12 décembre 2008 11h55 · Pierre Robitaille
À propos l'article Voir Milk
Au cours d'une saison de cinéma tapissée de récits de leaders disproportionnés ( dont Bush junior et Nixon), aucun ne vient, me semble-t-il, à la cheville de Harvey Milk, le premier politicien ouvertement gai élu au USA. Milk obtint le poste d'échevin pour la ville de San Francisco en 1978. La biographie attachante, attrayante, farcie de documents d'archives, réalisée par Gus Van Sant n'est pas renversante d'originalité, ni aussi flamboyante dans sa forme, que le leader politique assassiné moins de onze mois après son élection par le cosuperviseur Dan White -interprété par un Josh Brolin subtilement trouble. Et MILK, à l'instar de bien des portraits politiques filmés, comporte sa bonne dose d'enflure rhétorique creuse et plate.
Mais l'audace narrative manquant à ce film est largement compensée par le portrait électrisant et sympathique accordé à son héros radical. Harvey Milk n'était pas qu'une bête politique, capable de faire grimper aux barricades les queers de San Francisco. Il était un activiste convaincu et généreux, capable de forger de fécondes alliances avec les syndicats des travailleurs et un revendicateur passionné de la dignité des gens du troisième âge. Sa fougue et son excentricité sont brillamment évoquées par un Sean Penn dans une forme splendide, mettant au rencart, pour un temps, ses personnages blessés et torturés. Penn réussit le pari d'incarner un homosexuel débridé, bien dans sa peau, un tantinet maniéré, mais jamais outré à la Zaza Napoli. Les exploits romantiques de Milk sont présentés avec retenue. Son charisme explose surtout dans l'arène politique: ¨Mon nom est Harvey Milk et je veux vous recruter!¨
L'actualité politique américaine, le mois dernier, a amplifié la pertinence de MILK. Encore aujourd'hui, suggère avec éloquence ce film, le geste le plus radical qu'une personne gaie peut réaliser est son coming-out. Une action émancipatrice qui est le premier pas vers l'obtention du minimum requis pour tout être humain: la justice, l'égalité, l'équité.
Un des meilleurs films de la saison.
Des préjugés inutiles.
Trop de gens encore pensent que les homosexuels ne sont que des parasites. Pourtant une personne de mon entourage m’a affirmé que le plus performant à son travail est homosexuel.
Milk prouve aussi le contraire. Un film à voir absolument pour qu’enfin (nous sommes en 2009 pardie) nous changions d’attitude.
Je suis désolée de constaster qu’il y a encore un manque de tolérance et beaucoup d’étroitesse d’esprit dans trop d’endroit. Le malaise va t’il enfin se dissisper…
Pierrette Grégoire. Magog, Qc.