24 avril 2009 10h03 · Pierre Robitaille
À propos l'article Voir State of Play
STATE OF PLAY se termine par la triomphante rédaction d'un article. Déjà excité ? Derrière le clavier se tient Cal ( Russell Crowe), le vétéran un brin nerd et échevelé du Washington Globe. A ses côtés: Della, ravissante blogueuse et apprenti reporter ( Rachel McAdams), et la tranchante éditrice de Cal (Helen Mirren), enfin en possession de quelques vestiges d'éthique. L'auditoire est plongé dans l'attente. Cal, doué d'un charisme lui permettant de composer un article potable devant des témoins tranquilles, termine et se lève. Avec tact, il permet à Della de presser sur la touche ¨SEND¨. Et c'est ainsi que disparut à jamais la corruption dans la capitale américaine.
La film est un seau extra-large de popcorn gauchiste bien beurré: maintes calories inutiles mais combien délicieuses, avec un gros litre bien glacé de paranoïa politique. Le scénario de STATE OF PLAY dérive d'une substantielle série britannique, amincie par les soins d'une équipe aguerrie de scripteurs comprenant Tony Gilroy (MICHAEL CLAYTON) et Billy Ray (SHATTERED GLASS). Le résultat fort goûteux nous mène d'un scandale sexuel clintonien à l'attribution de colossaux contrats d'armements. Une ruée vers l'or initiée par la hantise soutenue de l'Islam, commente un bureaucrate véreux.
Tout ce trafficotage est enveloppé d'une patine bleu acier digne de suspenses tels ALL THE PRESIDENT`S MEN d'antan – on y retrouve d'ailleurs des scènes tournées dans un stationnement souterrain et à l' hôtel Watergate. L'aspect le plus prenant du film ne réside pas dans les ébats de conscience journalistique ou le dévoilement des détritus politiques mais bien plutôt dans l'interaction pimentée entre l'accro du Web Della et le malappris Cal.