La blonde et le muet

17 avril 2011 10h23 · Pierre Dubois

À propos l'article Voir Parfois, dans la vie, les choses changent

 

Elle, blonde (Marie-Claude Chamberland, ara-qui-rit au plumage brillant et précieux), cause de tout; et lui, muet (Emile Carey, souris tarée et timide), de rien. Radieuse fusion de l’inutile dans le changement durable : opéra, ballet et choses de la vie extraites du bel et populaire ouvrage philosophique La vacuité du vide à la recherche du poids équilibré en vente dans aucune librairie, mais présenté à la Tohu.

  

En introduction finale, sous la robe de bal rose de Madame Papillon, se cache un intrus russe malotru que des airs d’opéra dans un aria embarrassé forceront à accompagner une comédie jouée par une seule voix qui se prend drôlement au sérieux. Ce sera alors la consécration du Tsar d’un soir. Et naîtront toutes sortes de difficultés propres à déstabiliser une routine pourtant établie depuis toujours dans le chant de l’ennui. Il faudra jongler avec des idées boulimiques pour gravir l’escalier des jours à l’aide d’un parapluie superflu.

  

Les âmes niaiseuses tenteront de trouver un sens dans la métamorphose des choses qui, parfois dans la vie, dérangent. Des clochettes leur serviront de balises menant nulle part selon un tracé imprécis. Les rires inimitables qui fusent de partout dans la salle, surtout ceux d’enfants jeunes et moins jeunes, illustrent à quel point le tandem CC opère sa magie clownée à travers l’absurde condition humaine qu’il faut chérire par pur plaisir, comme le souligne si magnifiquement la metteure en scène Christine Rossignol dans son mot décapant les vieilles habitudes ancrées. Soulignons aussi la contribution remarquable dans la direction du jeu clownesque de Michel Dallaire.

 

Si le cirque n’est pas l’art du renouvellement, il omet sa mission. Combien de fois la Tohu le répète-t-elle? À tous les spectacles, comme d’hirsutes spécimens de phénomènes heureux, comme Bande Artistique issue d’un métissage insolite de diverses formes d’arts scéniques.

  

En fin de conte, ne subsiste que le chaos sur scène, celui de nos vies éclatées en si peu de temps.

  

 

 

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