13 décembre 2008 11h31 · Pierre Dubois
À propos l'article Voir Assoiffés
Que nous en saigne le refus des ados? Qu’il ne faut pas se les mettre à dos. Ouvrir, s’ouvrir. Que leur langue, lame acérée, hurle la peine répétée de les écouter, tatoués-noyés-noués en des paroles croisées telles des pieuvres nées dans la saline chambre de Norvège (une évanescente Sharon Ibgui), témoin fragile du passage routinier du 121 dans lequel Murdoch (un Benoît Landry, véritable moulin à paroles et à sons), intarissable, vocifère partout et à chacun la vacuité d’évidences mécaniques à la manière d’une Annie Matrice J S R.
Sur la glace vive d’un crachat implacable, Boon (un Martin Laroche ébranlé comme déréglé) brosse un noir miroir d’espoir de poix bouillante dans la laide heure longtemps écoulée qui cède le printemps d’un cours, cours d’eau, d’eau fraîche, cher amour, à mourir, rire des sanglots des pluviaux poissons, sons de tintamarre a marre dans l’ « en jeu » anthropologique.
Blanc, visible, friable, soluble : le sel de la vie répandu comme des mots avalés sur des feuilles de chant de la Chandeleur aux chandelles festives.
Écrire pour les ados (merci Wajdi), mettre en scène, concevoir, s’activer et jouer pour eux : un DON, rien d’autre. Le Clou ne s’enfoncera jamais assez dans leur riche univers excessif, lui si bien rivé à leurs souliers de traverse. Et qui côtoie les ados sait sa chance, comme Marie-Thérèse Fortin ouvrant son beau foyer au métaphorique mentor Vermeulen et à ses chimères pour que les flammes embrasent sa maison et embrassent les générations d’Aujourd’hui pour des siècles et des siècles amènes. Décidément, vingt ans plus tard, Le Clou s’engage à ne rouiller jamais.