Meurtres et Sexe

6 avril 2013 7h43 · Paul Proulx

Desjardins, Hélène. Rira bien qui rira le dernier. Éd. Coups de tête, 2013, 213 p.

Une romancière est incarcérée pour avoir tué les trois amants qui ont partagé sa vie. C’est du moins ce que l’auteure laisse entendre. On ne peut écrire grand-chose sur le déroulement de l’action sans dévoiler la résolution de l’énigme soulevée par la trame. Une trame qui permet de croire que viendra une suite à ce roman.

Carole Landry écrit des polars sous le pseudonyme de Viviane Larose. Elle est parvenue à s’imposer dans ce genre littéraire à force d’obstination. De la fiction, elle est devenue la propre héroïne de son roman. Elle raconte aux codétenues comment elle s’y est prise pour se débarrasser des amants qui se sont servis d’elle pour satisfaire des besoins étrangers à l’amour. Jean se cherchait une femme pour tourner des films pornos; Robert était un homosexuel qui désirait devenir père, et Denis était un homme marié satisfait qui voulait tout simplement folâtrer dans ses moments libres. Comme aucun d’eux n’assumait les exigences de l’amour, Carole les tua en imaginant un stratagème qui la laissait au-dessus de tout soupçon. Le crime parfait pour ses deux premiers meurtres. Mais avec Denis, ce fut une autre histoire.

Contrairement aux polars classiques, on ne cherche pas la coupable. En fait, on semble lire la confession d’une meurtrière, qui livre les motifs sous-tendant la mort de ses soi-disant amoureux. C’est du moins ce que le lecteur croira.

Hélène Desjardins a brossé un portrait vivant de sa meurtrière, une femme qui découvre ses aptitudes pour la sexualité. Le tableau sent la pornographie. Et les traits qui dépeignent les plaisirs de la chair sont teintés de vulgarité. Les « grosses queues » remplissent tous les orifices. L’auteure a délaissé les éléments suggestifs. Les voyeurs seront comblés. On sent tout de même que l’héroïne est une femme qui ne se résume pas à ses activités sexuelles. Mais au-delà de cet aspect, c’est plutôt ténu.

Ce roman de vacances est en somme une parodie des polars auxquels Hélène Desjardins a ajouté un volet grivois, visant du même coup, la littérature croustillante. Vaut mieux en rire que d’en pleurer. Lecteurs sévères, s’abstenir. Il ne faut pas trop en demander des œuvres publiées par les Éditions Coups de tête.

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