7 mai 2009 9h46 · Pierre Robitaille
À propos l'article Voir Star Trek
Avec un culot galactique, le dynamique nouvel épisode de STAR TREK débute avec le plus dispendieux échange par voie de portable de tout le cinéma. Un membre d'équipage très enceinte discute avec son conjoint, le capitaine du vaisseau, tandis qu'un engin spatial ennemi, ressemblant à une gigantesque pieuvre faite de ferraille fait feu à toute volée. Le poupon surgit, papa le baptise, avant d'être pulvérisé, du nom mythique de James Tiberius Kirk…
Les nerds et les amateurs de bonne sci-fi vont apprécier l'élégance investie par le réalisateur J.J. Abrams pour restarter cette franchise sans sombrer dans le nostalgisme facile. Abrams, responsable des succès télévisés FELICITY, ALIAS et LOST, sait comment insérer du punch au petit écran et il le transporte efficacement sur le grand. Faisant équipe avec les scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Oci, il effectue un retour en arrière savoureux, ramenant les légendaires partenaires de l'air à l'époque de leur formation académique. Abrams privilégie une cadence alerte, qui tranche avec le rythme parfois pompeux et glacial des anciens chapitres de la saga trekkienne. Il prend le temps d'explorer les charismes et excentricités du futur équipage de l'Enterprise, les heurts et les drôleries de leur association en devenir.
On reconnaît, bien sur, ces jeunes adultes. L'impétueux, courailleur et franchement baveux Kirk (Chris Pine), et l'impénétrable et sobre Spock (Zachary Quinto, concentré) ainsi que toute la ribambelle des comparses, apprenant cocassement à faire équipe. La dualité Kirk-Spock, l'impétuosité versus la logique, fait partie des annales de la télévision. La production originale de Gene Roddenberry ne manquait pas de cran ni de résonnance, lors de sa sortie télévisuelle à l'apogée de la guerre froide et du combat pour l'intégration raciale aux USA: le vaisseau réunit les talents d'une séduisante officier des communications de race noire, un futé navigateur russe, un pilote asiatique sérieusement cool et un docteur fort en gueule. STAR TREK , dès ses débuts, fut une aventure utopique.
Abrams cultive cet esprit égalitaire dans une trame narrative un peu accessoire et farfelue impliquant un trou noir, des sauts dans l'espace-temps et une matière rouge mangeuse de planètes. Toute cette esbrouffe n'est que prétexte pour installer Kirk, le jeune coq, dans le siège du capitaine. Eric Bana, capable de menace musclée dans CHOPPER, incarne comme il peut un seigneur de la guerre romulan, mincement développé.
Mais qu'importe. Galvanisées par une ampleur visuelle épostouflante, des effets numériques convaincants et une trame sonore proprement héroïque, cette nouvelle mouture nous amène, sans aucun doute, vers des mondes nouveaux, aussi excitants que prometteurs.
L’acteur qui joue le rôle de Scotty, Simon Pegg, est un écossais, un vrai. Ils ont peut-être oublié son accent dans la version française, mais cela ne change pas sa nationalité.
Ils ont d’ailleurs choisi cet acteur à cause de sa nationalité.