7 avril 2011 6h25 · Pierre Dubois
À propos l'article Voir Shirley Valentine
En écoutant A Day in the Life des Beatles: “I’d love to turn you on…”. Du rêve platonique au tonique réveil. Valentine se retrouve en Grèce, pays de l’aube occidentale, du « Connais-toi toi-même ». Cette vive vérité en constante liberté permettra à Valentine de reprendre conscience d’une elle-même sacrifiée à travers la fissure du mur mûr auquel elle se confie. Si le public est un mur, sera-t-il sympathique à la cause de Valentine qui ose le franchir? Découvrir son point faible dans son point fort et sans faille suppose une rupture essentielle à la résurrection de soi. Lézarder au soleil avant que ne se lézarde sournoisement sa zone vitale dans l’inconscience confortable : voilà la douce décision légitime que précipitera Shirley Valentine. Il lui faudra s’activer, se déplacer par rapport à l’autre et décrocher le temps d’une pause mythique, d’une contrainte tectonique. Entre les aspirations d’une femme libre et les exaspérations d’une femme engoncée dans son quotidien louable mais combien monotone…
Pierrette Robitaille livre une prestation remarquable en réglant ses comptes avec Shirley comme avec toutes les femmes soumises à des rôles qui ne leur conviennent plus à l’aube de la cinquantaine. Puisse cette sensibilisation amener la femme à sortir sa folle du logis.