autre

Alors que le Rendez-Vous des Saveurs battait son plein, j'ai décidé de prendre une pause de la cohue.  Je me suis réfugié à la Galerie Montcalm.  La salle est vide même s'il n'y a aucun frais d'entrée.  Il faut croire que les gens préfèrent se bousculer à l'idée de se faire raconter une histoire.

À prime abord, le concept apparaît simple, pour ne pas dire simplet.  En fait, on se demande si on est en face d'une exposition d'art visuel ou si on se retrouve dans le petit musée régional qui expose toujours les mêmes artéfacts.  Et tranquillement, on se fait prendre au jeu.  On cherche à savoir quel trajet ces chaussures ont pu emprunter pour se retrouver à de tels endroits.  Et on se demande qui a bien pu les porter.  On y retrouve aussi tout un amalgame de papier accroché au mur qui semble en tenir la réponse.  Et on ne sait si on peut les feuilleter ou s'il faut plutôt les traiter avec le respect des grandes oeuvres d'art.  Je choisis la seconde option mais me demande toujours ce que les feuilles du dessous pouvaient bien contenir.

 Cette exposition se fait en un petit tour.  On s'attarde à vouloir reconnaître les lieux.  On se demande pourquoi la sortie de l'urgence se retrouve-t-elle dans tant de photos.  Faut-il croire que les services de santé soient si marquants en Outaouais pour que les gens veuillent s'y faire prendre en photos!

Une clameur nous parvient.  Les affamés du Rendez-vous auraient-ils compris?  Non.  Il s'agit d'un enregistrement de ces gens qui ont habité les chaussures.  Je passe outre.  Je préfère toujours mes histoires (même si ce sont parfois des constructions loin de la réalité) au véridique.  Connaître les véritables intentions de l'oeuvre, très peu pour moi.  L'oeuvre devait dire ce qu'elle m'a dit.  Je m'en tiens toujours à ça.

C'est mon tour d'aller retrouver les affamés qui le sont un peu moins.  Je sens que je n'ai rien perdu en m'éclipsant brièvement.  Mais eux ne sauront jamais qu'à quelques pas d'eux se trouvaient des chaussures qui auraient pu les faire voyager.

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