SERGE EGRES

5 février 2009 15h07 · Pierre Dubois

À propos l'article Voir Ma femme, c'est moi

 

Serge-Lothar dit l’ouragan Postigo-Berfelde n’incarne pas que la tumultueuse Charlotte de Mahlsdorf (a-t-il déjà emprunté une berline dans Berlin au son d’Antony and the Johnsons), il s’infiltre même dans l’esprit miniature d’un auteur (le Texan Doug Wright) inconditionnellement subjugué par son fétiche personnage assassin qui s’est servi d’un collier soit pour pendre son 3e sexe ou pour surprendre ses proies dans une mâle obstination féminine.

 

Double défi relevé avec intelligence et sensibilité. Quand le métronome s’enclenche, soyez assurés d’un tempo vertigineux que même Hitchcock ne pourrait contrer tellement étourdissante cette maîtrise de la technique vocale, changeant d’un ton à l’autre, d’une langue à l’autre. Il est alors permis de s’amuser ouvertement dans le musée des phantasmes protégés de Charlotte, elle-même fol objet quotidien de désirs tus, ou de fascinations embarrassantes, ou d’audaces effrontées dans un contexte historique plutôt agité.

 

Qu’importe, elle nous guide  par son amplitude, par le balancement constant d’un poids si léger que de pulsations en élongations, force est de reconnaître que des marginaux parvenaient curieusement à s’affirmer malgré leurs grincements de dents et les horreurs répétées dont ils étaient entourés. Quelle abnégation remarquable! Elle aura du moins compris qu’il ne lui en coûtait peu de gâter sa douce moitié.

 

Nous sortons du Théâtre du Rideau Vert aphones, ayant atteint les limites de la perfection. Allegro. Vivace. Postigossimo.

 

 

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