18 novembre 2011 6h20 · Paul Proulx
À propos l'article Voir Je voudrais qu'on m'efface
Hochelaga est devenu un quartier de Montréal que de nombreux réalisateurs et auteurs scrutent dans leurs œuvres. Pierre Samson y a consacré 500 pages dans Arabesques l’an dernier. Anaïs Barbeau-Lavalette lui emboîte le pas. Elle se penche sur le sort des enfants confrontés à des problèmes qui dépassent largement leur capacité de les régler. En fait, ils n’ont pas d’enfance. Laissés à eux-mêmes, ils ne peuvent se développer harmonieusement. L’auteure s’attache au sort de quelques-uns, lesquels, malgré leur jeune âge, ont un vécu plus étendu que les adultes. Victimes de parents carentiels, ils vieillissent dans un ul-de-sac.
Pour recréer le cadre dans lequel ils vivent, l’auteure recourt au langage qui les caractérise, un langage appauvri par leurs conditions sociales. Certains s’en offusqueront, mais comment peut-on reprocher à des pauvres marqués par des troubles d’apprentissage de s’exprimer avec les mots qui traduisent leur vérité ? Madame Barbeau tient un propos dur, qui, sous sa plume, prend les allures libératrices du rap des noirs acculés eux aussi à la même impasse.
Le quartier Hochelaga se dresse devant le port de Montréal.