10 mai 2011 12h04 · Pierre Dubois
Plein à craquer, qui plus est un lundi soir! Chez l’Épicier « on se rue Saint-Paul » est un mot d’ordre sans quartier. Belle équipe sur le plancher ignorant le Vieux-Montréal et son déferlement touristique qui pourrait rapidement gâter la sauce. Or, tel n’est pas le cas, bien au contraire. Des potages (lait d’Asie au pain perdu aux crevettes), aux entrées (terrine de foie gras bien entouré d’amis, etc.), aux plats principaux (le magret -purée de chou en moins-, la pièce de cochon de lait braisée éclatée), aux desserts (mille-feuille épars de saveurs), Chez l’Épicier est bien au-dessus de ses tablettes où reposent toutes sortes de denrées affriolantes et érabilisantes comme cette eau de sève purifiée, presque fleurie, d’une grande qualité valorisant le terroir québécois.
Vous sortez éblouis par l’expérience lumineuse et par le dôme multicolore du Marché Bonsecours, berceau de Montréal. Inoubliable et à répéter dans les plus brefs délais tellement le remords de cette découverte tardive nous prend aux tripes. Explosion garantie, foie d’alchimiste Godbout! Notre grand chef cherche cette fusion identitaire d’atomes crochus et bouscule les composantes gagnantes dans une liberté de liaisons heureuses : qui aurait cru faire à partir du lichen un trou normand?
Seuls bémols : le temps d’attente indue entre l’entrée et le plat principal qu’un service impeccable dans sa simplicité et sa jovialité réussit à compenser largement et la carte des vins qui fait grimper drastiquement l’addition (mais qu’importe lorsque l’occasion ou le prétexte s’y prêtent…).
Quand une assiette se laisse manger toute seule, le Chez de l'Épicier prend alors toute sa signification, comme un nouveau chez-soi.