27 juin 2009 10h22 · Philippe Leblanc
À propos l'article Voir Let the Dominoes Fall
Nom conceptuel ou non, il s'agit réellement d'une baisse en ce qui concerne la constance dans les albums de Rancid depuis Indestructible en 2003. Telle est ce qui nous vient en tête à la première écoute de Let the Dominoes Fall. Or, il faut toutefois nuancer puisqu'il ne s'agit pas d'une chute mélodramatique, mais bien d'un album album normal, par une groupe qui nous a habitué par le passé à des disques franchement étonnants : LIfe Won't Wait [1998], And Out Come the Wolves [1995], Rancid [2000].
Comme son prédécesseur, le nouvel opus de Rancid mise sur un ensemble de pièces bien disparates. Ce qui détonne le plus avec Indestructible, c'est le fait que Lars Frederiksen semble avoir cédé sa place derrière le micro à Matt Freeman, bassiste du groupe. Il ne s'agit pas là d'une faille, Freeman a une voix particulière qui est très basse et rauque, qui s'agence à bien des pièces comme durant le "bridge" de Disconnected. S'il est déçevant de ne pas entendre aussi souvent Frederiksen c'est principalement dû au fait que la plupart des amateurs se sont fiés au son de Rancid [2000], qui semblait coller au style de Frederiksen, qu'il allait par la suite continuer avec son groupe connexe Lars Frederiksen and the Bastards. Dans l'ensemble les pièces, sont grandement diversifiées et les tentatives de Tim Armstrong semblent d'avoir tenté un retour à And Out Come the Wolves. Il s'agit bien d'une tentative, même le graphisme du disque semble être la copie négative du mythique album de 1995, puisque le disque possède plusieurs pièces qui sont des balades qui tombent à plat : Civilian Ways, The Highway. Cette dernière est particulièrement clichée ce qui étonne de la part de Armstrong.
Il n'y a réellement pas que du mauvais ou du réchauffé sur Let the Dominoes Fall, plusieurs pièces sont franchement rafraîchissantes et sont à considérer comme étant de futurs classiques. Comme sur la plupart des précédents efforts du groupe, le nouvel opus repose sur un agencement punk, ska et d'influences reggae ou faut-il simplement les légitimiser comme étant les réels successeurs des Clash. Ceci étant dit, quelques pièces auraient bien pu se retrouver sur Life Won't Wait, tel That's the Way it is Now, un des meilleurs morceaux sur le disque, ou Up to No Good. Il y a d'excellentes pièces à saveur punk tel que This Place, Lulu, Damnation, You Want, You Got It. Évidemment, il y a des pièces plus punk rock, qui sont franchement accrocheuses tel Last One to Die, Disconnected et East Bay Night.
Ainsi, là où a échoué Let the Dominoes Fall, avec ses balades monochromes, il s'agissait de la force de son prédécesseur Indestructible en 2003. Comme avec tout album de Rancid, il y a un lot de pièces qui devraient plaire aux amateurs quant à leur diversitée.