14 avril 2011 17h04 · Pierre Dubois
À propos l'article Voir Aventures de Lagardère (Les)
« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi », même en quasi bossu!
Frais comme un doux printemps. Et énergique qui plus est. Les cinq comédiens font montre d’une assurance hors du commun et d’un enthousiasme débordant même la scène dans une ubuesque ubiquité. Leur palpable bien-être à presser le citron de la sorte donne un humour parfois acide, parfois sulfureux, mais toujours placide. Car il s’agit bien d’une farce menée de main de maître par Frédéric Bélanger qui mérite mieux que la Roulotte, mieux que la petite Fred-Barry. Diantre! la grande Denise-Pelletier!
Enlevant. Haletant. Hilarant. Un pur moment de bonheur populaire et contagieux que Frédéric Bélanger parvient à nous faire passer presque en catastrophe. Un coup de vent, comme un coup de génie, où le spectateur, à contrecoeur, abandonne sur son siège l’enfant émerveillé qu’il a retrouvé lors de ces 75 minutes trop brèves à confronter héros altier et vilains corrompus au nom de l’amour.
Une tornade de rires s’abat sur la scène et dans la salle à une vitesse électrisante dont le bébé à l’Aurore de ses 18 ans subira les contrecoups.
Frédéric Bélanger doit toujours tirer le premier, même démasqué. Au spectateur de parer ses coups d’humour. Le public sort désarmé, touché et épuisé de ravissement s’étant laissé conter fleurette au fleuret.
Les Dupuis, Germain, Landry, Pascual et Rhéaume nous rappellent que le théâtre passe par le jeu et que tout autre artifice, aussi important soit-il, n’est que superflu. Nommer ces comédiens, c’est les applaudir bruyamment; c’est aussi nourrir le ferme désir de les revoir le plus tôt possible.
Advienne que pourra à rouler leur bosse sur les plus fous tréteaux.