Psychanalyse et Mythologie

29 octobre 2012 5h41 · Paul Proulx

Thériault, Denis, La Fille qui n’existait pas. Éd. XYZ, 2012, 215 p.

Ce roman freudien analyse les symptômes de la dissociation. Pour panser ses blessures issues du suicide de son père et de la mort criminelle de sa sœur, Ozzy se fragmente en plusieurs personnages afin de maintenir son équilibre. Il se voit en homme fort à travers Frigon le tatoué, en meneur d’hommes à travers Aude, une sœur qui le protège. Ces êtres sont les fruits d’une imagination qui sert de soupape afin d’alléger le lourd fardeau qu’il traîne.

La trame regroupe les nombreux personnages dans une usine désaffectée que l’on s’apprête à démolir. C’est dans ce milieu que, par créatures interposées, s’affrontent les désirs et les contradictions d’un héros en quête de salut. Salut qu’il espère obtenir d’une thérapeute qu’il introduit malheureusement dans sa dynamique de dissociation. La profondeur des malaises d’Ozzy est d’autant plus abyssale que le héros vit sous l’emprise du dieu Râ qu’il sert à travers des créatures obligées du soleil divin.

La psychanalyse et la mythologie égyptienne se sont donné la main pour décortiquer l’âme d’un mythomane. L’antiquité semble avoir tout dit à ce sujet. Denis Thériault a puisé dans cette source inaltérable pour s’attaquer aux mystères humains. Il a ainsi fourni des bases solides à son roman. Il reste la forme. C’est plutôt nébuleux. L’écriture est trop peu aérée pour que l’on suive avec intérêt ce propos sur les couloirs de la folie.

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