Un film nécessaire mais pas très joyeux

28 février 2008 13h04 · Stuart Fyles

À propos l'article Voir Yesterday

Ce film sud-africain, finaliste pour l'Oscar du meilleur film étranger en 2005, porte sur les impacts du SIDA sur les femmes sud-africaines.  Et plus particulièrement sur une femme, Yesterday.  Cette femme, aux prises avec une vilaine quinte de toux, tente de rencontrer le médecin après des heures de marche.  À chaque fois, elle est renvoyée avant même de l'avoir rencontré, faute d'avoir pu se présenter dès l'aube.

Ce film suit la quête de Yesterday qui tente de léguer une meilleure vie à sa fille, Beauty, une fois qu'elle apprend qu'elle est HIV+.  Si le personnage de la fille offre quelques moments poétiques à l'intérieur du film, on s'attarde davantage à démontrer (et à démystifier) de façon prosaïque les adaptations, les obstacles et les préjugés qu'une femme doit traverser.  Si Yesterday est bien intégrée à son village, ses concitoyens lui font la vie plus dure lorsqu'elle accepte de reprendre son mari.  Et si la guérisseure de son village lui reproche gentiment de ne pas l'avoir consultée, les reproches deviennent de plus en plus sévères à mesure que la maladie de Yesterday progresse.

Les années 80 ont vu leur lot de film en Occident sur le SIDA.  Ce film s'inscrit dans la même veine.  Le but est principalement d'éduquer par la fiction.  D'ailleurs, une de mes amies, qui a travaillé en Afrique du Sud à la construction d'un refuge pour femmes sidatiques, m'a dit avoir présenté ce film aux premières locataires du refuge.  Le premier visionnement a été accueilli avec un silence total puis un timide:  On peut le voir de nouveau?  Le deuxième visionnement a été suivi d'un:  Ils ont compris notre réalité.  Et le troisième a mené ces femmes a partagé leur réalité à elles.  Qui souvent avaient des airs communs avec la réalité de Yesterday.

Ce que ce film ne montre pas, ce sont les difficultés d'obtenir les médicaments adéquats.  Le mari de Yesterday se retrouve avec ces médicaments à portée de main même s'ils habitent un petit village.  On peut imaginer que la facilité de mettre la main sur les bons médicaments est beaucoup moins accessible.  Mais sinon, bien que le film nous laisse avec un sentiment d'épuisement face à la lutte d'épuisement, il s'avère nécessaire.  Et on peut se demander s'il n'aura pas le même impact dans les pays africains que le film Philadelphia en a eu pour les Américains.

Classé dans :  Non classé

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Branchez-vous

Pour vous connecter veuillez d'abord vous identifier. Vous pouvez aussi créer un compte.

Catégories