13 mai 2011 6h48 · Pierre Dubois
À propos l'article Voir De la nuit au lever du jour
Azam Ali, tout émue et émouvante, se retrouvait sur une scène montréalaise, sorte de baptême répété, sorte d’adoption définitive. Après l’Iran, l’Inde et les États-Unis (dont elle garde un atroce souvenir), le Québec devient la nouvelle patrie sonore et prometteuse de notre gracieuse chanteuse modorientale grâce à un certain festival de jazz qui depuis sa naissance (1980) a constamment semé l’exotisme.
Où ailleurs qu’au Gesù, ce lieu aux multiples espaces consacrés à la création, à l’expression, à la diffusion des arts vivants, à la spiritualité artistique, au dialogue et à l’échange, Azam Ali pouvait-elle délaisser définitivement son passé, sa nostalgique douleur devenue joyeuse beauté? Elle entoure sa voix parfumée de quatre musiciens accomplis et aussi transparents : Loga Ramin Torkian, son compagnon multi-instrumentiste (lafta, kamman et saz), deuxdits membres Tabassian de l’ensemble Constantinople au satar et à la percussion, et une violoncelliste divine, Sheila Hannigan, elle exprimait ses premiers songes par des berceuses moyen-orientales dédiées à son jeune fils Iman pour qui, en consciente mère affectueuse, elle ne désire que la conquête d’un rêve parfait, celui du bonheur quotidien sans fin en sol et amis majeurs. Toute cette fébrilité nocturne est devenue vive reconnaissance (entre autres à Musicaction) auprès d’un public privilégié d’écouter la chanteuse intense et la femme métamorphosée réunies en une seule personne bénie des dieux, peu avare de confessions intimes santour ni détour. Une heure céleste sur terre à la croisée teintée des univers pacifiés dans leurs couleurs. Donnons à notre nouveau lys resplendissant une heure de plus, et elle parlera français tout en le chantant. Les morts bien guéris dans leur peau, de la nuit au lever du jour, pourront alors danser avant que ne soit présenté le film The Face of Love. De Vas en Niyaz en Ali…